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En tant que correspondant de « Pravda » accrédité en Chine, j'ai effectué en 1955 un voyage de deux mois au Tibet pour y faire des reportages.
Durant mon séjour dans cette région chinoise, j'ai constaté que le gouvernement central populaire appliquait rigoureusement l'Accord sur la libération pacifique du Tibet et en compagnie avec les autres journalistes étrangers, nous avons été reçus par le Dalai Lama. En répondant à une question que je lui ai posée, celui-ci a dit qu'il est rempli de gratitude envers le gouvernement central populaire qui faisait tout pour protéger la liberté religieuse au Tibet.
La réforme démocratique n'a pas eu lieu cette époque-là au Tibet et j'ai remarqué que le système féodal de servage était encore appliqué dans cette partie de la Chine qui était alors un pays socialiste. Les champs et les pâturages dans lesquels travaillaient durement et laborieusement les paysans et les pasteurs tibétains appartenaient en entier aux seigneurs féodaux et au haut clergé. Tout au cours de mon voyage, ce qui m'a bouleversé et impressionné le plus, c'était en voyant dans les rues de Lhassa des serfs maltraités et brutalisés par leurs propriétaires qui les considéraient comme des « animaux qui savent parler » et qui pouvaient à tout moment leur infliger des tortures et des supplices atroces. J'ai vu de mes propres yeux des serfs dont les oreilles ont été coupées, d'autres avec des mains mutilées sans doigts.
Trente cinq années plus tard, plus précisément vers 1990, j'ai eu l'occasion d'effectuer une deuxième visite au Tibet et j'y ai constaté un grand changement ! Ce qui m'a frappé le plus, c'est que la vie de la population tibétaine connaît une véritable amélioration et qu'elle jouit d'une réelle liberté grâce à l'abolition du système féodal de servage. Il y a eu une poussée démographique sensible dans la Région autonome du Tibet où l'espérance de vie s'est élevée dans de fortes proportions. A ce moment-là, certains habitants de la région commencent à ‘xiahai' (après l'application en Chine de la politique de réforme et d'ouverture, il est permis aux fonctionnaires et aux employés des organismes d'Etat de quitter leur poste pour se consacrer au commerce privé) et ils se rendent à Beijing et dans d'autres grandes villes du pays pour se livrer à des opérations commerciales. D'autre part, la médecine tibétaine est également bien préservée et elle est considérée comme un héritage précieux de la nationalité tibétaine. Beaucoup de jeunes Tibétains ont été envoyées dans de grandes métropoles de l'intérieur du pays pour y faire leurs études supérieures.
-- Vsevolod Ovchinnikov, sinologue connu et premier correspondant accrédité en Chine de la « Pravda » de l'Ex-Union Soviétique, le 18 mars à Moscou.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne