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Français>>Vie SocialeMise à jour 14.12.2010 16h47
La « tribu des souris » va bientôt être chassée de ses tanières

La ville de Beijing cherche à chasser ce qui est communément appelé la « tribu des souris », une forte population essentiellement composée de travailleurs migrants vivant à l'étroit sous terre.

Cette tribu des souris, que l'on connaît aussi sous le nom de shuzu (鼠族) est évaluée à environ un million de personnes, bien connues pour vivre dans un certain nombre des 1 374 abris de défense civile aérienne qui parsèment la ville sous terre.

Depuis les années 1990, face à l'explosion des prix de l'immobilier, le Bureau de la Défense Civile Aérienne de la ville a commencé à louer quelques uns de ces abris aux travailleurs migrants, afin de pouvoir satisfaire leurs besoins en logements abordables.

« Bien qu'il nous ait été permis dans le passé de louer des abris de défense civile aérienne à des entreprises ou à des travailleurs migrants pour le logement ou pour des activités d'affaires, le Bureau va à présent passer trois mois pour expulser les habitants de ces abris », a dit un homme du nom de Zhou, qui dirige le Département Construction du Bureau de la Défense Civile Aérienne.

D'après M. Zhou, les migrants devraient être partis d'ici mars.

He Quanji, âgé de 28 ans, et sa femme de 22 ans, du nom de Bai, sont typiques de ceux qui vivent sous la ville.

« Personne ne veut vivre sous terre », a dit M. He, qui vient de la province du Fujian. « Mais je n'ai pas le choix parce que les loyers sont trop élevés ».

Leur cave de dix mètres carrés située dans la communauté de Wangxinhuayuan à Wangjing est tout juste assez grande pour y mettre quatre lits simples et deux tables.

Ils partagent cet espace, qui est divisé en deux par un rideau, avec le frère de M. He et sa femme. Il y a plus de trente caves de ce genre sous la communauté, qui possèdent trois salles d'eau.

C'est une femme du nom de Zhu qui agit ici en tant qu'agent immobilier local.

« Ils ne sont pas supposés faire la cuisine dans les caves pour des raisons de sécurité », a dit Mme Zhu. « Mais je ne dis trop rien, parce que tout le monde fait la cuisine dans les pièces ».

Elle a précisé que ces caves sont habituellement louées pour environ 900 Yuans par mois. Une pièce similaire, mais au-dessus du sol, se louerait-elle pour 1 400 Yuans. Certaines caves se louent encore moins cher.

« Les caves séparées dans l'abri de defense civile aérienne de la communauté d'à côté coûtent environ 300 à 400 Yuans par mois », a précisé Mme Zhu.

Mais ces caves n'ont pas la moindre fenêtre et sont tout juste suffisantes pour un lit simple.

Les conditions d'habitation difficiles et des soucis de sécurité comme le manque d'issues de secours ont contraint le Bureau de la Défense Aérienne à prendre cette décision.

Les abris seront donnés aux comités de quartier ou aux gouvernements communaux, et ils seront utilisés en guise de garages souterrains, pour des activités de divertissement de la communauté ou en tant que centres de commandement d'urgence.

Les membres de la tribu des souris se demandent maintenant s'ils pourront trouver un endroit pour vivre à un prix abordable.

« La capitale n'a pas seulement besoin de talents de haut niveau, elle a aussi besoin de travailleurs de base », a dit Hu Xingdou, Professeur d'économie à l'Institut de Technologie de Beijing.

« Nous devrions leur permettre de réduire leurs frais de logement d'une manière ou d'une autre. Il y a actuellement une population flottante de dix millions de personnes à Beijing, autant dire que l'actuelle disponibilité de logements à bas prix est une goutte dans l'océan ».

Pour le professeur Hu, une meilleure gestion de ces abris aurait été préférable, plutôt que de chasser tout le monde.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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