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Français>>Vie SocialeMise à jour 10.12.2010 10h13
Les Chinois riches investissent dans l'immigration

Zhou Qun, qui a émigré en Allemagne il y a huit ans déjà, a toutes les raisons de se distancier du stéréotype habituel de l'immigrant chinois.

D'abord, cette jeune femme de 28 ans ne vous racontera pas une histoire de travail pénible dans un restaurant où elle aurait sué sang et eau. Elle possède une entreprise qui gagne plusieurs millions de Dollars chaque année en vendant des vêtements élégants dans des chaînes locales allemandes de magasins.

Ensuite, bien qu'elle ait obtenu le droit de résidence permanente en Allemagne, Zhou Qun dit qu'elle préfèrerait tout de même passer plus de temps en Chine.

« La vie ici est plutôt confortable, car l'Allemagne dispose d'un meilleur système social, mais nos familles et nos amis sont pour la plupart en Chine », a dit Zhou Qun, qui continue à voyager souvent entre les deux pays.

Tout comme elle, de nombreux Chinois riches considèrent désormais l'immigration comme une voie vers un avenir meilleur, mais sans pour autant dire adieu à leur terre natale.

Des riches qui partent

Auparavant, la Chine fournissait au monde entier des travailleurs démunis et durs à la peine, mais d'après les sociologues, la tendance est en train de changer, car de plus en plus de Chinois riches et bien éduqués prennent leur billet de départ.

D'après des statistiques publiées par le Département de la Sécurité du Territoire, les Etats-Unis ont donné leur accord à l'établissement de 1 971 immigrés investisseurs venant du Continent chinois en 2009, dépassant le chiffre entier de 1 360 immigrants étant venus s'installer aux Etats-Unis l'année précédente.

Pour obtenir un visa US EB-5 (immigrants investisseurs), il faut disposer d'au moins 500 000 Dollars US, soit plus de 3,4 millions de Yuans. Il y a quelques années, cette somme aurait été rédhibitoire pour la plupart des Chinois.

Mais depuis 2003, l'économie nationale en plein boom a enrichi de nombreux entrepreneurs et rendu l'immigration d'investissement beaucoup plus abordable, a dit Qi Lixin, président de la Beijing Entry & Exit Service Association.

A Wenzhou, florissante ville portuaire d'exportation située dans la privince du Zhejiang, dans l'Est de la Chine, les entrepreneurs particulièrement pointus en affaires partent en nombre à l'étranger pour l'expansion de leur marché, a dit Chen Yongcong, directeur du Bureau des Affaires des Chinois d'Outre-mer de Wenzhou.

« Nombre d'entre eux ont pu obtenir un titre de résidence permanente dans des pays étrangers afin de pouvoir profiter de plus d'avantages pour leurs affaires », a dit M. Chen.

Mais en plus des entrepreneurs, quelques riches Chinois émigrent aussi du fait d'un environnement plus propre, une alimentation plus sûre et de services médicaux gratuits dans les pays développés.

Ainsi Qi Yi (le nom a été changé), qui dirige une société de consultation en immobilier, dit-il qu'il a émigré au Canada afin de pouvoir offrir une meilleure éducation à sa fille.

« L'éducation en Chine, toute orientée vers les examens, est trop stressante. Ce n'est pas bon pour la croissance d'un enfant », a-t-il dit. « J'espère que ma fille pourra acquérir un esprit plus large et des valeurs plus ouvertes, et profiter d'une adolescence plus agréable ».

Vers une destination inconnue

En dépit de leur quête acharnée vers un titre de séjour étranger, la plupart des immigrés investisseurs n'ont pas pour autant abandonné leurs racines en Chine.

« La plupart de nos clients sont des entrepreneurs d'âge moyen qui en général hésitent à abandonner la carrière et le réseau qu'ils ont construit en Chine », a dit un consultant d'une agence d'immigration basée à Guangzhou.

« Et compte tenu de leur âge, ils trouvent souvent difficile de s'assimiler à la société courante des pays étrangers », a-t-il dit.

Le consultant a décrit ces immigrants comme des « oiseaux migrateurs », car ils voyagent entre la Chine et le pays où ils ont immigré.

« Aussi longtemps que la Chine maintiendra son rythme de développement, elle ne perdra pas son attirance pour ces Chinois qui partent », a dit Yu Jianrong, sociologue à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Zhou Qun, par exemple, a songé à rapatrier une partie de ses activités en Chine, car la crise financière mondiale a fait rétrécir la demande locale et intensifié la concurrence en Allemagne.

« Notre point central d'intérêt continuera à pencher vers la Chine, car c'est de là que vient la future compétitivité, et c'est là que se trouve le lieu de notre vie de retraite », a-t-elle dit.

Mais selon Chen Yongcong, dont le travail consiste à prendre contact avec les immigrants chinois éparpillés dans le monde, le souci majeur de ces personnes est le choix de leurs enfants.

Bien que de nombreux immigrants chinois âgés aient plutôt tendance à retourner au pays, leurs enfants, qui s'identifient moins avec la Chine, pourraient en effet avoir un choix différent.

« La deuxième génération d'émigrés est particulièrement demandée par les pays étrangers, car ils sont les héritiers apparents d'une immense fortune », a dit M. Chen, qui a ajouté que le point central du travail de son entreprise s'était déplacé vers une éducation à la chinoise des enfants des immigrants.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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