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Mise à jour 19:01(GMT+8), 12/12/2000
VIE SOCIALE  

La vie d'un neveu du dernier empereur de Chine

Dans le bureau d'un building gouvernemental, situé à 2 km du Palais impérial de la Cité interdite, Jin Yuzhang qui est l'aîné des neveux du dernier empereur de la dynastie des Qing (1644-1911), lit des documents gouvernementaux, tout en dégustant une tasse de thé chinois.

Le nom de famille des Jin était Aisin Giorro, nom de famille des empereurs et des princes de la dynastie des Qing. A présent, Jin Yuzhang est directeur adjoint du Comité des Affaires Ethniques de Beijing et de l'Arrondissement de Chongwen de Beijing qui compte 400 000 habitants.

Si cette dynastie n'avait pas été renversée lors de la Révolution de 1911, Jin aurait certainement eu une vie très différente de celle qu'il mène aujourd'hui. Il aurait pu devenir empereur, être l'un des princes et des nobles de la cour. Il aurait pu aussi habiter la Cité interdite ou un grand palais.

Jin, de stature un peu forte, porte un costume gris et ne met pas de cravate, il a des lunettes à monture noire. Quand il en a le temps, il marche dans les rues et disparaît volontiers dans la foule. "C'est une personne ordinaire", a dit Bo Yimin qui est son assistant dans le travail.

"Je suis aujourd'hui fonctionnaire et je poursuis mon idéal qui est de bien servir le peuple", a dit Jin.

Les ancêtres des Jin appartenaient à une tribu nomade appelée "Les Man" qui vivaient dans la Chine du Nord, et formaient une cavalerie courageuse au 17ème siècle. Ils balayèrent tout sur leur passage le long de leur route vers le sud et assiégèrent finalement Beijing qui était alors la capitale de la dynastie des Ming (1368-1644), et fondèrent la dynastie des Qing en 1644.

Les aristocrates Man gouvernèrent le pays avec compétence pendant les premières années de leur dynastie même si déjà bon nombre de gouverneurs des dynasties précédentes, avaient été impliqués dans des affaires de corruption et étaient tombés en décadence.

Parmi ces ancêtres, Jin Yuzhang respecte surtout deux empereurs de la dynastie des Qing, l'un est l'empereur Kangxi, l'autre est l'empereur Qianlong. Sous leurs règnes, la "société féodale chinoise connut sa plus grande prospérité", a fait remarquer Jin.

En 1909, Aisin Giorro Pu Yi, oncle de Jin qui n'avait que 3 ans à cette époque-là, monta sur le trône et devint le dernier empereur de la dernière dynastie impériale dans l'histoire de la Chine. Deux ans plus tard, une révolution bourgeoise éclata et renversa la domination des Man qui avait duré 268 ans.

Le père de Jin Yuzhang, Aisin Giorro Pu Ren, 4ème frère cadet du dernier empereur, est le seul frère encore vivant du dernier empereur.

En considérant la chute de la dynastie des Qing, Jin estime que la politique de fermeture a été fondamentalement destructive. "Le conservatisme fut la cause d'un état sous développé et rendit le pays vulnérable aux attaques des puissances étrangères", a affirmé Jin.

"Par ailleurs, la corruption qui ne cessa de croître, porta atteinte à la puissance nationale et les descendants valeureux de cavaliers, n'entreprenaient plus rien mais se contentèrent de mener une vie épicurienne", a ajouté Jin.

Certes, il y avait des nobles Man qui étaient conscients de la situation et se rendaient compte de l'importance d'évoluer et de suivre l'exemple des pays développés étrangers. Le prince Chun, grand-père de Jin, fut parmi les premiers nobles à s'habiller à la façon occidentale, et son palais fut parmi les résidences princières, la première à avoir une automobile et un téléphone.

"Pourtant, ces petites ouvertures et adaptations ne pouvaient pas sauver la dynastie corrompue de l'effondrement", a dit Jin, ajoutant que "n'importe quel membre de la famille qui serait devenu empereur, aurait de toute façon fini de régner avec la chute de la dynastie". L'histoire moderne de la Chine prouve que l'impérialisme est condamné à être aboli et qu'il ne sera jamais restauré, a continué Jin.

Du début du 20ème siècle à la fondation de la République populaire de Chine, les aînés des Jin connurent bien des tribulations causées par la décadence des Man.

"A cette époque-là, les Man étaient méprisés. Un grand nombre parmi eux, changèrent leurs noms de famille pour s'appeler Jin, Ai, Guan ou Zhao afin de survivre", a rappelé Jin.

Jin naquit en 1943 dans le palais de son grand-père qui fut exproprié par le nouveau gouvernement en 1949. Jin et sa famille déménagèrent dans une maison spacieuse selon l'arrangement du gouvernement. "C'est alors que je commençai à aller à l'école primaire, puis à l'école secondaire, tout comme les autres écoliers de mon âge, originaires de familles ordinaires de Beijing", a-t-il laissé entendre.

"Quand j'étais enfant, je rêvais d'être enseignant comme mon père", a dit Jin. Le père de Jin s'était mis à enseigner dans une école pour nourrir sa famille, il était très satisfait quand il était respectueusement appelé "professeur Jin".

Cependant son rêve ne devint pas réalité. Au lieu d'enseigner, il dut aller à l'Université de géologie de Beijing et fut envoyé comme ouvrier dans la province du nord-ouest du Qinghai après avoir fini ses études.

Jin ne revint à Beijing qu'en 1995 pour travailler comme technicien dans le Bureau de Protection de l'Environnement de l'arrondissement de Chongwen de Beijing. Depuis le début 1999, il cumule deux postes dans le gouvernement de l'arrondissement de Chongwen.

"Le fait que j'ai été envoyé loin de la capitale, n'avait aucun rapport avec mon origine impériale", a souligné Jin. A cette époque-là, c'était commun pour un grand nombre de personnes soi-disant "disgraciées" et leurs enfants, comme Jin et sa famille, d'être envoyées travailler dans des régions reculées.

"Nos jeunes ont répondu à l'appel du gouvernement et ils étaient prêts à partir travailler à la base", a déclaré Jin. "Nous étions payé 4 ou 5 fois plus qu'à Beijing, et le travail au Qinghai était moins ardu", a poursuivi Jin.

En 1974, quand il était encore technicien géologue, il revint à Beijing pour se marier avec une fille ordinaire d'origine Han.

"Selon la tradition impériale des Man, dans la période dynastique, il aurait été impensable pour un membre de la famille impériale d'épouser une personne d'origine Han'', a-t-il relevé.

Tout comme Jin, ses 2 frères cadets épousèrent également des filles ordinaires Han. "C'est la meilleure manière de montrer l'intégration des nationalités dans le pays", a-t-il noté.

La plupart des frères et soeurs de Jin sont engagés dans les sciences et l'ingénierie. "Ceci est dû à l'influence de mon père qui nous conseillait d'apprendre certaines techniques pour mieux servir le pays. Il espérait que nous ne devenions pas des prédateurs de la société comme les nobles dévoyés de la fin de la dynastie des Qing", a expliqué Jin.

Jin Yuquan, un des frères de Jin, est vice-président du Collège de l'Energie et de la Protection de l'Environnement de l'Université polytechnique de Beijing.

Sa fille de 24 ans, est son enfant unique. Son travail n'aurait pas pu être celui d'une "princesse" des Qing. Après des études d'informatique, elle travaille depuis 3 ans à Motorola China Electronics Co. Ltd qui est une des 500 plus grandes entreprises mondiales.

Tous les jours à la maison, Jin aime soigner son chat et ses plantes. S'il est libre, il aime aller voir l'Opéra de Beijing. Durant les vacances, il escalade des montagnes dans la banlieue ouest de Beijing avec son épouse et sa fille.

"Oui, je regarde également la télévision tous les jours et je vais parfois au cinéma. J'aime regarder les séries de télé-films et ceux consacrés à la dynastie des Qing. Ce sont deux univers bien différents, je me divertis en regardant les deux", a noté Jin.

Jin a commencé récemment à apprendre à utiliser l'ordinateur et l'Internet, et sa fille, diplômée de l'informatique, joue naturellement un rôle important pour aider son père.

Dans la Cité interdite, dont la construction débuta en 1406, se trouve le palais impérial des dynasties des Ming et des Qing. C'était également le lieu le plus sacré pour les membres de la famille d'Aisin Giorro, et à présent, c'est un musée qui accueille des centaines de milliers de visiteurs.

"Je suis allé le visiter seulement une fois dans les années 70 en accompagnant un de mes amis. Le ticket d'entrée ne coûtait alors que 0,1 yuan (0,01 dollars). "Je le considère toujours comme un "endroit pour moi, très loin dans le temps", a conclu ce neveu du dernier empereur.




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Dans le bureau d'un building gouvernemental, situé à 2 km du Palais impérial de la Cité interdite, Jin Yuzhang qui est l'aîné des neveux du dernier empereur de la dynastie des Qing (1644-1911), lit des documents gouvernementaux, tout en dégustant une tasse de thé chinois.

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