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Français>>Vie SocialeMise à jour 22.07.2011 13h47
La liberté des filles du Tibet

Si je n'étais pas à Washington, j'aimerais être au Tibet cette semaine alors que la Région Autonome célèbre le 60e anniversaire de sa libération pacifique

Entre 1999 et 2001, j'ai passé deux mois au Tibet à m'entretenir avec des gens de la région, et en particulier des femmes. Médecins, avocates, fonctionnaires, agricultrices ou nonnes, elles ont toutes partagé les histoires de leur vie avec moi et m'ont raconté leurs souhaits et leurs défis.

Je me souviens avoir rencontré un groupe d'agricultrices à Xigaze en 1999. Elles discutaient de la façon d'augmenter leurs revenus en fabricant de l'alcool à partir de l'orge.

J'ai eu aussi la chance de discuter avec Cangmqiong, une fonctionnaire locale responsables des affaires féminines à Xigaze. Cadette d'une famille de sept ou huit enfants, son nom signifiait « née de la mauvaise herbe ». Elle avait eu une vie difficile, mais avait fait de son mieux pour garantir que les femmes aient les mêmes droits que les hommes.

Durant deux voyages au Tibet, j'ai visité et revisité un petit couvent perdu dans les montagnes près du Monastère de Palkor, dans le Comté de Gyangze. Les nonnes de ce couvent passaient de nombreuses heures à planter des arbres. La mère supérieure m'avait raconté que quand elles avaient commencé à construire le couvent au milieu des années 1990, la zone située autour était pour ainsi dire désertique. Quand j'y suis retournée pour la deuxième fois en 2001, les jeunes arbres entouraient le couvent.

J'aurais aimé être à Lhasa, Xigaze, Lhoka et Nyningchi cette semaine, pour savoir comment se porte cette affaire d'alcool d'orge, si les arbres offrent désormais de l'ombre aux nonnes, et à quels nouveaux défis fait face Cangmqiong.

Mais s'il me faudra attendre encore quelques années pour raconter la suite, mon amie Lu Xiaofei, rédactrice en chef du journal Femmes de Chine, et ses collègues ont contribué à combler ce vide en publiant un nouveau livre, « Filles du Tibet ».

Dans leur livre, 57 Tibétaines, allant des adolescentes jusqu'aux nonagénaires, ont raconté les histoires de leurs vies, de leurs carrières et de leurs aspirations.

Celles qui ont plus de 70 ans, qu'elles soient nées aristocrates ou serves, se souviennent toutes des jours où les Tibétaines étaient interdites de nombreuses manifestations sociales ou religieuses.

La plus âgée de ces femmes est Ngapoi Cidandroga, dont le mari Ngapoi Ngawang Jigme avait été nommé par le Dalai Lama pour négocier la libération pacifique du Tibet avec le Gouvernement Central Populaire. Elle se souvient que, selon la loi tibétaine, les femmes n'avaient aucun droit de discuter des affaires publiques. A cette époque, plus de 95% des Tibétaines étaient illettrées.

Les filles de serfs étaient celles qui avaient la vie la plus dure. Elles étaient nées esclaves, et il n'était pas rare d'échanger alors une femme contre une longueur de corde. Et même mariées, leur propriétaire pouvait encore les séparer de leur mari et de leurs enfants selon son bon vouloir.

Basang, qui a maintenant 74 ans, se souvient s'être échappée de chez son maître après avoir été battue comme plâtre alors qu'elle avait 19 ans. Plus tard, elle est entrée à l'école et est devenue une des femmes les plus importantes du Gouvernement de la Région Autonome.

Les femmes âgées d'une quarantaine ou d'une cinquantaine d'années ont elles raconté comment elles sont parties du niveau le plus modeste pour devenir qui la première avocate tibétaine, qui la première juge tibétaine, qui enfin la première météorologue tibétaine titulaire d'un doctorat.

A présent, certaines gèrent leur propre entreprise, comme une usine de tapis ou un hôtel fréquenté par les routards du monde entier. D'autres se sont fait un nom en devenant médecins, enseignantes, écrivains, peintres, danseuses ou chanteuses. D'autres travaillent toujours comme responsables de comtés, aidant les gens de là bas à améliorer leur vie.

La vie n'a été facile pour aucune des femmes de ce livre. Chacune d'entre elles a connu des hauts et des bas, et nombre d'entre elles ont dû faire des sacrifices.

Collectivement, cependant, elles sont l'illustration du chemin que les Tibétaines ont fait pour obtenir le succès, la liberté, l'égalité et la dignité. Et ensemble, elles sont le reflet de la marche de la région vers la modernisation.

Comme le dit fort justement mon amie Lu dans la préface, « maintenant, elles portent la moitié du ciel sur le toit du monde ».

L'auteur, Li Xing, est rédactrice en chef assistante au China Daily et son correspondant en chef aux Etats-Unis.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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