La police chinoise a mis 35 personnes en détention criminelle et est en train d'en rechercher 20 autres en fuites, toutes impliquées dans le cas des travailleurs esclaves de la province du Shanxi, en Chine septentrionale, a annoncé un haut officiel vendredi à Taiyuan, capitale de la province du Shanxi.
Sun Baoshu, vice-ministre chinois du Travail et de la Sécurité sociale, a indiqué que des dossiers avaient été ouverts sur 15 cas criminels pour investigation. "Nous lutteront fermement contre les crimes dans le scandale des travailleurs esclaves", a-t-il ajouté.
24 autres personnes ont été mises en détention administrative et 38 personnes ont reçu des peines, selon l'officiel.
Le gouvernement central a envoyé une équipe d'inspecteurs pour enquêter sur le scandale.
L'existence des travailleurs esclaves a été révélée suite à la parution ce mois-ci sur Internet d'une pétition d'"appel au secours" publiée par plus de 400 parents au Henan qui pensaient que leurs enfants disparus avaient été vendus comme esclaves dans des briqueteries.
M. Sun s'est engagé à n'épargner aucun effort pour sauver et aider les victimes du scandale du travail forcé.
"Les salaires dûs seront payés et les blessés envoyés à l'hôpital. Le gouvernement local les aidera à entrer en contact avec leur famille ou avec les autorités de leur ville natale", selon M. Sun.
L'officiel a dit que le scandale reflétait l'indifférence et le manquement au devoir de certains gouvernements et officiels à la base.
La Chine lancera une enquête à l'échelle nationale sur les travailleurs employés dans des petites briqueteries et mines de charbon suite à la révélation de ce scandale.
Les coupables qui emploient des enfants illégalement, forçent des gens à travailler ou brutalisent les travailleurs seront sévèrement punis, selon ce qui a été décidé lors d'une conférence du Conseil des Affaires d'Etat présidée par le Premier ministre Wen Jiaobao mercredi.
Un total de 3 347 briqueteries ont été examinées dans le Shanxi à la suite du scandale, parmi lesquelles 2 036 opéraient sans permis ou licences. Les autorités ont fermé 315 d'entre elles définitivement.
Des enquêtes préliminaires ont aussi découvert la complicité de certains fonctionnaires du gouvernement ou d'application de la loi dans les opérations de ces briqueteries illégales, ayant abusé de leur pouvoir pour faire des gains personnels, a indiqué M. Sun.
Deux officiels du contrôle du travail de la ville de Yongji dans le Shanxi ont été mis en détention par la police locale, en rapport avec le scandale de l'eslavage dans les briqueteries.
Hou Junyuan, chef de l'équipe d'inspection du travail du bureau de la sécurité sociale et du travail de la ville de Yongji, a été accusé de manquement à ses devoirs et a été mis en détention jeudi après-midi. Un autre officiel de l'équipe, Shang Guangze, a été arrêté, accusé d'abus de pouvoir.
Les deux avaient transféré un travailleur, en dessous de la limite d'âge autorisée, venant de la province centrale du Henan et devant être renvoyé chez lui, vers une autre briqueterie pour un nouvel emploi. Shang a été démis de ses fonctions.
Source: xinhua