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ALLOCUTION PRONONCéE PAR MONSIEUR JACQUES CHIRAC
CHENGDU - CHINE
SAMEDI 9 OCTOBRE 2004
Monsieur le Vice-Président,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les dirigeants d'entreprises chinoises
et françaises,
Mesdames, Messieurs,
Il y a quelques mois, j'accueillais le Président HU Jintao
à Paris pour célébrer ensemble et avec éclat,
le quarantième anniversaire de l'établissement de
nos relations diplomatiques et aussi le lancement de l'Année
de la Chine en France. Jamais la tour Eiffel ne fut plus belle
qu'illuminée, drapée de ce rouge qui, dans toute
l'Asie, est symbole de chance, de bonheur et de prospérité.
Je suis à mon tour l'hôte de la Chine pour une visite
d'Etat destinée à approfondir notre partenariat
politique et stratégique, à conforter nos liens
culturels et scientifiques, à témoigner de la volonté
de la France et de ses entreprises d'être aux côtés
de la Chine au moment où celle-ci prend toute sa place,
qui est immense, sur la scène mondiale.
*
A Paris, le Président HU Jintao m'avait fait part de sa
volonté d'amplifier le développement notamment de
l'Ouest de la Chine. Répondant à cette ambition,
j'ai tenu à être le premier chef d'Etat français
à me rendre en visite officielle au Sichuan.
Et me voici, avec vous, dans ce pays de Shu dont Li Bai, «
l'Immortel banni », lui-même probablement et même
certainement originaire de cette terre, soulignait la rudesse
d'accès : « Dure est la route de Shu, plus dure encore
que la montée jusqu'au ciel azuré ».
Ce Sichuan protégé en effet par les montagnes, «
terre des 4 fleuves », ces fleuves nés des plus hauts
sommets du globe et qui viennent creuser et fertiliser cette superbe
province. Ces fleuves que le génie de l'homme chinois a
su, il y a 2000 ans, maîtriser et mettre au service de son
développement en déplaçant les montagnes
pour créer le système d'irrigation de Dujiangyan
qui est encore en service et qui est l'objet de l'admiration de
tous les spécialistes.
Ce Sichuan dont nous savons aujourd'hui, grâce aux extraordinaires
fouilles de la région de Chengdu, que s'y développait,
dès le deuxième millénaire avant J.C, une
prodigieuse civilisation qui n'avait probablement rien à
envier à celle de la plaine centrale.
Chengdu, cette « capitale parfaite » depuis des siècles
connue pour son art de vivre, sa gastronomie, ses jardins, pour
l'extraordinaire raffinement de sa civilisation qui lui valut,
dans l'histoire et depuis très longtemps, le nom de «
cité des hibiscus » ou de « ville des brocarts
», fameuse pour ses soieries.
Chengdu, à deux pas de cette extraordinaire image de la
civilisation chinoise qu'incarne l'homme sur son piédestal,
jailli des fouilles de Sanxing Dui, symbole de la beauté
antique qui nous offre, dans ses larges mains, le témoignage
disparu d'une civilisation oubliée.
Chengdu, une terre chère au c?ur de Du Fu, cet immense
poète qui « raconte sa vie à travers ses poèmes
», et qui aima s'y reposer dans sa vie d'errance et de misère.
Et je découvre le nouveau visage, la réalité
de cette province. Je suis frappé par son modernisme et
sa vitalité. Je n'oublie pas que la politique de réforme
économique a d'abord été expérimentée
ici, au Sichuan, à la fin des années 70, sous l'impulsion
d'un de ses illustres enfants, DENG Xiaoping. Et vous me permettrez
en cette année de célébration du centième
anniversaire de sa naissance, de rendre un hommage appuyé
à cette personnalité éminente, que j'ai bien
connu et qui ne manquait jamais une occasion de me vanter l'extraordinaire
qualité de la gastronomie du Sichuan. C'est ici qu'il a
commencé de donner corps à sa forte vision de l'avenir.
Le premier, il avait compris qu'il fallait libérer les
énergies, favoriser cet esprit d'entreprise qui marque
le caractère des habitants de ce très grand pays
et bâtir les infrastructures nécessaires à
une économie moderne.
Cette vision qui s'affirme désormais, dans la Chine entière,
sous le regard admiratif du monde. Admiratif des efforts et du
génie de tout un peuple. Admiration et confiance dont témoignent
aujourd'hui les investissements internationaux dont la Chine accueille
la part la plus importante. La Chine qui réalise désormais
quelque 6% des exportations mondiales, contre moins de 1% il y
a vingt ans. Et le monde est impressionné par ses percées
spectaculaires dans des secteurs de hautes technologies, comme
l'espace ou les télécommunications. La réussite
du premier vol spatial habité, la participation des entreprises
chinoises au programme européen Galiléo de navigation
par satellite et bientôt au programme de méga réacteur
de fusion, ITER, en sont des témoignages éclatants.
A ceux qui, en Europe et en France, s'interrogent sur les conséquences
d'un tel essor, je pense bien sûr à la crainte des
délocalisations, je dis que le développement de
la Chine est une chance pour notre propre croissance et pour nos
emplois. Et cette chance la France doit la saisir. Pour répondre
au risque de délocalisation, nous avons l'exigence, c'est
vrai, de nous mobiliser pour mieux aider les entreprises et soutenir
les emplois les plus exposés à la concurrence internationale.
C'est tout le sens des mesures qui viennent d'être prises
par le Gouvernement français.
Mais c'est aussi en allant à la conquête de nouveaux
marchés, en sachant saisir les opportunités qui
s'offrent à notre économie que nous accélérerons
les créations d'emplois en France et que nous ferons reculer
durablement le chômage.
La France est résolument engagée dans la bataille
de l'économie mondiale. Elle veut y gagner toute sa place,
en Chine, comme ailleurs. Elle a les capacités industrielles,
les technologies, les savoir-faire pour aller à la rencontre
du développement de la Chine et pour être son partenaire
de référence dans de nombreux domaines.
D'ores et déjà, la majorité des investissements
industriels français en Chine visent à satisfaire
les besoins d'un marché local en pleine expansion. Un marché
où chaque année, cinq millions de nouveaux véhicules
-notamment de conception française, grâce au développement
de Peugeot-Citroën et de Renault- parcourent ce qui est devenu
aujourd'hui le deuxième réseau autoroutier au monde.
Un marché où on compte voir se multiplier par sept
le nombre des véhicules en circulation dans les quinze
années qui viennent.
Un marché qui est déjà le plus important
au monde dans bien des domaines. Dans celui de la téléphonie
par exemple, où il se vend chaque mois quelque quatre millions
de portables ! Dans un tel contexte, l'intérêt de
la Chine, comme celui de la France, est de nouer des coopérations
exemplaires pour répondre aux besoins de la Chine et favoriser
la croissance des entreprises françaises.
Pour beaucoup de nos entreprises, comme Saint-Gobain, la Chine
devient un élément essentiel de leur politique de
développement dans toute la Région Asie-Pacifique.
Certaines d'entre elles ont d'ailleurs choisi la Chine pour installer
leur centre de direction régionale comme ALCATEL, qui est
également le premier constructeur chinois dans le domaine
des telecom avec sa filiale Shanghai BELL. D'autres, comme France
TELECOM, y développent des activités de recherche
et de développement pour la région. C'est évidemment,
là aussi, l'intérêt bien compris de la Chine,
comme de la France.
Au-delà du secteur industriel, le développement
du marché intérieur chinois ouvre également
de nouvelles perspectives à notre industrie des services,
celle du tourisme, celle des banques, celle des assurances. L'élévation
du niveau de vie en Chine offre des débouchés aux
grandes traditions de la France, l'industrie du luxe avec LVMH
par exemple, ou les cosmétiques, mais aussi l'agroalimentaire
et la grande distribution.
Dans le domaine globalisé où nous vivons, c'est
en étant conquérantes sur le marché chinois,
en faisant preuve d'audace et de ténacité, en créant
des partenariats équilibrés que les entreprises
françaises contribueront au développement de la
Chine, comme elles contribueront à la croissance et à
l'emploi en France.
Les conditions sont réunies pour un partenariat franco-chinois
d'exception. Les complémentarités sont évidentes,
la volonté existe, les réalisations déjà
immenses, mais il nous reste beaucoup à faire pour porter
nos relations économiques, industrielles et technologiques
au niveau de l'excellence de nos relations politiques.
*
Mesdames, Messieurs,
Depuis sept ans en effet, la Chine et la France ont posé
les pierres d'un partenariat global stratégique exemplaire.
Année après année, grâce au discernement
et à la volonté du Président Jiang Zemin,
puis avec le Président HU Jintao, qui a donné un
nouvel élan à notre partenariat, nous avons progressé
sur la voie de la confiance et du respect mutuel.
Notre partenariat se fonde d'abord sur une vision commune du monde.
Nous partageons cette conviction qu'à l'aube du nouveau
siècle, les grands pôles qui le composent, grands
pays comme la Chine ou grands ensembles comme l'Union européenne,
doivent instaurer des rapports harmonieux, pacifiques et équilibrés.
C'est cette voix, celle du multilatéralisme, que la Chine
et la France font entendre conjointement dans les enceintes où
s'organise et se construit le monde.
Ainsi, lors du dernier Sommet du G8, à SEA ISLAND, j'ai
souligné qu'il n'était plus possible aujourd'hui
d'évoquer les questions de gouvernance économique
mondiale sans les grandes voix des puissances émergentes,
en premier lieu celle de la Chine. C'est dans cet esprit que nous
avions organisé le dialogue élargi d'Evian.
Dans le prolongement de ce Sommet, le Président HU Jintao
nous a fait l'honneur et l'amitié de choisir la France
pour sa première visite d'état en Europe. A Paris,
nous avons signé une déclaration marquant notre
volonté commune de renforcer notre dialogue politique,
et de donner corps à une relation exceptionnelle dans les
domaines économique, industriel et scientifique.
L'accent a été mis à cette occasion sur notre
volonté d'établir un partenariat industriel dans
les secteurs structurants du développement économique
chinois, en particulier l'énergie, l'aéronautique
et les transports terrestres. C'est le sens de ma visite en Chine
que je commence aujourd'hui dans cette grande et belle ville de
Chengdu.
Dans ces secteurs essentiels pour une croissance respectueuse
du développement durable, les entreprises françaises
sont à la pointe du savoir et de l'innovation. Elles peuvent
se prévaloir de nombreuses expériences de véritables
transferts de compétences. C'est pourquoi la France est
pour la Chine, j'en suis convaincu, un partenaire naturel.
Ce soir et demain, nous aurons nos premiers entretiens avec le
Président HU Jintao. Nous évoquerons les moyens
de poursuivre la mise en ?uvre de ce grand dessein, au service
de la Chine, au service de la France, au service d'un développement
économique mondial plus équilibré et plus
respectueux des hommes.
L'énergie tout d'abord : pour faire face à une croissance
de la demande de plus de 15% par an, la Chine est amenée
à construire tous les six ans l'équivalent du parc
français de centrales électriques. Pour répondre
à ses besoins, sans aggraver les émissions de gaz
à effet de serre, la Chine a fait le choix d'intégrer
le nucléaire à ses solutions énergétiques.
C'est un choix de raison qui s'accompagne des exigences les plus
fortes en matière de sûreté des installations
ou de lutte contre la prolifération. Notre grande entreprise
nationale, EDF, est à cet égard une référence
indiscutée.
Les succès de notre coopération, engagée
il y a vingt ans lors de la construction des centrales de Daya
Bay et de Ling Ao dans le Guangdong, nous invitent à aller
plus loin ensemble et à nous projeter dans l'avenir. Je
pense ainsi au nécessaire passage à une nouvelle
génération de réacteurs. Avec l'EPR, déjà
acheté par la Finlande et bientôt lancé en
France, nous disposons du réacteur de nouvelle génération
le plus avancé et le plus sûr du monde.
Nos industriels et nos chercheurs de la filière nucléaire
sont prêts à nouer un véritable partenariat
industriel et scientifique avec la Chine sur la base de transferts
des technologies les plus avancées et la création
d'entreprises communes, comme celle mise en place entre AREVA/Framatome
et le groupe Dongfang basé à Chengdu.
Plus largement, la France dispose dans l'ensemble du secteur électrique
d'une offre de haut niveau technologique, particulièrement
concurrentielle, comme en témoignent l'accord qui vient
d'être conclu dans le domaine hydroélectrique par
Alstom, avec des entreprises de Harbin et avec Dongfang ou bien
les nombreux micro-projets que nous portons dans le domaine essentiel
de l'électrification rurale.
Dans l'aéronautique aussi, les perspectives sont immenses
et les coopérations nécessaires. Airbus -constructeur
européen- ne cesse de gagner, ici comme ailleurs, des parts
de marché. Le renforcement de sa présence dans l'aviation
civile chinoise ne peut que conduire à la montée
en puissance de notre coopération industrielle. Et plus
d'Airbus en Chine, c'est non seulement les meilleurs avions du
monde aux couleurs de la Chine, mais c'est également plus
d'emplois en Europe et en Chine. Et plus d'emplois en particulier
dans cette ville où est installée «Chengdu
Aircraft Corporation», important sous-traitant d'Airbus,
et où SNECMA assure la maintenance de près d'un
millier de ses moteurs.
Enfin, je crois au succès en Chine de l'A 380, avion conçu
pour rapprocher l'Asie de l'Europe et des Amériques. La
plupart des compagnies les plus prestigieuses de la région
Asie-Pacifique, déjà séduites, ont passé
commande de plusieurs dizaines d'exemplaires. Je ne doute pas
que les compagnies chinoises suivront leur exemple, notamment
dans la perspective des Jeux Olympiques de 2008 et de l'Exposition
universelle de 2010 qui attireront ici, des millions et des millions
de visiteurs. Pour répondre également à la
demande toujours plus importante du tourisme chinois vers l'Europe
et, je vous y invite en particulier, vers la France.
L'aéronautique, ce sont aussi les hélicoptères,
domaine où l'Europe est en tête. La prise de participation
de EUROCOPTER dans AVICHINA, un des plus importants constructeurs
aéronautiques chinois, traduit notre volonté d'approfondir
la relation établie de longue date avec la Chine dans ce
domaine.
Dans un pays à l'échelle d'un continent, le rapprochement
et la circulation des hommes sont essentiels à l'unité
et au développement du pays. Avec son réseau ferroviaire
unique en Europe et avec son TGV, la France dispose d'une expérience
inégalée. Au moment même où je vous
parle, sur le réseau en France, mais aussi en Allemagne,
au Royaume-Uni, en Belgique, en Italie, en Espagne, 645 TGV circulent,
dont 80% à plus de 300 km/heure. Depuis son lancement,
le TGV français a transporté l'équivalent
de la population chinoise. La réussite de sa technologie,
avec le KTX, le tgv sud-coréen démontre une fois
encore le savoir-faire des entreprises françaises dans
la transmission à un partenaire étranger des technologies
les plus pointues.
Après les choix de la Chine sur la Grande Vitesse, où
la France a été retenue comme l'un des partenaires,
avec Alstom et Changchun ; après l'accord conclu entre
Alstom et l'entreprise de Datong, nul doute que nos capacités
et notre expérience seront prises en compte car elles seront
et elles sont à la hauteur des attentes légitimes
de la Chine.
*
Au-delà de ces secteurs cruciaux, le développement
de l'économie chinoise est une chance formidable pour l'ensemble
de nos entreprises. Hautes technologies, sciences de la vie, télécommunications,
haute définition, génie civil, transports et logistique,
banque, assurances, hôtellerie, restauration : chacun dans
son secteur, les dirigeants des grandes entreprises qui me font
l'amitié de m'accompagner au cours de cette visite d'Etat
sont les représentants d'une économie française
diversifiée, porteuse d'avenir, riche de créations
d'emplois en Chine, comme en France.
Nombre d'entre elles ont déjà développé
des projets d'intérêt commun en Chine qui sont autant
de partenariats exemplaires. Je pense, par exemple, à celui
qui unit TCL, société chinoise d'envergure mondiale,
à deux des plus grands groupes de l'industrie française
de haute technologie, Thomson et Alcatel. Ensemble, ils vont donner
naissance, d'une part, au premier producteur mondial de postes
de télévision et, d'autre part, à un acteur
majeur de la téléphonie mondiale.
Et puis il y a un domaine essentiel. C'est celui du développement
durable. Préoccupation croissante de la Chine, soucieuse,
comme la France, de préserver la planète et ses
écosystèmes. La France a dans ce domaine les meilleures
entreprises et les meilleures technologies du monde. A cet égard,
je voudrais souligner le rôle joué par Veolia, installé
tout près d'ici et qui apporte dans cette région
les techniques de traitement des eaux les plus performantes. Comme
celui de SUEZ installée dans cette région du Grand
Ouest et dans bien d'autres régions de Chine. Je pense
également au développement des voitures propres
pour lequel MICHELIN a choisi la Chine pour être l'hôte
de son défi international et pour lequel notamment le groupe
DASSAULT s'est fortement engagé.
Plus de mille entreprises françaises sont déjà
présentes en Chine. Avec Wuhan, Pékin, Shanghai,
Canton et Hong Kong, Chengdu devient un pôle majeur de notre
implantation. L'ouverture prochaine par Air France d'une ligne
Paris-Chengdu en témoigne. Aux côtés d'autres
entreprises que j'ai déjà citées, des sociétés
aussi performantes et prestigieuses que SOFITEL, GROUPAMA, CARREFOUR
ou LAFARGE ont choisi de se développer ici. VINCI y a construit
une usine d'eau potable. Nos entreprises y trouvent un environnement
favorable, des marchés porteurs et des partenaires industriels
de grande qualité. Ce qui est vrai ici, l'est aussi dans
d'autres provinces de la Chine où des entreprises comme
SCHNEIDER, AIR LIQUIDE, THALES, EADS, TOTAL, la CNP, CMA-CGM,
SODEXHO ou les Laboratoires FABRE, d'autres encore concourent
à l'affirmation de l'économie chinoise, et témoignent
du poids des entreprises françaises sur la scène
mondiale.
Au c?ur de cette grande région agricole du Sichuan, je
voudrais mentionner enfin ce secteur de l'agriculture où
la France est, là aussi, leader en Europe, et on peut le
dire, dans le monde. Domaine, où là encore, nous
pouvons travailler davantage ensemble. Comme en témoigne
la reprise des achats de blé à la Chine à
la France.
*
Ce contexte particulièrement favorable nous invite à
approfondir nos relations de confiance, à instaurer entre
nous des règles de bonne pratique et de bonne concurrence
et à les respecter. La sécurité juridique,
le respect de la propriété intellectuelle, la lutte
contre la contrefaçon, demeurent plus que jamais les grands
axes de notre coopération, coopération d'entraide
judiciaire en matière civile et commerciale. Ils sont appelés
à se développer. La France apprécie les efforts
accrus de la Chine dans ces domaines. Le meilleur respect de ces
règles, comme de celles relatives à la législation
sociale et à l'environnement, contribuera à asseoir
l'image de la Chine comme puissance économique responsable
et comme très grand acteur de la marche du monde.
*
Mesdames, Messieurs,
Si, à l'instar de ce qui se passe ici, dans le Sichuan,
la coopération économique et commerciale entre la
Chine et la France s'est magnifiquement développée
au cours de la dernière décennie, ma conviction
est qu'il reste encore beaucoup à construire, au service
de nos deux pays et de nos deux peuples.
La vitalité de nos petites et moyennes entreprises, et
de nos petites et moyennes industries, est une clé de notre
développement en Chine. Parce qu'elles peuvent apporter
un supplément de force à notre partenariat franco-chinois,
parce qu'elles peuvent trouver ici les marchés et les partenaires
dont elles ont besoin, je souhaite qu'elles soient beaucoup plus
nombreuses à faire le pari de la Chine. Sur les 100.000
PME françaises qui exportent aujourd'hui dans le monde
entier, seulement 3500 sont présentes ici. C'est trop peu.
Je souhaite que, d'ici trois ans, nos PME soient deux fois plus
nombreuses à exporter et à se développer
en Chine.
Nos PME ont tous les atouts nécessaires pour réussir,
et notamment ici. En associant à ma visite quelques uns
de leurs dirigeants, souvent leaders dans leur domaine respectif,
j'ai voulu montrer à nos amis chinois que les PME françaises
sont souvent porteuses de technologies très avancées
et de savoir-faire industriels ou commerciaux qui n'ont rien à
envier à ceux des grands groupes mais aussi à ceux
de leurs concurrents étrangers.
J'entends que notre appareil diplomatique, notre dispositif d'appui
au commerce extérieur, nos organismes de soutien aux PME
mobilisent l'ensemble de leurs moyens pour atteindre nos objectifs.
D'ores et déjà, le nombre de salons et d'expositions
que nous avons organisés en Chine a augmenté de
moitié en 2004. En 2005, c'est près de 1000 PME
supplémentaires qui viendront à la rencontre du
marché chinois. Pour favoriser leur développement,
elles bénéficieront de mesures incitatives inscrites
à la loi de finances 2005, ainsi que du relèvement
important du plafond des engagements de la COFACE, relèvement
qui témoigne de la confiance de la France dans l'économie
de la Chine.
Les grands groupes français, dans le domaine de l'industrie
ou de la grande distribution, doivent également associer
beaucoup plus étroitement les PME à leurs projets
de développement en Chine. C'est un effort qui doit s'inscrire
dans la durée, car il a des effets positifs sur tout notre
tissu industriel, qui bénéficie ainsi de nombreux
emplois induits, comme sur l'économie chinoise qui bénéficie
de leurs savoir-faire.
Le vent de l'histoire favorise les investissements croisés,
notamment dans le domaine de l'industrie. J'invite donc aussi
les groupes industriels chinois qui cherchent à s'implanter
à l'extérieur, pour se rapprocher de leurs marchés
européens, à regarder la France, première
destination mondiale des investissements étrangers et qui
sait accueillir ses hôtes au mieux des intérêts
de tous. Ils y sont les bienvenus.
*
Mesdames, Messieurs,
La Chine et la France souhaitent aborder ce XXIe siècle
dans une logique de partenariat global, politique, économique,
industriel, culturel, scientifique.
Que la Chine retrouve le rang qui doit être le sien dans
l'économie mondiale ; qu'elle continue sur la voie des
réformes où elle s'est engagée : qu'elle
libère toujours plus la créativité de son
grand peuple et lui apporte le bien-être, sans que le progrès
n'oublie personne ; qu'elle soit chaque jour davantage une amie
et un partenaire, voilà les v?ux que la France forme, par
ma voix, pour la Chine.
Mesdames, Messieurs, je vous remercie.
(source: Présidence de la République de la France)
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