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Centenaire d'André Malraux (1901-1976) : Il fut célèbre grâce à la Chine
André Malraux naquit le 3 novembre 1901 au pied e la Butte Montmartre, 53 rue Damrémont, 18è Arrondissement de Paris.
A l'extérieur de la maison, au 2è étage porte au mur une plaque sur laquelle sont écrits ces mots :
« Ici est né
André Malraux
Ecrivain
Ministre d'Etat 1959-1969
Fondateur du ministère
des Affaires culturelles »
Ces mots ont été notés sur mon carnet en juin 2000 quand j'ai réussi enfin à trouver la maison natale de Malraux grâce à l'indication d'un libraire très sympa à qui j'avais demandé des renseignements en feuilletant des livres.
«Presque tous les écrivains que je connais aiment leur enfance, je déteste la mienne », nous dit-il dès le début de ses « Antimémoires » derniers ouvrages parus en 1976, l'année de sa mort.
« J'ai amené à la Révolution, telle qu'on la concevait vers 1925, par le dégoût de la colonisation que j'ai connue en Indochine » (« La Corde et les souris »).
Mais, je sais grâce à « La Condition humaine » (Prix Goncourt 1933) qu'il fut célèbre et devint ensuite un grand homme de la France et un grand ami de la Chine.
Etudiant à l'école des langues et de la civilisation de l'Orient à Paris, il fut très attiré par l'Asie. Il fit dès les années vingt plusieurs séjours au Cambodge puis la Chine, jusqu'aux dernières années de sa vie, en Inde et au Japon.
Auteur de romans violents et fraternels qui témoignent de ses engagements politiques tels que «Les Conquérants» (1928), «La Condition humaine» (1933), «L'Espoir» (1937), Il prit part à la Résistance comme chef de maquis dans le Lot, en Dordogne et en Corrèze. La Brigade Alsace-Lorraine qu'il organisa en 1944 s'illustra notamment à Strasbourg en janvier 1945, face aux chars de Rundsted.
Passionné de longues date par les arts plastiques-son premier texte sur la peinture parut en 1922, il publia après la guerre de grands essais sur l'art, depuis « Le Musée Imaginaire » en 1947 jusqu'à « L'Intemporel », paru l'année de sa mort, en 1976.
Ministre du général de Gaulle une première fois en 1945, Malraux créa en 1959 le ministère des Affaires culturelles dont il assuma la charge jusqu'en 1969. Entre-temps parurent ses « Antimémoires»(1976), suivi de «La Corde et les soucis » (1976), évocations transfigurées d'une vie animée par la double passion de l'histoire et de la création artistique.
Ecrire dans un style incantatoire, hantée par la mort sans cesse d'être exaltante, son oeuvre est entrée dans la métamorphose, mais elle demeure notre contemporaine.
Comme dans « Antimémoires », il raconte sa visite officielle en Chine en 1965 au nom de l'envoyé du général de Gaulle, surtout ses rencontres impressionnantes avec le président Mao Zedong, le Premier ministre Zhou Enlai et le maréchal Chen Yi, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères. Il a versé beaucoup sur la révolution chinoise dont la Longue Marche-épopée de l'Armée rouge effectuée sous la direction de Mao et de Zhou dans les années 30 du 20è siècle qui a eu un retentissement mondial dans l'histoire humaine.
Grand Homme éminent français, André Malraux, 20 ans après sa mort, est entré en novembre 1996 dans le Panthéon sous l'égide du président de la République Jacques Chirac.
« LA CONDITION HUMAINE »
Avril 1933: « La Condition humaine », troisième roman de Malraux, paraît chez Gallimard et recevra le prix Goncourt en décembre, le roman évoque un moment de la révolution chinoise situé au printemps 1927 (l'action commence précisément le 21 mars). Sa résonance pascalienne a souvent été soulignée. Malraux lui-même écrivait à Gaëtan Picon peu après la publication du livre :
« Le cadre n'est naturellement pas fondamental. L'essentiel est évidemment ce que vous appelez
L'élément pascalien. » L'élément pascalien, c'est-à-dire l'insistance sur l'inévitable soumission de l'homme à ce qui le dépasse ou le détruit, à commencer par la mort, et si cet homme n'a pas la foi-ce qui est le cas de Malraux-, au désespoir qui en résulte, à ce que Pascal appelait la « misère de l'homme sans Dieu ». D'où la question posée dans la première partie du roman : « Que faire d'une âme, s'il n'y a ni Dieu ni Christ ?» L'élément pascalien, c'est aussi l'importance accordée à la pensée, en laquelle disait Pascal consiste toute notre dignité.
« Qu'appelez-vous la dignité ? »demande K?nig à Kyo. « Le contraire de l'humiliation.»
Mais s'il partage l'angoisse de Pascal, Malraux ne partage pas sa foi et pour lui, « c'est dans l'accusation de la vie que se trouve la dignité fondamentale de la pensée ». Cette phrase met l'accent sur une dimension essentielle du roman. Accusatrice, en effet, la misère si souvent évoquée du peuple de Shanghai, « ceux qui travaillent seize heures par jour depuis l'enfance, le peuple de l'ulcère, de la scoliose, de la famine » ; accusatrice de la destinée d'Hemmelrich, la maladie de son enfant et de sa mort atroce ; accusateur le tragique destin de Katow.
« J'ai essayé d'exprimer la seule chose qui me tienne à coeur et de montrer quelques images de la grandeur humaine. Les ayant rencontrées dans ma vie dans les rangs des communistes chinois, écrasés, assassinés, jetés vivants dans les chaudières et détruits de toute façon, c'est pour ces morts que j'écris. Que ceux qui mettent leur passion politique avant le goût de la grandeur où qu'elle soit, s'écartent d'avance de ce livre : il n'est pas fait pour eux. »
Montrer quelques images de la grande humaine : par cette expression Malraux résume fort bien sa perspective et son ambition ; il laisse entendre aussi un indéniable accent cornélien. Comme le sera plus tard le narrateur des « Noyers de l'Altenburg », Malraux fut en effet obsédé par « la noblesse que les hommes ignorent en eux ».
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