Nouvelles bilingues/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>Vie SocialeMise à jour 25.06.2010 16h56
Un million de « petites fourmis » luttent pour leurs survie dans les grandes villes

Vêtu d'un costume impeccable, Li Zhirui, assis près de la fenêtre dans un bus de Beijing, regarde en silence les villas de style européen, les voitures de luxe et les centre commerciaux illuminés qui passent devant lui.

Dès que son arrêt arrive, il retire sa cravate et marche vers sa moto d'occasion branlante stationnée tout près.

Il n'a même pas de permis. Mais de toute façon, il est loin de la ville, bien à l'abri de la police de la circulation et de ses collègues, qui ne connaissent pas sa vie en dehors du bureau.

Après un trajet de quinze minutes, il débarque finalement dans la réalité de sa vie : une chambre de huit mètres carrés, qui lui coûte 500 Yuans (74 Dollars US) par mois, soit un quart de son salaire, et où il passe ses nuits.

Ce n'est jamais qu'un jour de plus dans la vie de Li.

Ce jeune homme, originaire de la province du Heilongjiang, dans le Nord-Est du pays, essaie d'économiser le moindre centime possible afin d'acheter un appartement dans la capitale.

Sa détermination à devenir un jour propriétaire est devenue encore plus forte depuis que sa fiancée, une étudiante en quatrième année d'université, l'a plaqué le mois dernier quand il a refusé d'acheter une voiture d'occasion et une bague de fiançailles pour elle.

« Elle détestait le fait que j'avais l'habitude d'amener mon eau depuis chez moi et que je ne lui achète qu'une tasse de café quand nous sortions », dit-il.

« Mon salaire mensuel n'est que de 2 000 Yuans. Aussi vous imaginez combien de tasses de café je peux me permettre », a-t-il ajouté.

L'histoire de Li est similaire à celle de nombreux diplômés à faibles revenus qui sont venus s'échouer en périphérie des villes les plus riches de Chine comme Beijing ou Shanghai, pour tenter d'en tirer les moyens de vivre.

Eux, ce sont la « tribu des fourmis » de Chine, un terme forgé par les sociologues chinois pour décrire ces jeunes migrants en lutte pour la vie, qui, armés de leur seul diplôme, partent vers les grandes villes dans l'espoir d'une vie meilleure, mais pour n'y trouver finalement que des emplois sous-payés et des conditions d'existence épouvantables.

D'après une enquête publiée dans le Livre Bleu sur les talents du pays, publié par les Presses de l'Académie des Sciences Sociales mercredi, plus d'un million de ces « fourmis » vivent dans les grandes villes de Chine.

D'après cette enquête, plus de 100 000 diplômés à bas revenus vivent à Beijing, et ce genre de groupe existe aussi dans des grandes villes comme Guangzhou, Xi'an, Chongqing, Taiyuan, Zhengzhou et Nanjing.

Le nombre des diplômés d'université, âgés de 22 à 29 ans, a fortement augmenté depuis que la Chine a étendu de manière plus large le système de recrutement des universités depuis une dizaine d'années.

Ainsi, d'après les statistiques du Ministère de l'Education, le nombre des diplômés d'université est passé de 1,07 millions en 2000 à 6,11 millions en 2009.

Les appartements sordides où la « tribu des fourmis » vit ont habituellement de nombreux petits restaurants, cybercafés, salons de coiffure et cliniques à proximité, d'après l'enquête.

Les « fourmis » n'ont pas d'emploi stable et leur salaire moyen est inférieur à 2 000 Yuans par mois, dit-il.

Lian Si, chercheur-boursier à l'Université de Beijing, qui a écrit un livre sur la « tribu des fourmis » dit : « Ils sont en tous points similaires aux fourmis. Ils vivent en colonies dans des endroits exigus ; ils sont intelligents, durs à la peine, et pourtant anonymes et sous-payés ».

Ces conditions de vie difficiles de la « tribu des fourmis » sont un problème social grave, et le gouvernement devrait s'attacher à créer des « villes de deuxième ou troisième niveau » afin d'attirer davantage de diplômés depuis les grandes villes, dit le Livre Bleu.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Chine : hausse des prix de l'essence et du diesel
Pour la RPDC, réagir à la manoeuvre militaire sud-coréenne "ne vaut pas la peine"
Comment vendre l'image d'un Dragon amical ?
Les mesures de règlement des embouteillages à Paris méritent d'être étudiées par Beijing
Interaction active entre la Chine et le monde
Ne pas céder l'Afrique à la Chine est une logique perverse
Pourquoi le « Made in China » est plus cher