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La forte montée de la demande intérieure fait de la Chine une puissante locomotive de la croissance économique en Asie.
Par suite du ralentissement de la croissance économique à travers le monde, la demande internationale ne cesse d'évoluer à la baisse. Cependant, l'exportation des principaux pays d'Asie vers la Chine tend plutôt à augmenter.
Selon les données statistiques publiées tout récemment par l'Administration douanière chinoise, les principaux pays et territoires d'Asie, dont le Japon, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Corée du Sud, la Thaïlande et Hongkong, ont vu l'année passée leur volume d'exportation vers la Chine progresser à un rythme supérieur à 20%. Durant le premier semestre de l'année 2001, ces pays et territoires (exception faite de l'Indonésie) ont encore enregistré un accroissement de 10% dans leurs exportations vers la Chine, et l'exportation des Philippines vers la Chine a augmenté de 72%.
Beaucoup d'économistes chinois et étrangers estiment que la Chine offre un immense marché aux principaux pays asiatiques dotés d'une économie tournée à l'extérieur, et que l'accroissement continu de la demande intérieure et l'accélération de la croissance économique en Chine produisent un effet d'entraînement de plus en plus puissant sur le développement économique de toute l'Asie.
John Bond, président de l'Association internationale des sciences financières, a indiqué : "Disposant d'une forte demande intérieure, la Chine ne fléchit pas non plus facilement sous l'impact des retombées extérieures, et il est fort possible qu'elle se substitue sous peu au Japon comme locomotive de l'économie asiatique."
Ces derniers temps, sous l'effet du ralentissement de la croissance économique aux Etats-Unis, de la dépression de l'économie européenne et de la récession des affaires dans laquelle s'est enlisé le Japon, les pays d'Asie qui, à peine sortie de la crise financière de 1997, ont connu une fois de plus de graves difficultés, qui se sont traduites notamment par la dégringolade du taux de croissance.
Face au déclin de la demande extérieure, la Chine a poursuivi sa politique de réformes et adopté une série de mesures visant à activer la demande intérieure au moyen de la baisse des taux d'intérêts et de l'émission accrue d'emprunts publics. Comme résultat, non seulement l'économie chinoise a gardé toute sa vigueur, mais aussi contribué à revigorer la vie économique des pays et territoires voisins.
Le PIB de la Chine, qui a maintenu un taux d'augmentation moyen de 8,3% par an entre 1996 et 2000, a battu en chiffre absolu le record de 1000 milliards de US dollars en 2000, et l'on prévoit que son rythme de croissance se maintiendra au niveau de 8% durant la première moitié de l'année 2001.
Si l'on en croit Jiang Ruiping, professeur d'économie internationale de l'Institut de diplomatie de Beijing, l'économie chinoise qui s'est développée surtout sous l'effet d'entraînement de la demande intérieure, ne constitue en aucun cas une menace pour les pays voisins; bien au contraire, son développement ne peut être que profitable pour ces derniers.
En effet, la demande croissante du marché chinois exerce un effet d'entraînement diversifié sur l'économie de toute l'Asie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle de plus en plus nombreux sont les hommes d'affaires des pays d'Asie qui consacrent des investissements dans leur commerce d'exportation vers la Chine.
Durant les cinq dernières années, le montant des capitaux étrangers réellement introduits en Chine s'est élevé à 289,4 milliards de US dollars, sur ce chiffre, les trois quarts provenaient de l'Asie de l'Est ; et sur le montant des importations de la Chine en marchandises (un peu plus de 800 milliards de US dollars), une grosse moitié était d'origine asiatique.
Au début de cette année, dans son Rapport sur le programme de développement économique et de progrès social durant le 10e Plan quinquennal, le Premier ministre du Conseil des affaires d'Etat Zhu Rongji a réaffirmé la volonté du gouvernement chinois d'appliquer inébranlablement une politique visant à l'extension de la demande intérieure. En conséquence de quoi, la Commission d'Etat pour l'économie et le commerce a publié les chiffres indicateurs du 10e Plan quinquennal pour les différents secteurs d'activité. Nous citons ici celui de l'industrie automobile, dont la production devrait augmenter de 55% dans l'ensemble du pays. Durant les cinq années à venir, la Chine aura à importer des équipements, des technologies et des marchandises pour une valeur de 14 000 milliards de US dollars, ce qui signifie pour les autres pays asiatiques l'ouverture d'un énorme créneau porteur et l'apport d'une manne financière.
Beaucoup d'experts économiques ont anticipé que l'admission de la Chine à l'OMC (Organisation mondiale du commerce) offrirait de larges perspectives de développement à l'économie de toute l'Asie. La Banque mondiale a même indiqué dans une étude que, sous l'effet de cet événement, le volume des exportations du Japon et de Taiwan connaîtra une hausse de 100%, et celui des pays du Sud-Est asiatique, une hausse de 20%.
Selon l'avis de Lawrence Klein, lauréat du prix Nobel des sciences économiques en 1980, "il est grand temps de considérer la Chine comme le facteur le plus incitatif au développement économique en Asie".
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