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Mise à jour 19.12.2008 14h47
La consommation de produits de luxe sapée par la crise mondiale

Zhang Yu, propriétaire d'un magasin de dépôt-vente de marques de luxe, espère que ses affaires iront aussi bien qu'auparavant malgré le ralentissement économique mondial.

Cela fût une période assez chargée pour Zhang, qui a commencé "Milan Stop" dans la ville de Hangzhou, à 300 km au sud de Shanghai, il y a 7 mois. Il y avait un véritable afflux de clients désireux de revendre des produits de luxe qui venaient au magasin depuis octobre.

"Les affaires vont même mieux depuis la crise financière", a-t-il dit. C'est le cas au moins en termes de quantité d'articles à vendre.

"Auparavant, les gens venaient avec seulement un ou deux articles, mais maintenant ils en apportent 5 ou 6, cela peut même aller jusqu'à 10, pour la vente d'occasion."

Leur empressement à vendre fait que l'inventaire de Zhang est en train de s'accroître, ce qui lui donne plus de possibilités de profiter des différences de prix. Les revendeurs en bénéficient également, surtout qu'ils obtiennent 10% de profit sur le prix de vente du produit.

"Habituellement, nous ne posons pas beaucoup de questions, mais parfois les clients nous le disent de toute façon. Certaines femmes ont affirmé que leurs maris leur donnent moins d'argent en raison de la crise des affaires. Elles vendent donc leurs collections de luxe pour se faire de l'argent de poche", a-t-il dit.

Les étagères noires dans le "Milan Stop"de 30 m2 de surface, le premier magasin de produits de luxe d'occasion, sont entassées avec des sacs à main Louis Vuitton, Gucci, Chanel, Prada, et Christian Dior. Ils ont tous l'air presque neufs, chacun étant emballé dans une bande de protection. Les montres haut de gamme et les bijoux sont exposés dans le milieu de la salle.

Un classique, une malle LV en édition limitée est le trésor rare du magasin. "Son propriétaire, originaire de Hong Kong, a perdu de l'argent dans le business de cuivre et des matériaux de construction. Ayant besoin d'argent liquide, il a commencé à revendre certains de ses objets de luxe qu'il avait mis de côté. Il a également mis sa Bentley et sa Rolls Royce en gage", a dit M. Zhang.

Les riches dans le monde entier sont financièrement coincés par la crise économique. Cabinet de consultants Bain & Co. prédit que l'industrie de luxe va probablement entrer dans une phase de récession en 2009.

Une étude publiée par Bain en octobre, affirme que l'industrie, qui n'a pas encore connu pleinement les effets de la récession mondiale, va avoir un taux de croissance relativement modeste de 3% en 2008, comparé à 9% de croissance en 2006 et de 6,5% en 2007.

Toutefois, l'étude affirme que la crise stimule aussi l'augmentation des dépenses nettes des consommateurs dans les nouveaux marchés émergents dont la Chine, la Russie, l'Inde et le Brésil au cours de 5 prochaines années, allant de 20% à 35%, ce qui aide à construire un tableau optimiste à long terme.

Beaucoup de fournisseurs de produits de luxe et des services ont l'espoir que le marché chinois les sauvera de la crise, c'est la raison pour laquelle ils renforcent le marketing.

Le détaillant de produits de luxe pour hommes Alfred Dunhill et l'horloger suisse Vacheron Constantin ont ouvert de nouveaux magasins à Shanghai à la mi-octobre, alors que le joaillier français Cartier a organisé un match de polo dans la province du Zhejiang, voisine de Shanghai, en divertissant ses invités avec un déjeuner au champagne.

Mais Sun Yimin, expert en marketing à l'Université Fudan de Shanghai, estime que la récession mondiale aura une incidence sur le ralentissement des ventes des produits de luxe en Chine.

La Chine est plus reliée au monde que par le passé et elle ressent le refroidissement mondial, avec la croissance économique, qui était de deux chiffres, et qui est tombée à 9% au troisième quart de cette année. Un nombre croissant de fermetures d'usines et l'augmentation du chômage sont en outre les résultats de l'arrêt de la croissance dynamique.

Les super-riches, qui sont décrits par M. Sun comme le pilier des consommateurs de produits de luxe en Chine, ont vu leur fortune rétrécir en raison des pertes de la valeur des titres et d'autres investissements. "Ils ne vont pas claquer l'argent autant qu'avant", a dit M. Sun.

Selon la publication américaine Forbes, il y a 24 milliardaires en Chine cette année contre 66 en 2007. "La valeur nette combinée des 400 personnes les plus riches (les personnes en Chine) a chuté de 288 milliards de dollars à 173 milliards de dollars", a déclaré le magazine à la fin d'octobre.

Les jeunes employés de bureau sont un autre groupe croissant mais vulnérable des consommateurs des produits de luxe en Chine. M. Sun les appelle "les consommateurs marginaux". Ils pourraient économiser pendant des mois pour acheter un sac à main LV mais cesser d'acheter immédiatement lorsque les temps sont difficiles. La hausse du coût de la vie, de faibles revenus et même le risque de perte de l'emploi va réduire leur consommation, a dit M. Sun.

Daisy, 29 ans, de Chengdu, capitale de la province du Sichuan dans le sud-ouest de la Chine, a dû freiner son enthousiasme pour Chanel après que l'entreprise étrangère, pour laquelle elle travaille a réduit son salaire de 25% en octobre dernier.

"Je sais que le progrès de recherche et du développement de la société, le marketing et la vente ont tous été touchés par la crise financière, mais la réduction des salaires, c'est vraiment embêtant. Je ne peux plus acheter ce que j'aime car je dois prendre d'abord en considération l'emprunt logement, la restauration, le transport et les factures de téléphone", dit-elle.

Daisy pense revendre quelques-uns uns de ses 10 sacs à main de luxe pour payer les visites aux salons de coiffure et pour faire un voyage dans sa ville natale. Elle n'est pas sûre de garder son travail, une fois de retour de ces vacances involontaires.

De même, les perspectives ne sont pas claires pour Zhang Yu et son "Milan Stop".

"Bien que beaucoup de personnes sont venues nous vendre leurs collections de luxe, il n'y a pas autant de personnes qui sont prêtes à acheter", a déclaré Chen Jiapin, assistant des ventes.

"Deux vendeurs de chez Hermes près du lac de l'Ouest sont venus une fois. Ils ont développé un goût pour le luxe à force de servir des clients riches", a dit M. Chen. "Ils ont regardé les sacs, mais n'ont rien acheté. Ils ont dit que les ventes de leurs propres magasins ont diminué sérieusement, donc ils devaient être plus prudents."

M. Chen a dit que la plupart des visiteurs ces derniers jours ont été des clients, qui font du lèche-vitrine.

Certains analystes ont suggéré de réduire les taxes à la consommation sur les produits de luxe afin de stimuler les ventes. Le gouvernement a annoncé des mesures, y compris un projet de stimulation de 4 milliards de yuans, visant à relancer la demande intérieure et de maintenir la croissance économique.

Précédemment, les prévisions du Ministère du commerce chinois mentionnaient que la Chine dépassera le Japon et les Etats-Unis pour devenir le leader des dépenses sur les produits de luxe d'ici 2014, représentant selon les estimations, 23% du marché mondial. Le pays est maintenant le troisième plus grand consommateur des produits de luxe, avec un marché de 8 milliards de dollars l'année dernière.

"Il est difficile de dire comment sera l'année 2009", a déclaré Huang Bingjun, qui prend des commandes en ligne pour l'importation des produits de luxe. Jusqu'à présent, son entreprise n'a pas été touchée - en fait, il a vu les commandes augmenter de 20% à 30% depuis octobre, car l'augmentation du yuan a rendu les marques de luxe européennes moins chères.

Huang, qui a ouvert le site www.xiaobuyer.com il y a deux ans environ, a planifié un voyage de deux semaines en Europe pour faire des achats après Noël. "Je vais chercher des objets classiques et faire mes achats en fonction des commandes des clients. Les petits hommes d'affaires comme moi, n'ont aucune expérience de la crise financière et nous devons rester prudents."

Source: le Quotidien du Peuple en ligne



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