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Français>>Vie SocialeMise à jour 19.11.2010 16h55
Quand les Chinois rivalisent d'ingéniosité pour manger moins cher...

Les habitants de la ville de Haikou ne semblaient pas, jusqu'à présent, s'intéresser franchement à la culture des légumes.

Mais regardez d'un peu plus près les espaces verts, et vous découvrirez alors un bien curieux secret...

Car au lieu des roses et des arbres de Judas rouges, les végétaux qui sont cultivés là sont des aubergines, des oignons de printemps, des radis, des choux chinois et bien d'autres encore.

« Nous avons déjà récolté deux fois des choux et des aubergines. A présent, nous n'avons presque plus besoin d'acheter de légumes », a dit Lin Xioafeng, un habitant de la capitale provinciale de l'île de Hainan, au Sud de la Chine.

Les revenus mensuels de la famille de M. Lin s'établissent à un peu moins de 1 000 Yuans, mais d'après des données fournies par le Bureau National des Statistiques, le prix des radis, concombres et choux chinois a augmenté de 30% depuis octobre.

Située en zone tropicale, Hainan est, pour la Chine, la base de production hivernale de légumes.

Mais le prix des légumes, qui monte, et cela depuis cet automne, a poussé de nombreuses personnes à cultiver des légumes elles-mêmes.

Dans d'autres endroits, comme les provinces du Fujian, du Henan et du Shaanxi, les gens cultivent des légumes dans la rue, dans leur cour, voire sur leur balcon. De même, certains, qui trouvent que les pots de fleurs sont trop petits pour cultiver des légumes, utilisent des baignoires usagées en guise de jardinières.

Fait notable, l'Index des Prix à la Consommation en Chine a atteint son plus haut niveau depuis 25 mois, à 4,4%. Et les prix de l'alimentation, qui comptent pour 74% du calcul de l'IPC en Chine, ont augmenté de 10,1% durant le mois. Les chiffres montrent que le prix des légumes a augmenté de 31% et celui des fruits de 17,7%.

D'après Yuan Guangming, chercheur en économie à l'Université Tsinghua, la Chine a déjà connu par le passé cinq series de hausses de prix, la plus forte ayant eu lieu en 1988.

Cette année-là, dans certains endroits, les prix étaient devenus hors de contrôle. Les gens se ruaient sur les marchés, faisant des achats de panique pour des produits de base comme l'huile et le sel, parfois suffisamment pour tenir une année entière.

Cette année encore, les hausses de prix ont inquiété les petites gens.

Dans les années 1980, suite à une pénurie de légumes, de nombreux habitants de Beijing avaient pris l'habitude de faire pousser eux-mêmes des choux chinois. Le coût élévé des aliments a contraint certains à remettre cette habitude au goût du jour une vingtaine d'années plus tard.

Dans l'arrondissement de Chaoyang, à l'Est de la ville, plusieurs personnes âgées s'assoient pour emballer des choux dans du papier journal, tandis que sur les balcons, on voit de plus en plus de choux sécher au soleil.

Mais certains remplacent aussi les aliments trop chers par d'autres, meilleur marché. Zhang Jie travaille dans une entreprise à Beijing et avait pour habitude de manger des pommes tous les jours, car comme le dit la sagesse populaire, « Une pomme chaque matin éloigne le médecin ».

« Le prix des pommes a presque triplé dans le supermarché d'à côté, alors maintenant je mange des poires », a-t-elle dit.

Mais ne croyez pas pour autant que les hausses de prix des produits agricoles apportent autant de bénéfices que cela aux agriculteurs.

« Nous pouvons gagner de 50 à 60 Yuans par jour, un petit peu plus », a dit Li Guiying, du village de Xijiang, dans la ville de Jiyuan, située au Henan, province agricole.

« Mais nos dépenses aussi ont augmenté », a-t-elle ajouté aussitôt.

« Les prix des pesticides et des fertilisants ont tous augmenté », a dit Liu Xueyou, du village de Zhangzhuang, de la ville de Xinyang, au Henan. « Malgré la hausse du prix des céréales, près de 70% d'entre nous perdent de l'argent », s'est-il plaint.

De leur côté, les autorités chargées des espaces verts de Hainan ont rappelé avec insistance que cultiver des légumes dans les espaces verts, ce qui revient à changer la destination des terrains publics, est « contraire aux lois, et les contrevenants sont passibles d'une amende de 10 Yuans par jour pour chaque mètre carré » qu'ils auront planté.

Ce à quoi les habitants ont répondu que la condition première à la remise en état des espaces verts était de trouver une solution au problème du « panier de légumes ».

« Si je pouvais acheter des légumes pas chers, vous croyez vraiment que j'irais m'embêter comme ça à les cultiver moi-même ? », a fait remarquer Lin Xiaofeng.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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