Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>Vie SocialeMise à jour 25.11.2011 13h05
Routes chinoises : à quand la fin du massacre ?

Massacre... le terme est peut-être fort, mais il est hélas approprié, je le crains. On parle souvent de la Chine dans la presse étrangère, en bien ou en mal, mais ce qui s'est passé la semaine dernière dans le Gansu a véritablement glacé d'effroi le monde entier. Et il y a de quoi : presqu'une vingtaine de morts dans un accident de la route, et presque tous des jeunes enfants, c'est une nouvelle atroce qu'on aimerait ne jamais avoir vu. Ce n'est un secret pour personne, les routes chinoises sont dangereuses, et on en a ici une nouvelle preuve, dont on se serait bien passé. Depuis cette tragédie, tout a été dit ou presque, le responsable du jardin d'enfants a été arrêté, on a souligné une fois encore les nombreux problèmes que cela révèle : manque de moyens, imprudence, irresponsabilité, un cocktail détonnant qui ne pouvait qu'aboutir à ce genre de résultat terrible. Et combien de personnes sont encore mortes sur les routes du pays depuis cette date funeste ? Nul ne le sait, mais il ne fait aucun doute que ce macabre jeu de massacre continue jour après jour. Hélas, les mesures que le Gouvernement chinois a prises l'année dernière, heureuse initiative d'ailleurs, ne semblent pas encore suffire, même si elles ont sans nul doute eu quelques résultats.

Il y a un fait certain, et il faudra bien s'y attaquer avec encore plus de résolution, et au plus vite : alors que dans les pays développés, le nombre des victimes, de toute façon encore bien trop nombreuses, ne cesse de baisser, il y a de plus en plus de véhicules sur les routes chinoises, et, mécaniquement, de plus en plus de victimes... Pourquoi ? Je ne prétends pas avoir la science infuse, loin de là, mais j'ai bien ma petite idée. Les routes et rues de Beijing, je peux dire que je les connais bien. Pensez donc, depuis que j'habite dans cette ville, c'est à dire depuis quatre ans bientôt, j'ai parcouru la ville en long, en large et en travers, en bus, en voiture conduite par des amis, et avec mon propre scooter, au guidon duquel j'ai dû faire près de 30 000 kilomètres, soit presque deux fois un aller-retour Paris-Beijing en avion, c'est dire... autant vous dire que j'ai tout vu ou presque, des vertes et des pas mûres, si vous voulez bien me passer l'expression. Excès de vitesse, déboîtements intempestifs, feux rouges grillés avec allégresse, rues prises à contresens, téléphone au volant, ceinture de sécurité aux abonnés absents, etc, etc. La liste pourrait être longue... vous me direz que ce genre de comportements existe partout, même en France, et je me garderai bien de vous contredire, car c'est la triste vérité. Oui, mais voilà... en Chine, ce type de comportements me semble nettement plus fréquent. Il y a sans doute un manque de respect, je dirais presque un manque d'éducation, et probablement aussi une formation insuffisante et un manque d'expérience pour beaucoup. Peut-être est-ce aussi un effet pervers de l'urbanisation qui voit de nombreuses personnes des campagnes venir en ville, un endroit qui a ses codes, mais que ces personnes soit ne connaissent pas, soit dont elles ne tiennent pas compte. Mais il y a aussi, fort heureusement, de nombreux Chinois qui conduisent très bien, qui sont prudents et respectueux. Et ceux-là sont aussi effrayés que moi par ce qu'ils voient.

De fait, mon scooter, je l'utilise de moins en moins, car il faut bien dire qu'à Beijing, aujourd'hui, il faut vraiment serrer les fesses quand on est sur un deux-roues, motorisé ou non... c'est chaque jour plus dangereux, sans compter que nombre de conducteurs de deux-roues sont aussi indisciplinés et peu respectueux des règles du code de la route que leurs homologues en voiture. Enfin, au moins, être renversé par un vélo est tout de même nettement moins dangereux, c'est l'évidence... donc, maintenant je prends le bus, et de cette plateforme qui domine la circulation, comme mon trajet est plutôt long, je regarde... et franchement, il y a de quoi rester sur les fesses, comme on dit un peu familièrement. En France, la ceinture de sécurité est obligatoire, devant comme derrière. Oubliez de la boucler, et si la gendarmerie vous prend, vous y réfléchirez à deux fois avant de l'« oublier » la fois suivante, vous pouvez me croire... Ici, c'est à se demander si elle existe... je passe aussi sur le nombre incalculable de personnes qui téléphonent en conduisant. C'est bien interdit, mais tant qu'il n'y a pas l'ombre d'un policier à l'horizon, tout le monde ou presque s'en moque. Vous qui conduisez, et qui parfois faites ce geste, oserez-vous me dire droit dans les yeux que vous êtes aussi concentrés que quand vous roulez sans téléphoner ? Le pire étant, et ça arrive plus souvent que vous ne pouvez l'imaginer, de voir des inconscients porter un enfant en bas âge dans leurs bras, et le tout bien sûr sans ceinture, à la place avant située à côté du conducteur. Vous savez, celle qu'on appelle en France, un peu méchamment et non sans raisons, la « place du mort » ? C'est effrayant... cela témoigne une nouvelle fois d'un manque de respect, d'un mépris de la vie des autres, y compris de ceux qui leur sont chers. Je pourrais aussi citer ces conducteurs qui n'hésitent pas à utiliser un CD pour masquer les derniers chiffres de leur plaque, roulant ainsi sans tenir compte des restrictions de circulation, ni même éventuellement du code de la route, puisque leur numéro ne peut être identifié par les radars. Tout un symbole. Et je crois qu'en Chine, le vrai problème est là, pas ailleurs. Celui de la responsabilité, du respect des autres, de leurs biens, mais aussi et surtout de leur vie.


[1] [2]

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Merci pour cette tribune très intéressante. Je voulais préciser que le nom de la capitale ...
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Les ministres de la Défense de la Chine et du Ghana souhaitent renforcer les liens militaires entre les deux pays
Nouvelles principales du 25 novembre
Routes chinoises : à quand la fin du massacre ?
L'entrée de la Chine à l'OMC il y a dix ans fut une decision juste
La liste des écrivains riches ne cache pas la vie modeste d'écrivains en Chine