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La presse française stupéfiée après les attentats
La presse française de mercredi reflète toute l'ampleur de la stupeur et des interrogations dans lesquelles les attentats de New York et de Washington ont plongé le monde mardi. Les quotidiens n'hésitent pas à bouleverser leurs maquettes de Une et à accorder une place majeure à ces événements, développant questions et inquiétudes dans leurs éditoriaux.
« La Libération », dont une énorme photo de New York s'étale sur la première et la dernière page qui, exceptionnellement, ne font plus qu'une, ne consacre pas moins de 14 pages à l'événement. Mais la page de Une cultive la sobriété, car outre la photo immense, seule une date s'étale en caractères noirs: "11 septembre 2001".
« L'Humanité » a eu la même idée, laissant courir une photo de Manhattan en plein choc sur sa première et sa dernière page avec pour titre: "Effroyable". Le quotidien développe sur sept pages les événements du mardi noir des Etats-Unis.
Sous le titre "La nouvelle guerre", « Le Figaro » publie en pleine page de une la photo déjà historique d'un avion fonçant sur le World Trade Center. Aujourd'hui en France, titrant "Le monde a peur", réserve une vingtaine de pages à ces événements historiques.
« La Tribune » consacre la quasi-totalité de sa première page à l'événement ainsi que quatre autres pages, titrant "Frappés au coeur" et analysant plus particulièrement les retombées sur les marchés financiers et sur l'économie mondiale.
Jacques Amalric, qui signe l'éditorial de « La Libération », évoque "le coeur de la première place financière du monde transformé en paysage d'apocalypse hanté par des rescapés K.O debout."
Quant aux perspectives, il estime que "Le drame du 11 septembre 2001 annonce, n'en doutons pas, une inflexion radicale d'une politique 'bushienne' encore tentée, jusqu'à hier, par le néo-isolationnisme".
Pour l'éditorialiste de « Le Figaro », Jean de Belot, on est dans une "guerre totale". "La guerre totale, organisée, planifiée, qui, en quelques minutes à peine, démontre à la fois la folle détermination de l'ennemi, l'incroyable efficacité de ses moyens, et qui, dans le même temps, atteste à la face du monde l'extraordinaire fragilité de la première puissance, militaire, technologique, industrielle, de la planète".
Enfin dans « La Tribune », l'éditorialiste Philippe Mudry rappelle que l'Amérique "n'est plus un sanctuaire". Il se pose ainsi question sur question, jusqu'à se demander "quelles conséquences les décisions du président Bush auront sur l'équilibre des grands marchés mondiaux, à commencer par celui de l'énergie, directement concerné par le conflit au Proche-Orient, mais aussi sur d'autres grands dossiers économiques internationaux, comme ceux du commerce(...)".
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