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Français>>Vie SocialeMise à jour 11.03.2010 10h30
Le hukou urbain ou une terre à la campagne?

Hu Xiaoyan, l'une des trois premiers législateurs chinois qui représentent des millions des travailleurs migrants dans le pays, a obtenu le transfert de son statut de résidence officielle de sa ville natale dans la campagne sichuanaise vers une ville du Guangdong, où elle travaille actuellement.

Pour devenir une résidente urbaine, Hu a dû céder sa parcelle de terre dans son bourg natal.

C'est ce dilemme, qui fait hésiter de nombreux travailleurs migrants, qui ont la possibilité de changer leur résidence permanente, ou le hukou (户口), pour devenir des résidents urbains : ils ne veulent pas renoncer à leurs petites parcelles de terre.

Les députés de la province méridionale du Guangdong qui ont participé à la session annuelle de l'Assemblée populaire nationale (APN), le haut législateur du pays, ont déclaré lors de leur réunion-débat, que la politique de la municipalité locale pour attirer les travailleurs migrants à s'installer en ville n'a pas toujours été saluée par tous les nouveaux venus.

La ville de Zhongshan dans le Guangdong a introduit une série de mesures et règlementations locales pour attirer les travailleurs migrants à s'installer en ville en leur proposant le statut de résidents urbains.

Selon Li Qihong, député de l'APN et maire de Zhongshan, plus de 30 000 travailleurs migrants qui travaillent en ville auraient rempli les conditions requises pour devenir des résidents urbains. Cependant moins de 200 d'entre eux ont changé leur hukou en 2009.

La Chine connait l'exode rural depuis les années 1970, la politique de l'ouverture et des réformes nécessitant moins de paysans pour travailler la terre.

Actuellement, environ 150 millions de travailleurs migrants, qui résident dans les villes et qui travaillent principalement sur des chantiers de construction temporaires et dans le secteur des services, passent à côté des prestations, dont peuvent bénéficier tout comme les habitants avec un hukou urbain, notamment avec des privilèges en matière de l'éducation, du logement et de la santé.

«Des parcelles de terre dans notre ville d'origine sont probablement le point d'achoppement», a indiqué Hu.

« Beaucoup de travailleurs migrants ne sont pas disposés à abandonner ces terres. Bien que le gouvernement local est en train d'améliorer le système de sécurité sociale, de nombreux travailleurs migrants croient qu'en cas d'échec, ils peuvent toujours revenir à la campagne et de vivre de leur parcelles de terre », a déclaré Hu.

Toutefois, si ces travailleurs migrants n'obtiennent pas un hukou urbain, ils devront payer beaucoup plus pour la scolarisation de leurs enfants et les frais médicaux.

Comme le gouvernement central est déterminé à réduire l'écart dans le développement entre les populations rurales et urbaines en accélérant le processus d'urbanisation du pays, les travailleurs migrants devront bientôt prendre une décision en ce qui concerne leur hukou.

Dans le rapport de travail qu'il a prononcé durant la session de l'APN qui se déroule actuellement, le Premier ministre Wen Jiabao a promis que le gouvernement allait promouvoir l'urbanisation et la construction des communautés rurales, faire avancer la réforme du système du hukou en desserrant les exigences pour obtenir le statut de résident dans les moyennes et les petites villes et villages.

L'hésitation des travailleurs migrants à renoncer à leur statut de résidents ruraux est tout à fait compréhensible selon Zhai Weidong, le secrétaire du Parti du bourg de Chengliu de la ville de Jiyuan (province centrale du Henan), car celle-ci est une source importante des revenus pour les travailleurs migrants.

Zhai a indiqué à Xinhua que les détenteurs d'un hukou rural ont des avantages de plus en plus importants, le gouvernement central et les collectivités locales leur donnant davantage de subventions et de nombreux autres avantages.

Jiao Tianyin, un villageois de Huling à Chengliu, a déclaré qu'un agriculteur peut obtenir une subvention de 100 yuans pour un mu de terre arable (environ 0,067 hectares) chaque année, et 30 à 50 yuans pour les machines agricoles. Il peut également obtenir près de 4 000 yuans de bonus à la fin de l'année et d'autres récompenses comme le riz et l'huile de cuisson.

«Si je deviens un résident urbain et je serai au chômage, je n'aurai aucun revenu et me sentirai déprimé. Mais si j'ai des terres, je pourrai au moins subvenir à mes besoins», a précisé Jiao.

« Ce dilemme existe parce que les personnes issues des régions rurales veulent une sorte de garantie pour le cas où ils se retrouvent au chômage en ville », a indiqué Zhai.

Le professeur Hu Xingdou, spécialiste du hukou à l'Institut de Technologie de Beijing, a déclaré que le gouvernement devrait fournir des services complets dans le domaine de la sécurité sociale pour les travailleurs migrants. En outre, le gouvernement devrait renforcer l'éducation et la formation pour qu'ils puissent améliorer leurs moyens de subsistance.

Le professeur Hu a suggéré que les travailleurs migrants ne rendent pas immédiatement leurs terres après avoir obtenu leur hukou urbain. Cependant Hu Xiaoyan a indiqué que les travailleurs ruraux qui se sont installés dans les villes doivent rendre leurs terres pour maintenir une circulation foncière équitable.

Kong Xiangzhi, le maire adjoint de Jiyuan, a déclaré que les possibilités d'emploi devraient être considérées comme le problème le plus pressant pour les autorités afin de promouvoir l'urbanisation.

Sessions de l’APN et de la CCPPC 2010

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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