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Mise à jour 23.05.2008 16h42
Les personnes âgées essaient de continuer à vivre malgré leur traumatisme

Dans un coin du stade de la ville de Jiuzhou, l'un des plus grands camps montés pour les personnes laissées sans-abris par le séisme, Liu Yaorong, 62 ans, était appuyé contre une fenêtre hier 22 mai 2008.

Montrant du doigt la couverture et les vêtements qu'il a reçu du gouvernement local, il a déclaré : "C'est tout ce que je possède. Ma maison s'est effondrée pendant le séisme et la ville a été inondée".

Il vivait autrefois dans la ville de Xuanping, dans le comté de Beichuan, qui a été dévasté par le tremblement de terre. A sa souffrance s'ajoute le fait que les rivières bloquées par des glissements de terrains ont inondé sa ville.

Mais Liu Yaorong a été chanceux car il est en bonne santé, sinon il n'aurait pas eu la force de marcher 10 heures sur les chemins escarpés et dangereux pour échapper aux inondations lundi 19 mai. Il a dit que son voyage lui prenait environ 90 minutes lorsque les routes étaient ouvertes.

Portant une veste Mao hier 22 mai, il a dit qu'il avait jeté les vêtements sales qu'il portait lors de son périple.

Le périple était difficile les "pierres continuaient de tomber", a-t-il dit, montrant ses jambes blessées et ses ongles de pieds noirs et abîmés.

Liu a dit que trois de ses enfants travaillaient des les villes de l'est du pays en tant que travailleurs migrants.
"Je vis tout seul depuis plus de 20 ans. Ma femme est morte il y a trente ans", a-t-il expliqué d'une faible voix.

Durant son périple vers Mianyang, Liu Yaorong a dit qu'il avait vu de nombreuses personnes âgées qui avaient choisi de rester.

"Les soldats essayaient de les persuader de partir par crainte des inondations", a-t-il précisé.

Parlant de sa maison avant qu'elle ne soit frappé, l'humeur de Liu Yaorong a changé : "J'élevais des cochons et des poulets, et faisais pousser des légumes. Je pouvais avoir du riz, de la viande et légumes tous les jours".

"Mais maintenant, j'ai que des biscuits et des pâtes instantanées".

Liu Yaorong a dit que l'un de ses fils est parti de Wenzhou, province du Zhejiang, pour rentrer à la maison après le séisme, mais ce dernier est finalement reparti car il avait refusé de suivre son fils.

"Je ne veux pas partir d'ici. Et je sais que c'est difficile pour eux là-bas. Comment pourrais-je alourdir leur fardeau de ma présence ?" a-t-il demandé les yeux rougies.

"Je souhaite toujours rentrer chez moi. Avec un petit bout de terre, je pourrai vivre par moi-même."

On a appris que des projets de réimplantation pour les personnes déplacées n'étaient pas terminées.

Cependant, toutes les personnes âgées ne sont pas aussi fortes que Liu Yaorong.

Dans un autre coin du stade, un vieil homme de 82 ans marchait lentement. Malentendant, il parle rarement aux autres personnes, et sur la carte de renseignement accrochée autour de son cou, on peut lire : "Cao Gongxiao de Qushan, Beichuan".

Avec l'aide d'un local, Cao Gongxiao a raconté aux journalistes qu'un jour après le séisme, il avait essayé de quitté sa maison effondrée et avait marché une heure pour se rendre à Renjiaping où il a été pris en charge par les équipes de sauveteurs.

"Il ne restait plus rien. Et aucun de mes deux enfants ne viendrait me voir", a-t-il dit en retenant ses larmes.

Cao Gongxiao a dit que sa femme est morte il y a plusieurs années et ses fils travaillaient dans les villes en tant que travailleurs migrants. Je n'ai personne vers qui me tourner excepté le gouvernement, a-t-il dit. Lorsqu'un des journalistes lui a donné 200 yuans (18,2 euros), Cao n'a pas pu s'empêcher de retenir ses larmes. Merci, merci, vous êtes une bonne personne", a-t-il répété plusieurs fois.

La province du Sichuan, avec une population rurale d'environ 53 millions d'habitants, est une source majeure de travailleurs migrants. De nombreux jeunes travaillent dans les régions côtières, laissant derrière eux les personnes âgées. Après le séisme, de nombreux d'entre eux sont rentrés en vitesse mais leurs parents avaient disparus.

Wang Xiaogang, un responsable de Mianyang, a dit qu'il était difficile d'évaluer le nombre de tels parents isolés, "mais il est certain qu'il doit être important".

Sur les murs et les poteaux du stade sont accrochés des douzaines de posters cherchant des parents manquants. Chen Ju, 33 ans, qui vient de Tangshan, province du Hebei, a dit qu'il venait juste de retrouver ses parents.

"J'ai la chance des les avoir trouvés. Seuls ma fille souffre d'une fracture", a-t-il dit.

"Mais quelle est la prochaine étape? Ma maison familiale est détruite. Comment pourrais-je tous les prendre pour les amener à Tangshan ?".

Des psychologues ont prévenu que les personnes âgées avaient besoin d'autant de réconfort que les enfants.

Lu Jianguo, un psychologue de l'université médicale de Chengdu, a dit qu'il avait découvert plusieurs personnes âgées traumatisées dans le Stade.

"Certains ont perdu les membres de leur famille et d'autres leur maison. Contrairement aux jeunes personnes, les personnes âgées sombrent souvent dans le désespoir car ils pensent qu'ils sont trop vieux pour démarrer une nouvelle vie."

"Nous les laisserons d'abord pleurer et raconter leur histoire, puis ensuite ils reprendront confiance".

Source: le Quotidien du Peuple en ligne



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