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Lorsque j'avais foulé pour la première fois le sol chinois il y a déjà trente ans, c'était pour assister sur invitation à la noce d'un de mes amis chinois. Je me rappelle que la cérémonie de mariage avait eu lieu dans un endroit aménagé simplement et modestement, et seule, la nouvelle-mariée portait un nouvel habit rouge, tandis que mon ami chinois et les invités étaient habillés de la même façon et on ne voyait qu'une seule couleur -- le bleu. Les cadeaux qu'on offrait alors aux nouveaux mariés étaient surtout des tickets de rationnement de viande et de céréales. Mon ami m'a dit qu'à cette époque-là, ce que désiraient le plus les jeunes mariés c'étaient les « quatre grandes choses », à savoir bicyclette, machine à coudre, poste de radio et montre-bracelet. Trente années se sont écoulées et ces « quatre grandes choses » ont déjà depuis longtemps connu une montée en génération et un renouvellement. J'ai assisté il y a peu de temps au mariage d'un enfant du couple qui s'était marié il y a trois décennies et j'ai été complètement stupéfait en voyant la grande salle de mariage aménagée et transformé en un palais de conte de fée. Parmi les cadeaux offerts aux nouveaux-mariés, on remarque un Audi flambant neuf qui est le présent de leurs parents.
L'année 2008 est le trentième anniversaire de l'application en 1978 de la politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur. On peut affirmer en toute certitude que la réforme et l'ouverture de la Chine est en fait une grande pratique sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Le plus grand point qui les diffère de la réforme entreprise en Union soviétique c'est qu'en Chine, on a procédé à la réforme et à l'ouverture en tenant compte de la réalité du pays, on a avancé à tâtons en maintenant le cap et qu'on a pu ainsi s'engager dans la voie du socialisme à la chinoise. La réforme en Chine a toujours accordé la première la place aux intérêts du peuple. Aucun pays du monde n'a acquis de l'expérience dans la transition du système de l'économie planifiée en système de l'économie du marché, mais la Chine a réussi à le faire.
A chaque fois que je me souviens de mon premier voyage à Beijing il y a tente années, je ne peux empêcher l'Aéroport Capitale de revenir à ma mémoire, car il est la première chose que je rencontre à mon arrivée en Chine. A cette époque-là, le terminal de l'Aéroport occupait une surface de moins de 80.000 mètres carrés et chaque jour on comptait seulement trente vols internationaux et il n'y avait pas de vols de nuit étant donné que l'aéroport ne disposait pas d'équipements permettant ce genre de vols. Aujourd'hui à Beijing, le terminal 3 de l'Aéroport Capital, la plus grande construction aéroportuaire du monde en un seul bloc, vient d'être mis en service officiellement cette année. Le terminal 3 de l'Aéroport de Beijing occupe actuellement une surface qui est le double de celle de l'aérogare de voyageurs n° 5 de l'Aéroport d'Heathrow de Londres, premier aéroport mondial pour le trafic international, avec plus de 60 millions de passagers internationaux par an et qui est considéré comme une des plates-formes de correspondance les plus importantes de l'aviation mondiale et comme l'axe central de transports entre l'Europe et l'Amérique. Le coût total du terminal 3 de l'Aéroport Capitale de Beijing représente seulement la moitié du coût de celle-ci. Mais ce qui est encore plus étonnant c'est qu'il a fallu 20 ans pour construire l'aérogare de voyageurs n° 5 de l'Aéroport d'Heathrow de Londres, tandis que la réalisation du terminal 3 de l'Aéroport international de Beijing a nécessité moins de 4 années !
En dehors des constructions aéroportuaires qui traduisent la « vitesse chinoise », les gares ferroviaires pékinoises ont connu également un changement complet et total. La Gare Ouest de Beijing marque les succès obtenus par la Chine dans les dix ans qui ont suivi la réforme et l'ouverture et elle est reconnue par Guinness World Records comme la plus grande gare ferroviaire du monde. Et maintenant, la Gare Sud de Beijing est à juste titre une preuve du développement en Chine du high-tech ainsi que de la science et de la technologie modernes. Lorsque je prends à la Gare Sud le TGV (train à grande vitesse) dont la vitesse horaire s'élève à plus de 300 kilomètres/heure et qui me permets d'atteindre Tianjin en une demi-heure, je pense alors que la croissance de la Chine peut être comparée à la vitesse d'un TGV qui avance à toute allure en fendant l'air et en passant comme l'éclair.
En parlant de la Chine, j'utilise souvent le mot « très » et les expressions « le plus », « unique en son genre », « hors pair », « sans égal » et « sans pareil ». La Chine était également très particulière dans le passé, mais il lui manquait une force faisant l'unité du pays et pouvant conduire et diriger tout le peuple chinois. Et c'était seulement après l'apparition du Parti communiste chinois que la Chine a été « tordue » et « tressée » en une seule corde, ce qui lui a permis d'agir de concert, de conjuguer ses efforts, de procéder à des changements et de réaliser un développement continuel et stable.
Bien que la Chine ait obtenu des succès tellement remarquables sur lesquels se concentrent l'attention mondiale, mais elle est toujours mal connue et mal comprise par un grand nombre d'étrangers et surtout par les Occidentaux. Pour ces derniers, lorsqu'ils voient que les ordinateurs et que les voitures qu'ils achètent portent les mots « Made in china », ils sont, frappés d'étonnement et de stupéfaction, car pour eux, il est impossible que la Chine serait capable de fabriquer de tels produits high-tech, c'est quelque chose d'inimaginable. Mais pour les étrangers qui viennent en Chine, ils sont obligés de reconnaître que la Chine se développe rapidement et impétueusement et qu'elle est devenue une force qu'on ne peut ni négliger ni mépriser dans le monde. Dans le règlement de n'importe quel problème international, il est impossible de ne pas tenir compte de l'avis et de l'opinion de la Chine.
La Chine compte 900 millions de paysans. Après l'avènement de la Chine nouvelle en 1949 du siècle dernier, le gouvernement chinois a toujours accordé une importance particulière à leurs problèmes. L'année dernière, je me suis rendu dans la Province du Hebei pour y faire des reportages sur la campagne chinoise. J'ai vu des paysans qui habitent dans des maisons à étages disposant du chauffage à gaz et pourvu tous les appareils électroménagers nécessaires, dont téléviseur et réfrigérateur, alors que trente années auparavant, la plupart des familles paysannes chinoises habitent dans de petites maisons dépourvues de toutes commodités et qui pouvaient manger à leur faim. Certains économistes occidentaux ont affirmé catégoriquement que la Chine nouvelle sombrera et disparaîtra d'elle-même tôt ou tard et la raison c'est que le Parti communiste chinois est incapable d'apporter une solution au problème de la nourriture et de l'habillement de la population rurale pauvre et miséreuse. Mais, le fait et la réalité indéniables et irréfutables prouvent que leur affirmation est une grande erreur. La réforme et l'ouverture ont donné aux paysans chinois encore plus de droit d'autonomie et leur revenu a augmenté dans de fortes proportions. En 2006, le gouvernement a aboli l'impôt agricole qui a toujours existé en Chine depuis plus de 2.600 ans. On peut dire que cette abolition est vraiment une mesure comparable à la libération de toute la population rurale chinoise.
J'ai été invité il y a trente ans chez un ami chinois qui habitait près de Tiantan (Temple du Ciel). Son logement d'une surface totale de 25 mètres carrés abritait toute sa famille composée de dix membres. Aujourd'hui, lui, son épouse et son enfant habitent dans un grand appartement de plus de 100 mètres carrés. Ses parents ainsi que ses frères et sœurs disposent chacun de leur propre foyer
Je vis en Chine depuis huit années, je peux vous dire en toute sincérité que l'application dans ce pays de la politique de réforme et d'ouverture profite en premier lieu à la masse populaire qui connaît actuellement une vie caractérisée par le bonheur, le bien-être et la prospérité.
(L'auteur de cet article Rusanov Nikolay Petrovich, un sinologue russe, est un commentateur chevronné de la Radio internationale « The Voice of Russia »)
Source: le Quotidien du Peuple en ligne