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Français>>Vie SocialeMise à jour 29.06.2012 16h03
Greffe de cornée : les banques chinoises des yeux confrontées à une pénurie

Pour beaucoup de Chinois, l'idée du don de cornée, comme celle du don d'organes en général, les rend encore mal à l'aise. Dans ce pays où les moeurs traditionnelles exercent toujours une forte influence, on préfère garder un corps intact pour entrer dans l'au-delà.

"La Chine compte une vingtaine de banques des yeux, mais elles sont presque vides", a révélé Chen Jiaqi, fondateur de la Banque chinoise des yeux et directeur du service d'ophtalmologie de l'Université de Zhongshan, à Guangzhou, dans la province du Guangdong. "C'est comme si chacun avait besoin de retirer de l'argent à la banque, mais que personne n'y faisait de dépôts", a-t-il ajouté.

Pour recevoir une greffe de cornée, l'attente peut se compter en années. Dans ce prestigieux hôpital du sud de la Chine, près de 400 greffes de cornée ont été réalisées l'année dernière, alors que l'on dénombre deux à trois mille demandeurs dans la province. Une vingtaine de patients sont en attente urgente d'une greffe et doivent se faire opérer sous deux semaines. Dès que les greffons arrivent, ils sont immédiatement utilisés. Seuls les patients souffrant de blessures chimiques ou de brûlures passent en priorité.

La province du Guangdong n'est pas la seule à connaître une pénurie de greffons. Selon les estimations de Chen Jiaqi, il faudrait réaliser chaque année au moins 300 000 à 400 000 greffes à l'échelle nationale pour satisfaire la demande, mais on ne compte qu'environ 5 000 greffes par an.

La greffe de cornée est l'une des plus simples à réaliser et celle qui donne les meilleurs résultats, avec de très faibles risques de rejet. De plus, la Chine ne manque pas de bons ophtalmologues. Pour Chen Jiaqi, âgé aujourd'hui de 72 ans et qui a fêté l'année dernière ses 50 ans de carrière dans l'ophtalmologie, la tradition reste un obstacle important aux dons. Il faut remédier à cet état de fait, ajoute-t-il.

"A l'heure actuelle, on est en mesure de laisser les yeux d'un donneur en place en ne prélevant que ses cornées. On peut ensuite remplacer ces tissus de telle manière qu'il est impossible de voir la différence à l'oeil nu."

Pour Chen Jiaqi, cette pratique permet de prendre en compte les sentiments de la famille des donneurs. Il espère que ceci encouragera davantage de personnes à faire un choix altruiste.

Il conseille de tirer un enseignement des bonnes pratiques d'autres pays. Selon lui, honorer la mémoire des donneurs témoigne non seulement de l'appréciation du don, mais encourage également cette pratique.

Cependant, Chen Jiaqi note que la Chine ne manque pas seulement de dons de cornées, mais aussi de normes nationales précises concernant ces dons et leur utilisation. Comme la banque des yeux du Guangdong, les banques d'autres provinces possèdent leurs propres procédures et règlements régissant les dons. Des efforts sont également nécessaires pour partager les ressources et mettre en place un réseau entre les banques.

Chen Jiaqi, qui a bien entendu déjà rempli sa carte de donneur, explique qu'il aimerait "élargir à l'avenir l'ampleur de la banque pour prélever au moins deux à trois mille cornées par an au Guangdong". Pour atteindre ce but, il y a encore beaucoup à faire.

Source: xinhua

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