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Mise à jour 10:26
Le vide dans le coeur des travailleurs migrants

Un petit air de flûte est joué à la tombée de la nuit. Près d'un site de construction dans le centre-ville de Shanghai, les habitants sont habitués à la vue d'un vieil ouvrier assis sur le bord de la route jouant de la flûte.

« C'est mon seul moyen de tuer le temps. Depuis que je suis arrivé ici, je mène une vie solitaire et sans but, » a déclaré Jiang Chunlai, âgé de 53 ans, originaire du district de Shouxian, dans la province du Sichuan, qui a quitté son foyer pour travailler en tant que maçon il y a maintenant cinq ans. La plupart de mes camarades de travail sont dans leur vingtaine ou trentaine, et sont toujours célibataires. Pendant les heures de loisirs, leur activité favorite est de jouer aux cartes ou au Mah Jong. Ils vont voir des prostituées occasionnellement.

Nombreux sont les jeunes ouvriers migrants en bonne santé qui voient peu d'alternatives à la fréquentation des prostituées. « Nous ne connaissons pas beaucoup de monde et n'avons pas d'emplois stables, ainsi nous avons rarement l'occasion de former une relation amoureuse, » s'est plaint Fang Hui, un ouvrier paysan de la province du Hubei.

Selon les résultats d'un questionnaire distribué au cours d'entretiens menés au hasard avec 200 ouvriers migrants à Shanghai, seulement 5% des ouvriers masculins et 0% des ouvrières avaient des relations sexuelles régulières au cours de la semaine. Environ 19% des hommes ouvriers et 18% des femmes ouvrières ont déclaré ne pas se souvenir de la dernière fois qu'ils avaient eu des relations sexuelles avec un partenaire.

Sans un partenaire régulier avec qui avoir des relations physiques, les ouvriers solitaires recherchent d'autres alternatives. 25% des ouvriers masculins choisissent de regarder des vidéos pornographiques, 21% vont voir des prostituées, 18% passent la nuit seule, et 18% boivent. Parmi les ouvrières, 19% choisissent de « travailler comme des folles » et 5% pratiquent l'abstinence.

La plupart des travailleurs migrants ne sont pas bien éduqués et ont des difficultés à trouver de meilleures alternatives dans une ville qui leur est inconnue. Le même questionnaire montre que 30% des femmes et 22% des hommes interviewés pensent que la vie urbaine est ennuyeuse comme la pluie.

« La discrimination est la chose la plus insupportable pour nous, » a dit Zhang Qiang, originaire du district Anyue du Sichuan. « Depuis l'enfance, nous avons été élevés avec des valeurs morales traditionnelles fermement établies dans la campagne depuis des milliers d'années. Mais l'hostilité que nous expérimentons entre la ville et la campagne a brisé nombre de nos rêves. »

Lin Zijiang est un instituteur de village dans le district de Renshou, dans le Sichuan. « Beaucoup de mes élèves ont quitté la maison pour travailler dans les villes. Quand ils sont rentrés pendant la fête du printemps, j'ai trouvé qu'ils avaient développés de nombreuses mauvaises habitudes, ceci afin qu'ils ne soient pas mal vus par les citadins. Leurs valeurs morales ont aussi beaucoup changé, ce qui influencera inévitablement la prochaine génération, » a-t-il dit.

En effet, les désillusions et les discriminations sont des coups durs à la fierté des paysans transformés en ouvrier, et peut quelquefois amener à des conduites dangereuses. Lin Peiliang du district de Fuyang, dans la province du Anhui, subit maintenant une condamnation dans un centre de correction pour délinquants juvéniles à Shanghai. Subissant les brimades et les coups de deux collègues de travail adultes dans une usine de machinerie, le garçon de quinze ans a tué ces deux derniers dans un moment de désespoir.

La fédération de Shanghai des unions commerciales signale que les ouvriers migrants constituent jusqu'à 50% des 7,7 millions ouvriers industriels.

Trouver un moyen de remplir le vide des coeurs des ouvriers migrants et ajouter de la variété à leurs activités récréationnelles sont devenus des tâches urgentes.

La compagnie de construction numéro 2 de Chengdu au Sichuan a le nombre le plus élevé d'ouvriers migrants dans la capitale provinciale. En 1997, elle a commencé à instaurer des écoles du soir dans différents sites de construction. Au cours des sept dernières années, un total de 30 000 ouvriers migrants ont reçu une formation continue dans ces écoles.

Yi Guang du district Zizhong dans le Sichuan a profité au maximum des opportunités offertes par les écoles du soir. Il a reçu une augmentation et une promotion et a acheté un appartement de 60 mètres carrés à Chengdu. « Je me suis transformé en un vrai citadin, » a-t-il dit.

Depuis juin 2003, la commune de Changzheng dans le district Putuo de Shanghai a octroyé 100 000 yuans (12 100 USD) pour organiser des visites, des réunions et des conférences pour plus de 1 000 ouvriers migrants. Le gouvernement local a pour objectif de faire de Shanghai une ville de résidence accueillante pour ouvriers migrants.



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