Nouvelles bilingues/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>Vie SocialeMise à jour 10.03.2011 13h37
On ne construira pas l'équité sociale avec des troubles

Une des mes amies d'enfance est sans doute l'une des personnes les plus apolitiques de la ville, et elle passe le plus clair de son temps à danser et à chanter avec les autres retraités. Tout récemment, l'un de ses partenaires de danse lui a appris qu'il allait y avoir un rassemblement de représentants des médias étrangers dans une certaine rue commerçante du centre de Beijing, et elle a voulu savoir pourquoi.

Quand elle a appris que ces personnes allaient se rassembler dans l'espoir d'être témoins d'une version chinoise des troubles qui secouent actuellement le Moyen-Orient, elle s'est montrée tout de suite désintéressée.

« Ils font vraiment beaucoup de bruit pour rien », a t-elle déclaré.

Cette amie et son mari vivent tous les deux de leur retraite, qui est plutôt maigre, et les disparités de richesses qu'ils voient dans le pays ne leur plaisent pas. Pour autant, a dit mon amie, les troubles sociaux n'ont jamais résolu de problèmes, et en fin de compte ce sont les petites gens qui souffrent le plus de ce genre de désordres.

« Je ne suis pas favorable à ce genre de choses », a t-elle dit. Pas plus que ne le sont d'ailleurs sa fille et son gendre, qui sont tous les deux cols blancs et sont âgés d'une petite trentaine.

C'est dommage que certains étrangers attendent tellement qu'un drame tel qu'il se déroule au Moyen-Orient arrive aussi en Chine qu'ils en oublient de prendre en compte l'état d'esprit qui prévaut chez les Chinois ordinaires.

Peut-être sont-ils déçus de l'absence d'un « élan révolutionnaire » en Chine ? Mais les Chinois savent eux qu'il n'y a aucune raison pour que la masse des gens participent à de tels évènements à l'appel de quelques messages anonymes lancés sur internet et des médias occidentaux.

Il faut être honnête et reconnaître que notre pays et notre Gouvernement ne sont pas parfaits. De nombreux services et responsables gouvernementaux sont souvent l'objet de critiques, tant de ma part que de celles d'autres personnes. Oui, nous les critiquons, et parfois même vertement, parce que nous croyons qu'une critique constructive apportera des solutions et conduira au progrès social. Ces critiques sont destinées à rendre notre pays meilleur.

Nous critiquons aussi le Gouvernement parce qu'il est sensible à nos critiques, même si parfois les réponses semblent plutôt lentes. Par exemple, les programmes de logements abordables destinés à réagir face à un marché immobilier chauffé à blanc, bien qu'ils semblent arriver un peu tard pour certains d'entre nous, sont néanmoins une initiative bienvenue pour lutter contre la spéculation immobilière.

Une autre réponse positive est arrivée juste avant la convention de la Quatrième Session du 11e Congrès National Populaire, quand le Ministère de la Sécurité Publique a publié une directive enjoignant à la police de ne pas intervenir dans les démolitions d'immeubles et les réquisitions de terrains. Il a dit clairement que ce genre d'interventions outrepassait ses devoirs. Et bien que cette réponse soit arrivée après un certain nombre de tragédies dans laquelle la police a été impliquée, cela reste tout de même un signe encourageant.

Il est tout aussi encourageant que la direction du Parti ait mis l'accent sur l'importance de rééquilibrer la croissance économique et l'équité sociale, et demandé à ce que la majorité de la population bénéficie du développement du pays. Cela se démarque de la tendance ancienne à se concentrer sur la croissance du pays au détriment du niveau de vie des citoyens, et c'est aussi une réponse aux soucis des gens ordinaires.

Nos législateurs sont actuellement réunis pour examiner les grandes lignes du développement de notre pays pour les cinq ans qui viennent. Même si les décisions finales ne pourront satisfaire tout le monde, je pense toutefois qu'elles bénéficieront à la plus grande partie des Chinois.

Mais aucune de ces politiques ou propositions ne saurait être réalisée si le chaos régnait dans le pays.

Je ne suis pas pour autant un tenant de la stabilité sociale absolue, car je crois que les contradictions et l'injustice sociale sont inévitables tant qu'il existe des intérêts divergents et que la société va de l'avant. Il n'en reste pas moins que descendre dans la rue ne saurait être la solution aux problèmes de la nation et qu'on ne pourra jamais construire l'équité sociale par le biais de troubles sociaux.

De fait, les gens de ma génération ont connu en Chine un chaos bien pire que ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient. C'était pendant la « Révolution Culturelle » (1966-1976), quand de nombreux services gouvernementaux se sont effondrés et que des responsables ont été pourchassés. Peu des Chinois qui ont connu cette période seraient ravis de voir ce genre d'évènements survenir à nouveau.

Même si je ne suis pas un investisseur avisé, je sais tout de même que je ne peux pas engager mon avenir sur la simple base de sources anonymes sans aucune fiabilité, tout cela pour le seul plaisir de ceux qui n'en supporteraient d'ailleurs pas les conséquences.

C'est pourquoi mon amie d'enfance et moi-même, ainsi que beaucoup d'autres Chinois comme nous, n'approuvons pas ce que certaines personnes des médias occidentaux sont allés jusqu'à faire.

L'auteur, Xiong Lei, est professeur invité de journalisme à l'Université Renmin de Chine.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Les médias et certains milieux occidentaux sont friands de ce genre de troubles...en Chine...
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le PM chinois rencontre le ministre des Affaires étrangères de la République de Corée
Les investissements chinois directs sont bienvenus aux Etats-Unis
Venez voir par vous-même ce qu'est le vrai Tibet
Où en est la situation chinoise de contrôle du tabac?
Les attaques contre la Libye cachent des raisons politiques derrière
Les attaques sur la Libye pourraient conduire à l'anarchie
Pourquoi la France s'est-elle portée à l'avant-garde contre Kadhafi ?