Plusieurs fêtes traditionnelles chinoises tirent leur origine dans les activités
agrcioles. Du temps ancien, quand les cultivateurs ont rentré la recolte abondante,
ils ont organisé des réjouissances publiques. Lors des désastres
naturels, ils ont fait des sacrifices au Dieu et aux ancêtres pour obtenir leur
bonne grace. Les variations saisionnières du climat, telles que la floraison
printanière et la vive clarté de la lune en automne, leur soulevent aussi le
désir d'avoir de beaux jours. Les activités de ce genre se faisaient fréquentes
pour devenir des rites finalement. La Fête du Printemps est la plus grande célébration
de ce genre en Chine.
A ce que l'on sait, elle était à l'origine un sacrifice que l'on faisait
en hiver dans la société primitive. Entre la fin de l'hiver et le début
du printemps, le clan a tenu une grande réunion, où les participants ont
apporté des produits de chasse, de peche et de terre. Ils sacrifiaient ces aliments
en remerciement du Dieu, puis des ancêtres, pour la bénédication
accordée à la nature (montagnes, fleuves, soleil, lune et étoiles).
Après la cérémonie, ils partageaient les offrandes, tout en dansant
et chantant à satiété.
La célébration n'était pas régulière au début.
Elle est devenue plus tard la coutume à la fin de chaque hiver. Au fil des années,
on la fixait entre les derniers jours de l'année courante et les premiers jours de
l'année suivante. Après l'effrondrement de la société
primitive, le sacrifice a changé de forme et de contenu. Il est devenu en fin de
compte une fête saluant le départ de l'année passée et la venue
du nouvel an. D'ou vient le nom de la Fête du Printemps.
Les dates des fêtes traditionnelles chinoises sont déterminées
selon le calendrier lunaire. La Fête du Printemps donne le coup d'envoi du Nouvel An
Lunaire. Elle s'appelle aussi Guo Nian en chinois ( se tenir à l'écart du
monstre Nian).
Les légendes sont diverses au sujet de l'origine de Nian. La version la plus répandue
est que Nian était un animal féroce légendaire de l'époque
antique. Il avait le corp de taureau et la tête de lion. Se réfugiant dans
les profondeurs des montagnes, il dévorait de petits bêtes comme repas. Au
fort de l'hiver, faute de gibiers suffisants, il quittait son antre pour les villages du
voisinage, où il attrapait des animaux domestiques et voire des êtres
humains. De peur de sa férocité, les villageois ont fui le foyer. Longtemps
après, les gens se sont aperçu que Nian, bien que cruel, redoutait trois choses :
la couleur rouge, le feu vif et le bruit étourdissant. Ils ont trouvé ainsi
les moyens d'empêcher Nian d'entrer en village.
On a peint en rouge la porte de la maison et allumé le feu devant avant l'intrusion
de Nian. En outre, les villageois ont frappé des objets pour faire du bruit
assourdissant. Ainsi, la bête n'osait plus y pénétrer.
Cette tactique est devenue après la tradition, qui continue d'année en année.
Plus tard, les gens ont trouvé que le bambou, une fois brûlé, produit un son
d'explosion. Au fil des annees, le bambou brûlé faisait place au pétard.
C'est conformément à cette tradition que les Chinois d'aujourd'hui font
éclater toujours des pétards pendant la Fête du Printemps.
Le déjeuner du premier jour du Nouvel An lunaire est très important. Mais
le repas diffère selon les régions. Les nordistes prennent le Jiaozi, un
ravioli en forme de croissant de lune. On dit que cet aliment date de 1600 ans en Chine.
Son nom signifie la conjonction de la fin du jour et du commencement d'un autre, autrement
dit le minuit. Selon les archives, la population d'époque, qu'elle habitait dans le
nord ou le sud, se nourrissait du ravioli le Jour du Nouvel An lunaire. Progressivement,
les sudistes ont choisi d'autres aliments comme repas du Nouvel An, parce que la region méridionale
abondait en riz.
En plus du ravioli, on mange aussi la nouille, Niangao (gateau de riz glutineux) et
Tangyuan (boulette de riz glutineux farcie) comme repas courant de la fete. La nouille
symbolise en Chine la longévite, tandis aue Niangao (traduction litterale : année
élevée) signifie l'élévation du niveau de vie d'année
en année. L'aliment Tangyuan est le symbole de la grande reunion familiale.
L'échange de visites à domicile constitue une activité sociale
importante durant la Fête du Printemps. Il remonte au temps féodal où
les mandarins devaient se rendre à la cour imperiale pour adresser leur voeu
à l'empereur. Aujourd'hui, ce genre de visite se popularise entre proches et entre
amis. Il s'effectue tout au long de la fête qui dure plusieurs jours.
A partir du 10ème siècle, sous la dynastie des Song, les Chinois se sont
donné mutuellement des cartes de voeu pendant la Fête du Printemps. Cette
courtoisie se limitait au debut aux hommes de haut statut. Elle témoignait de la
situation sociale de l'expéditeur de cartes. C'est sous la dynastie des Ming,
c'est-a-dire trois cent ans plus tard, que cette pratique s'est propagée parmi les
simples gens. Elle se poursuit encore de nos jours.
Le spectacle de fête est varié et coloré. La danse du lion et la danse
du dragon sont executées traditionnellement tout au long du festival. Elles ne sont
pas inteprêtées uniquement par les professionnels, mais aussi par des
paysans, marchands ambulants et artisans.
La marche sur l'échasse est aussi une manifestation très populaire,
notamment dans le nord du pays. Découlant de la cueillete de fruits aux hauts
arbres à l'aide de cet outil, elle a été transformée plus tard
en danse floklorique. Les danseurs montés sur des échasses executent
aujourd'hui des acrobaties très difficiles, voire jouent des opéras.
Durant la fête se sont organisées aussi de grandes foires. Vous y assisterez
à ce spectacle varié et pourrez même essayer de marcher sur l'échasse
ou d'exécuter la danse du dragon ou celle du lion.
Ces festivités traditionnelles sont bien concervées aujourd'hui dans les
regions rurales. En revanche, des citadins ont rompu avec ces traditions, à cause
de la cadence accélérée du mode de vie. Ils se telephonent le veou
seulement durant la fête, par exemple, au lieu de s'envoyer des cartes comme par le
passé. Le voyage touristique devient le gout des citadins au cours de la fête.
Par ailleurs, les pétards sont interdits dans les grandes métropoles
chinoises pour raison de sécurité.
Il semble de plus en plus difficile de maintenir ces traditions aujourd'hui. Il se peut
que nos descendants ne les connaitront que dans les manuels et les livres.
|