Durant l'époque moderne, la Chine a en tout payé aux pays impérialistes étrangers, en "indemnisation de leurs dommages" subis dans les guerres menées contre elle, 1,6 milliard d'onces d'argent. Il est à noter que parmi les pays agresseurs, le Japon est le pays qui a extorqué le plus d'argent à la Chine.
Les premières "indemnités de guerre", équivalant à 650 000 yuans en pièces d'argent, ont été versées au Japon à la suite des affrontements militaires sino-japonais de 1874 dans les eaux des Iles Ryu-Kyu.
Vient ensuite l'"indemnisation" des dommages de la Guerre maritime sino-japonaise de 1894. Ces indemnités s'élèvent à environ 610,4 millions de yuans en pièces d'argent, composée entre autres de 2,6513 millions de yuans à titre de dépenses militaires par l'ensemble des forces japonaises, de 1,97 million de yuans à titre des frais pour l'entretien des troupes japonaises en garnison à Weihaiwei (port chinois), de 305,54 millions de yuans en perte d'intérêts dans les emprunts extérieurs destinés à dédommager le Japon et de 39,74 millions de yuans destinés au rachat des terres hypothéquées pour le même but.
Enfin, il y a eu l'"indemnisation" des dommages, équivalant à 91,54 millions de yuans en pièces d'argent, essuyés par les établissements japonais en Chine durant la Guerre des Boxers en 1900.
En somme, pendant l'époque moderne, la Chine a dû payer au Japon, en "indemnités de guerre", quelque 702,59 millions de yuans en pièces d'argent.
Au cours de la Guerre de résistance contre l'agression japonaise (1931?1945), le nombre de morts et blessés chinois, tant militaires que civils, a été de plus de 35 millions. Calculé au prix constant de l'époque, le montant des pertes économiques directes subies par la Chine a dépassé 100 milliards américains, celui des pertes indirectes 500 milliards de dollars américains.
Au lendemain de la capitulation officielle du Japon le 2 septembre 1945, sous la pression des Etats-Unis, le gouvernement japonais et celui du Guomindang ont mené des négociations à l'issue desquelles les deux parties ont signé un "Traité de paix entre la Chine et le Japon". Cependant, il est indiqué dans celui-ci que le gouvernement de la "République de Chine" renonce à tout dommage de guerre. Si le gouvernement du Guomindang a pris une telle décision, c'est qu'il pensait, sachant que telle était l'attitude des autres grands pays à l'égard du Japon, qu'il devait s'inspirer de l'exemple de ces derniers plutôt que de faire des calculs mesquins comme le faisaient certains petits pays. Les pertes chinoises ne se limitent évidemment pas aux chiffres cités, car les 14 ans de guerre dus à l'invasion japonaise (à compter de l'Incident du 18 septembre 1931 provoqué à Shenyang par les forces japonaises) ont retardé de plusieurs dizaines d'années le développement socio-économique chinois ! Les pertes que la Chine a subies pendant cette guerre sont donc immenses.
Le Quotidien du Peuple 07/09/2005