Le Musée du Palais impérial qui s'étend sur une grande superficie et rassemble plus de 9.000 constructions vastes et somptueuses est la très connue ancienne résidence des empereurs de plusieurs dynasties chinoises, mais en réalité il ne disposait autrefois d'aucun lieu d'aisance. Ce détail nous permet de connaître la position de ce dernier dans la culture chinoise.
Le 10 octobre dernier à vingt heures, la répétition générale de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques spéciaux ont eu lieu dans le Stade sportif Luwan de Shanghai et on pourrait imaginer quel désordre pourrait se produire dans le cas d'insuffisance de toilettes dans ce genre de rassemblement.
Dans les palais impériaux de la Chine antique l'empereur et les membres de la famille impériale se servaient des « Matong » (une sorte de seau hygiénique) pour satisfaire leurs besoins naturels, alors que les excréments étaient débarrassés du Palais par eunuques.
En Chine, faire ses besoins était toujours appelé « Fangbian », ce qui veut dire aller aux commodités pour satisfaire les besoins. Mais en réalité, depuis des siècles et jusqu'à aujourd'hui en Chine, aller faire ses besoins dans les lieux d'aisances, surtout dans les toilettes des lieux publics, ne peut aucunement être considéré comme une chose « commode » et « facile », car les lieux d'aisance sont insuffisants, rudimentaires, négligés, sales et indécents.
Pour apporter une solution au problème « Fangbian » des visiteurs et des touristes qui afflueront dans la ville de Beijing lors des 29èmes Jeux Olympiques 2009 qui se tiendront dans la capitale chinoise, les autorités municipales concernées ont investi 400 millions de yuans RMB pour rénover les toilettes publiques de la ville et pour en construire de nouvelles.
Ma Kangding, ingénieur au Comité de gestion des travaux publics urbains de la Municipalité de Beijing, est appelé spécialiste en matière de rénovation des toilettes publiques. Sa tâche principale du moment c'est de transformer les anciens lieux d'aisance à fosses et à rigoles d'écoulement d'eau en cabinets d'aisances à urinoirs et à sièges de toilette à l'anglaise ou à la turque. Plus de 3.505 toilettes de la ville ont été ainsi rénovées entre 2005 et 2007. Entre-temps, plus d'un millier de nouvelles toilettes publiques ont été construites à travers toute la municipalité. Toutefois, les officiels des départements de travaux publics s'inquiètent toujours de l'insuffisance de lieux d'aisance publics au moment voulu, c'est pourquoi le gouvernement municipal demande aux hôtels, aux magasins, aux supermarchés et aux centres commerciaux de la ville de permettre au public d'utiliser leurs cabinets de toilette.
A partir de 2001, les autorités municipales concernées de la ville de Beijing affectent chaque année plusieurs dizaines de millions de yuans pour la rénovation et la construction de toilettes publiques. En 2005, la somme investie pour cela a dépassé cent millions de yuans, alors qu'en l'an 2006, celle-ci a doublé par rapport à l'année précédente. Fin 2006, on compte dans toute la ville différents et divers lieux d'aisance publics dont le nombre total s'élève à 5.049.
D'après le rythme de croissance actuel, les toilettes publiques de la ville de Beijing seront-elles suffisantes pour satisfaire la demande des visiteurs, des spectateurs et des touristes chinois et étrangers qui viendront à Beijing pour assister aux Jeux Olympiques 2008 ? « Dans certains endroits faire la queue pour satisfaire les besoins est inévitable. », déclare Ma Kangding, car ajoute-il c'est un problème légué par le passé. D'après un programme auquel il a participé à l'élaboration, il faudrait attendre au moins jusqu'à l'an 2020 pour que les difficultés pour « Fangbian » soient réglées et résolues définitivement.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne