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Français>>Vie SocialeMise à jour 13.05.2011 14h18
Des innovations qui peuvent assurer la sécurité alimentaire

Les agriculteurs et les consommateurs chinois ressentent l'impact de la fluctuation des prix de l'alimentation. Mais au lieu de s'appuyer sur un petit nombre de types de récoltes, les agriculteurs chinois devraient plutôt diversifier leurs cultures. Et les décideurs politiques et gouvernements provinciaux devraient porter leurs efforts sur le renforcement des marchés locaux pour garantir aux agriculteurs qu'ils pourront vendre leurs produits afin d'obtenir suffisamment de revenus pour assurer leur existence.

70% de l'alimentation mondiale repose sur trois céréales seulement, le maïs, le blé et le riz. Et 80% de notre alimentation végétale vient de douze espèces de plantes seulement, huit céréales et quatre tubercules. Avec les fluctuations du marché, le changement climatique qui s'installe et la population du monde qui continue à augmenter, nous devons trouver une recette nous permettant d'accroitre notre résistance à ces chocs.

L'augmentation du prix du blé a des incidences sur le prix des autres céréales, des produits laitiers et de la viande, en Chine comme dans le reste du monde. Les conditions climatiques extrêmes que nous avons connu ces dernières années –neige excessive, sécheresses et inondations- ont été les pires depuis des générations et ont affecté les récoltes des agriculteurs en Chine, ainsi que dans d'autres pays de la région. Cela a eu pour conséquence de faire augmenter fortement le prix des nouilles, de l'huile de cuisine et d'autres produits alimentaires.

Certains fabricants de produits alimentaires qui ne produisaient auparavant essentiellement que des nouilles instantanées fabriquent à présent une variété de nouveaux produits afin d'assurer leurs bénéfices dans un contexte de prix élevé du blé, cela afin d'éviter d'être affectés par un facteur unique.

Dans le monde, l'agriculture dépend fortement d'une petite poignée de récoltes de base. Cela rend notre approvisionnement alimentaire vulnérable aux chocs, comme par exemple la sécheresse actuelle dans le grenier à blé de la Chine, la Province du Shandong, la pire depuis quarante ans. Les agriculteurs chinois devraient plutôt planter une variété plus large de récoltes, afin de construire un système alimentaire plus résistant.

Si toutes les cultures sont vulnérables aux risques, les chercheurs ont aussi découvert que les légumes ont tendance à être plus sûrs que les cultures de base, parce qu'ils ont des cycles plus courts, poussent plus vite et demandent moins d'espace. Les végétaux indigènes sont particulièrement solides, car ils sont plus résistants aux nuisibles et aux maladies que les autres plantes. Ils ont aussi moins besoin d'irrigation et de produits chimiques onéreux, ce qui permet aux agriculteurs travaillant sur une petite échelle de faire des économies.

En Chine, la récente baisse du prix des légumes a également atteint les agriculteurs. La chute du prix du chou chinois, du céleri et d'une dizaine d'autres légumes les a contraint à utiliser leurs stocks de légumes en train de pourrir comme fertilisant organique ou comme nourriture pour les animaux. D'après les experts, c'est le résultat d'un accroissement de la production, d'un intérêt centré sur un petit nombre de légumes et d'un temps inhabituellement ensoleillé pour la saison. D'après les chercheurs à l'Institut d'économie de l'Académie des Sciences Sociales du Shandong, les agriculteurs ont planté davantage de chou à cause d'une augmentation de la demande l'année dernière en Corée du Sud, où le mauvais temps avait détruit les récoltes.

Il y a un certain nombre de leçons à tirer de cela. Les agriculteurs travaillant sur une petite échelle doivent diversifier les cultures qu'ils exploitent afin de se protéger eux-mêmes contre les fluctuations du marché et les pertes de récoltes liées au climat. Relier plus directement les agriculteurs aux marchés locaux et encourager la consommation locale permettra d'assurer que la demande suit l'offre. Au Shandong, où les agriculteurs ont souffert de la chute des prix, le Gouvernement local a incité les supermarchés et les cantines des écoles à acheter les légumes localement. De plus, rendre les informations sur la météo et le marché plus accessibles à ces petits agriculteurs peut les aider à mieux s'organiser et à décider quelles récoltes cultiver.

Certains groupes de recherche ont déjà commencé à améliorer les cultures locales et à les render abordables pour les agriculteurs. Le Centre Mondial des Légumes, par exemple, cultive des variétés améliorées de légumes indigènes pour accroitre leur résistance et leur durée de vie sur les étalages. Bien que les légumes soient déjà une source importante de vitamines et de nutriments, comme la vitamine A et le fer, des semences de meilleure qualité veulent aussi dire un goût meilleur et une alimentation plus appréciée par les consommateurs.

Dans le cadre du projet Nourrir la Planète de l'Institut Worldwatch, des chercheurs ont parcouru l'Afrique sub-saharienne et l'Inde pour y trouver des solutions écologiquement durables à la faim et à la pauvreté. Les résultats de ces recherches, dont des innovations dans la culture de plantes indigènes, ont été publiés dans un rapport intitulé « Etat du monde 2011 : des innovations qui nourrissent la planète ».

Les plantes indigènes ont été largement négligés par les chercheurs en agriculture et les investisseurs, en dépit de leur consommation très répandue. Mais des organisations comme Slow Fodd International sont en train de réveiller l'intérêt pour des régimes alimentaires diversifiés basés sur des aliments locaux, et à apprendre aux consommateurs comment en cuisiner les différentes variétés.

Des efforts innovants comme ceux-ci peuvent être accentués et dupliqués dans le monde entier pour construire un système agricole plus sûr et assurer une résitance aux fluctuations des prix de l'alimentation, pour les consommateurs comme pour les agriculteurs.

L'auteur est co-directeur de projet pour le projet Nourrir la Planète, de l'Institut Worldwatch, un institut de recherche indépendant américain, et auteur du rapport « Etat du monde 2011 : des innovations qui nourrissent la planète », récemment publié.





Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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