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Français>>Vie SocialeMise à jour 08.09.2010 11h08
Les agents du recensement sont confrontés à des inquiétudes sur le respect de la vie privée

L'augmentation des richesses et des inquiétudes sur le respect de la vie privée peuvent avoir pour résultat que les agents chargés du recensement doivent parfois faire face à des attitudes de méfiance plutôt que de coopération. Certaines personnes sont réticentes à l'idée de divulguer des informations, voire ne répondent tout simplement pas quand on frappe à leur porte.

Ainsi, quand Wang Xinwei, agent du recensement, frappe aux portes, de nombreux Chinois hésitent même à lui adresser la parole, à l'inverse des étrangers.

« J'ai été surprise de constater que ce sont les Chinois qui ne sont pas très coopératifs », dit cette travailleuse communautaire âgée de 21 ans, qui a reçu la tâche d'enquêter dans un quartier du centre de Beijing. « Certains résidents chinois préfèrent même aller remplir le questionnaire de recensement dans les centres d'enregistrement plutôt que de nous laisser entrer chez eux ».

Melle Wang est l'une des 6 millions d'agents qui travaillent dans le pays pour collecter les informations sur les habitants dans le cadre du sixième recensement national de la population.

« Les étrangers répondent à mes questions après que je me sois présentée comme un agent du recensement, et certains me proposent même leur aide pour contacter leurs amis qui habitent dans la même résidence », a-t-elle dit. « En revanche, de nombreux Chinois me claquent la porte au nez ou refusent tout simplement de l'ouvrir ».

Les recherches faites laissent penser que cette attitude est due à une publicité insuffisante faite autour du recensement.

Une enquête en ligne menée par sina.com, très important site d'informations en ligne, a montré que 47,4% des 8 237 personnes ayant répondu disent qu'elles ne savaient pas grand chose sur le recensement, et près d'un tiers reconnaissent qu'elles craignent de laisser entrer les agents du recensement chez elles.

Une des principales raisons à cette réticence semble être une plus grande prise de conscience de la vie privée, en partie du fait de la croissance de la classe moyenne.

« Les gens ne pensent désormais plus qu'ils doivent être dirigés », dit Zhang Yi, chercheur à l'Institut de la Population et de l'Economie du Travail à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales. « Au lieu de cela, ils pensent que le gouvernement devrait être à leur service. C'est pourquoi ils disent non aux agents du recensement tant qu'ils n'ont pas été convaincus que leur vie privée sera protégée ».

La rapide croissance économique de la décennie passée, couplée à un secteur privé en expansion, a eu pour résultat l'augmentation du nombre des riches en Chine. D'après les sociologues, ces personnes sont devenues de plus en plus soucieuses de la protection de leur vie privée, en particulier depuis que la propriété privée a été inscrite dans la Constitution en 2004.

D'après un rapport publié cette année par l'Académie Chinoise des Sciences Sociales, la classe moyenne chinoise – qu'on définit ordinairement comme les personnes disposant d'un revenu annuel de 60 000 à 500 000 Yuans (8 800 à 73 000 Dollars US)- représente actuellement 23% des 1,3 milliards d'habitants que compte la Chine. Ce chiffre devrait atteindre les 35% d'ici dix ans.

Des inquiétudes sur la sécurité

Avant les années 1990, quand la plupart des gens travaillaient encore pour des entreprises appartenant à l'Etat, où les employés connaissaient souvent les revenus des autres, et quand c'était le gouvernement qui octroyait le logement, les gens ne pensaient pas qu'ils avaient beaucoup d'intimité à protéger, explique M. Zhang.

Mais aujourd'hui, la nouvelle classe moyenne et les super-riches n'ont pas envie que les autres en sachent un peu trop sur ce qu'ils possèdent.

« Certaines personnes qui vivent dans des quartiers huppés ne veulent pas révéler des détails de leur vie, parce qu'ils craignent que cela ressemble trop à un contrôle de leurs biens », a dit le chercheur.

Une autre raison qui fait que les citoyens ont une attitude méfiante, disent les experts, est liée aux naissances supplémentaires qui demeurent non déclarées, pour éviter les sanctions du fait de la politique de l'enfant unique en vigueur en Chine.

Xing Zhihong, Directeur adjoint du recensement pour Beijing, promet que la vie privée sera protégée. Toutes les informations récoltées le seront à des fins de recherche uniquement, et elles seront détruites après que les statistiques sur la population auront été compilées et publiées, a-t-il dit.

La Chine a conduit son premier recensement en 1953, et le prochain débutera le 1er novembre. Cependant, Beijing mène dès à présent une enquête de préparation d'une durée d'un mois, en porte-à-porte.

« Ce contrôle préliminaire vise à contrôler l'enregistrement et les conditions de vie des gens. Il n'y aura aucune question sur les revenus ou l'appartenance religieuse », a dit M. Xing, qui a assuré que les agents du recensement devront signer un accord de confidentialité avec chaque personne interrogée.

Le responsable du recensement est d'accord avec Melle Wang pour reconnaître que les enquêtes en porte-à-porte sont difficiles.

« Cette fois-ci, c'est plus difficile de collecter les informations que lors de cinq précédents recensements », a-t-il dit. « En particulier dans les résidences huppées, les résidents ne sont pas tous disposés à révéler des informations personnelles ».

Certaines personnes interrogées par le China Daily ont confié qu'elles ne souhaitaient pas répondre aux questions car elles ont peur d'ouvrir leur porte à des étrangers.

« Je n'ai reçu aucun avis de qui que ce soit avant qu'un inconnu se prétendant agent du recensement vienne frapper à ma porte », a ainsi dit Wang Tingting, âgée de 27 ans, qui vit à Beijing depuis trois ans et loue un appartement avec deux autres femmes. « Au début, je ne voulais pas ouvrir la porte parce que j'étais seule à la maison ».

« Je ne sais pas ce qui aurait pu se passer si ce n'avait pas été un véritable agent du recensement. Sur internet, des informations disent que certaines personnes se font passer pour des agents du recensement afin d'essayer d'entrer et de dérober des informations individuelles ».

Bien qu'inquiête, Melle Wang a répondu à toutes les questions du formulaire, dont son nom, le numéro de sa carte d'identité, combien de personnes vivent dans l'appartement, est-elle propriétaire ou locataire et depuis quand elle habite dans les lieux.

D'après M. Xing, le gouvernement envisage de recourir aux services de personnes locales pour conduire le recensement, afin que les membres de la communauté se sentent plus à l'aise.

Les étrangers, mais aussi les habitants de Hong Kong, Macao et Taiwan, sont tous concernés par le recensement, et ce pour la première fois. La plupart des trente et quelque personnes disent ne pas avoir de problèmes pour prendre part au recensement, car leur pays d'origine procède aussi à des enquêtes similaires.

Jeff Levinson, un Américain âgé de 28 ans qui vit en Chine depuis plus de trois ans, précise qu'un étranger doit s'enregistrer auprès de la police après chaque renouvellement de visa.

« Le gouvernement sait où je vis ; il connaît mon numéro de passeport et depuis combien de temps je suis là », dit cet organisateur de voyages. « En ce qui concerne ma vie privée, partant du principe que le questionnaire devrait être similaire à celui auquel j'ai répondu aux Etats-Unis, je n'aurai aucun scrupule à répondre ».

Le casse-tête du logement

Une des plus grandes énigmes à laquelle les autorités espèrent que le recensement apportera une réponse, c'est la clarification du nombre des appartments vides en Chine.

Bien que les opinions divergent sur la définition du logement vide, et que certains habitants pourraient ne pas souhaiter révéler des détails personnels, les autorités tenteront tout de même d'obtenir plus d'informations sur les logements vides par le biais du recensement, a dit Ma Jiantang, Directeur du Bureau National des Statistiques, dont les propos ont été récemment rapportés par l'Agence de Presse Xinhua.

M. Xing, Directeur adjoint du recensement pour Beijing, a précisé que le recensement comporte des questions liées au logement, mais que cela ne fournirait pas un taux d'inoccupation précis.

« Le recensement de la population ne vise qu'à contrôler l'enregistrement des personnes et leurs conditions de vie », a-t-il dit.

Pour ceux insatisfaits du manque d'informations officielles sur les taux nationaux d'inoccupation, le recensement a été considéré comme une source potentielle d'éclairage. De nombreux experts appellent à l'établissement d'une taxe sur les logements vides afin d'enrayer la spéculation, car certains investisseurs « stockent » un grand nombre de logements dans l'espoir de faire monter les prix.

Le prix des logements ayant fortement augmenté dans les plus grandes villes, comme Shanghai et Beijing (même si, toutefois, les récentes mesures gouvernementales ont contribué à calmer le marché), les questions sur les taux d'inoccupation restent très présentes.

La surface totale de logements non vendus dans tout le pays était d'au moins 192 millions de mètres carrés au 30 juin dernier, soit 6,4% de plus d'une année sur l'autre, ont montré des chiffres publiés le 4 août par le Bureau National des Statistiques.

Le manque de chiffres précis a conduit de nombreuses personnes à enquêter elles-mêmes sur le nombre exact d'immeubles d'appartements qui sont vides en Chine.

Ainsi, Zhang Jinqiu et Meng Bin, deux professeurs de la Beijing Union University, ont mené une enquête sur la consommation d'électricité dans plus de 50 zones résidentielles de la capitale entre 2004 et 2006. Ils ont découvert que 27,2% des compteurs d'électricité dans les immeubles d'appartements n'avaient enregistré aucune utilisation en 2007.

L'enquête, qui ne concernait pas les appartements non vendus, s'était basée sur des investigations d'une durée de deux mois en été, a précisé Zhang Jinqiu (si la consommation d'un appartement normal était inférieure à 10 kilowatts par heure, il était considéré comme vide).

D'autres méthodes directes utilisées par les deux chercheurs, comme la lecture des compteurs d'eau et le comptage des pièces non éclairées dans la soirée, ont donné des résultats similaires.

Pour Fang Ke, Directeur du Centre de Recherche sur les Propriétés Financières de l'Université de Beijing, il n'y a pas besoin de méthodes compliquées pour déterminer les taux d'inoccupation, qui peuvent être estimés approximativement en lisant les compteurs des compagnies d'eau et d'électricité.

« Ce n'est qu'une affaire de temps avant qu'une enquête sur le logement soit conduite, car il n'y a encore aucune donnée fiable susceptible de refléter de manière fidèle le secteur de l'immobilier », a-t-il dit. « Et sans chiffres précis, le gouvernement ne sera pas en mesure de savoir comment mettre en oeuvre une politique en la matière ».

Le gouvernement du District de Chaoyang, à Beijing, a récemment publié des chiffres sur le taux d'inoccupation des logements, les premiers du genre en Chine, selon lesquels 1,33 millions de mètres carrés d'espace résidentiel sont inoccupés. Plus de la moitié de cette surface est vide depuis au moins trois ans.

Néanmoins, les responsables n'ont pas donné d'explication sur la manière dont l'enquête a été conduite, et n'ont pas fait non plus la distinction entre les appartements non vendus et les appartements laissés vides après acquisition.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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