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Français>>Vie SocialeMise à jour 14.12.2010 11h04
Entrée dans « l'ère de la bagnole », la Chine appelle à une conduite civilisée

Il y a encore à peine vingt ans, avoir une voiture n'était qu'un rêve pour de nombreux Chinois. Mais aujourd'hui, alors que de plus en plus de personnes disposent de leur propre véhicule, le « rêve » a viré au « cauchemar ».

Gu Qingyang, directeur du Bureau de Poste du Comté de Luoning, dans la province du Henan, au Centre de la Chine, a été arrêté après avoir renversé, sous l'influence de l'alcool, cinq adolescents et tenté de prendre la fuite le 5 décembre dernier.

Cet accident a eu tôt fait de soulever une fois encore l'indignation publique après que toute une série d'accidents de la circulation aient éveillé les inquiétudes du public sur la sécurité routière.

« En Chine, la croissance économique et la civilisation ne vont plus de pair », a dit Xia Xueluan, sociologue à l'Université de Beijing.

« Si les voitures se sont popularisées, en revanche le développement de l'éthique sociale est resté très en retard », a-t-il expliqué, appelant à une conduite civilisée.

La Chine comptait 199 millions de véhicules à moteur sur ses routes à la fin du mois de septembre, dont 85 millions d'automobiles, d'après le Bureau de Gestion de la Circulation du Ministère de la Sécurité Publique.

Le nombre des voitures augmente à une vitesse effrayante. En novembre, quelque 1,28 millions de voitures de tourisme ont été vendues en Chine, soit 27% de plus que pour la période correspondante de l'année dernière.

Et d'un autre côté les infractions aux règles de la circulation sont fréquentes, les cas les plus extrêmes étant l'excès de vitesse, la conduite en état d'ivresse et le délit de fuite après accident.

La dernière affaire en date a eu lieu le 5 décembre, quand un homme portant un uniforme de la police a renversé un médecin à la retraite avec sa berline rouge à Changchun, capitale de la province du Jilin, dans le Nord-Est du pays. Au lieu d'emmener sa victime à l'hôpital, l'individu est même allé jusqu'à aggresser la malheureuse, hurlant « J'ai du fric ! Je n'aurai qu'à payer si je te tue ! ». Des centaines d'habitants du coin l'ont alors encerclé, l'empêchant de s'enfuir. Un homme que la scène avait rendu furieux a même jeté un carton de boissons depuis son immeuble sur la voiture du chauffard.

L'irresponsabilité des conducteurs rend le travail de la police de la circulation plus difficile encore.

Bao Baode travaille à la police de la circulation à Hohhot, capitale de la Région Autonome de Mongolie Intérieure, depuis près de vingt ans.

« Ces trois dernières années, bien que de plus en plus de personnes aient pu s'acheter une voiture, leur conscience légale et leurs critères moraux ne se sont pas montrés à la hauteur », a-t-il dit.

M. Bao a signalé que l'insuffisance du nombre d'agents de la police de la circulation pourrait être une des raisons de la fréquence des infractions routières, mais il a ajouté que la mansuétude en matière de sanctions en était une autre.

On se souvient ainsi que la sentence qui avait frappé Hu Bin, tombé sous le feu de critiques enflammées pour avoir tué un piéton lors d'une course de vitesse à Hangzhou, dans l'Est du pays, avait suscité des débats en 2009. Il avait conduit à des vitesses allant de 84 à 101 km/h sur une voie du centre ville où la vitesse était limitée à 50 km/h, mais n'avait été sanctionné que de trois ans de prison pour homicide au volant.

D'après Ma Huaide, Vice-président de l'Université Chinoise de Sciences Politiques et de Droit, le problème réside dans l'application laxiste de la loi.

« Après un accident grave, si un conducteur arrive à s'en sortir sans problèmes, il constituera un mauvais exemple pour les autres », a-t-il dit.

Avec pour résultat, a ajouté M. Ma, que de plus en plus de personnes finiront par croire qu'après avoir causé un accident, si on peut donner une forte indemnisation à la victime ou n'être emprisonné que pour une courte période, au pire l'incident sera clos.

« Dans certains pays occidentaux, les voitures sont répandues depuis plus de cent ans. Là-bas, pour les gens, une voiture n'est rien de plus qu'un outil », a dit Wang Hong, avocat. « Mais en Chine », a-t-il ajouté, « posséder une voiture est toujours considéré par beaucoup de gens comme le symbole d'un statut social ».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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