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Les protestations anti-mondialisation font les dirigeants repenser au processus du G8
Les manifestations anti- mondialisation sans précédent qui ont eu lieu à Gênes, ville côtière italienne, ont fait les dirigeants du Groupe des Huit pays repenser au futur processus de ce qui est souvent considéré comme le "club des riches".
Dans les affrontements violents de vendredi entre les manifestants et la police, une jeune italienne a été tuée et au moins 184 personnes blessées au moment où les dirigeants du Groupe des Huit se réunissaient dans un palais de Renaissance.
Le meurtre par la police de cette jeune manifestante à Gênes et la violence croissante qui a tourmenté d'importantes réunions internationales au cours de ces deux dernières années, a souligné une nouvelle fois les préoccupations soulevées dans divers milieux sur la structure et le format du sommet du G8.
"Il est tragique, et même contradictoire de voir les grandes puissances du monde d'être incapables de garantir une réunion pacifique d'eux-mêmes", a affirmé le journal italien la Republica dans son éditorial à la une.
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi, hôte du sommet du G8 en cours, a dit aux autres dirigeants du G8 que "nous tentons d'aider les pays pauvres mais nous risquons d'être considérés comme huit personnes enfermées dans une tour d'ivoire".
Dans un commentaire sur le meurtre de la manifestante, le président de la Commission européenne Romano Prodi a dit que la distance entre ce qui s'est produit dans le building du sommet lourdement protégé et ce qui s'est produit en dehors dans la rue "est réellement un problème".
Il a fait écho aux préoccupations de M. Berlusconi, disant: " Nous avons réellement à commencer à penser au processus du sommet".
Le président italien Carlo Ciampi, en offrant un dîner en l'honneur des dirigeants du G8, a dit vendredi soir que le sommet du G8, qu'il juge à un moment crucial, doit ouvrir un nouvel horizon à tous les peuples pour leurs bénéfices et leur paix.
Le président français Jacques Chirac a suggéré que le sommet du G8 augmente et renforce le dialogue avec des groupes civiques.
M. Berlusconi a proposé qu'un mécanisme de dialogue avec des groupes civiques soit établi au prochain sommet du G8, qui se tiendra dans une ville canadienne.
"En conclusion, la réforme du processus de G8 est un problème pressant pour les chefs d'Etat et de gouvernement", a-t-il indiqué.
Les manifestants ont demandé une fin à la mondialisation sans contrôle, qui, selon eux, rend plus riches les pays nantis et plus pauvres les pays démunis, et une annulation immédiate et complète des dettes des pays en développement, notamment des pays les moins développés.
Les dirigeants du G8 ont affirmé que davantage d'échanges commerciaux constituent la meilleure voie du développement économique pour tous les pays, dont les pays pauvres.
Pour les dirigeants africains et un dirigeant asiatique qui sont invités au sommet du G8 pour discuter de l'allégement de la pauvreté et un fonds de santé global de plusieurs milliards de dollars, qui a été créé pour aider les pays en développement à combattre le sida, la tuberculose et la malaria et à sauver des millions de vies par an.
Mais les activistes ont dit que les riches pays occidentaux n'ont pas donné suffisamment pour aider les pays en développement et qu'ils doivent annuler totalement les dettes du Tiers monde.
Certains académiciens occidentaux ont suggéré que le Groupe des Huit incluse certains principaux pays en développement afin de corriger son image d'un "club des riches".
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