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Mise à jour 20.03.2009 16h10
Gesang Zholga : « J'ai parfois l'impression de rêver »

Née en 1933 à Lhassa, Gesang Zholga est Tibétaine. Dès sa naissance, elle fut placée, en tant que serve, au service d'un seigneur du Zhacang de Luosailing du monastère de Drepung. Bien qu'elle se soit enfuie et réfugiée dans le bourg de Zedang, situé dans le Tibet méridional, elle fut toujours esclave d'un seigneur. C'est en 1959, après la réforme démocratique, qu'elle s'est vue octroyer une maison, des parcelles de terre et du bétail. Désormais, elle possède deux boutiques dans le bourg de Zedang. La boutique gérée par Gesang Zholga se trouve au carrefour des rues Naidong et Gesang, à savoir dans le quartier le plus fréquenté du bourg de Zedang, siège de la préfecture de Shannan. Sa boutique accueille chaque jour de nombreux clients. Elle loue depuis 3 ans cette boutique de 40 m2. L'autre boutique est gérée par sa fille. Les deux magasins rapportent cent mille yuans par an. Gesang Zholga a recruté de jeunes vendeuses. Avant la réforme démocratique du Tibet, Gesang n'était qu'une esclave privée de liberté.

Lorsqu'on l'interroge sur sa vie passée, Gesang Zholga explique : « Je n'ose plus y penser. Avant 1959, j'étais une esclave. Je n'avais pas de champs, pas de logement, ni de liberté individuelle. J'étais contrainte de travailler toute ma vie pour le seigneur, et je devais également verser la capitation. Un proverbe tibétain décrit parfaitement ce que fut ma vie avant la réforme : « Mes parents m'ont élevé, mais le seigneur s'empare de mon corps et de ma vie». Quand je n'ai plus pu subir les traitements inhumains que m'infligeait mon propriétaire, je me suis enfuie. Pour survivre tout au long de ma fuite, j'ai eu recours à la mendicité. Ma fuite m'a conduite à Zedang, une terre qui m'était inconnue. J'avais cru que la fuite m'offrirait la possibilité de mener une vie meilleure, mais finalement, j'ai été contrainte de travailler pour un seigneur local afin de pouvoir me nourrir. Sans la libération pacifique du Tibet dans un premier temps et la réforme démocratique par la suite, je serais déjà morte depuis longtemps. En 1959, lors de la réforme démocratique, le gouvernement populaire du Tibet nouvellement fondé a distribué des champs et une maison aux esclaves comme moi, et j'ai ainsi pu jouir de la liberté individuelle. Désormais, ma vie s'améliore d'année en année. Il y a deux ans, je me suis fait construire une maison de style tibétain, à deux étages et comprenant neuf pièces. Elle est équipée d'un téléphone fixe. Désormais, je ne manque de rien. En raison de mon état physique, j'ai recruté deux jeunes vendeuses pour m'assister dans mon travail quotidien. Mon magasin propose plus d'une centaine d'articles. De plus, ma famille possède un champ d'environ un hectare, qu'exploitent principalement mes parents et amis. Nous récoltons plusieurs dizaines de kilos d'orge et de blé par an. Nous avons suffisamment de céréales pour vivre et pour produire de la bière d'orge. En réalité, je n'aime pas rester à la maison. Je ne suis pas heureuse si un jour je ne peux pas me rendre dans ma boutique. J'ai du temps libre seulement dans la soirée. Après une épuisante journée de travail, j'aime regarder des téléfilms en tibétain ou d'autres émissions en buvant du thé au beurre de yak ou bien m'amuser avec mes petits-enfants. Parfois, en plein milieu de la nuit, je fais des insomnies. Je ne peux alors m'empêcher de penser au passé, au présent et à l'avenir. J'ai parfois l'impression de rêver ».

Source: China.org.cn



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