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Mise à jour 15:26(GMT+8), 20/11/2001
MONDE  

La 5ème conférence sur l'examen de la « Convention sur l'interdiction des armes biologiques »

La 5ème conférence sur l'examen de la « Convention sur l'interdiction des armes biologiques » s'est ouverte lundi 19 novembre à Genève. Durant les trois semaines de travaux, les délégués des 144 pays signataires examineront les résultats de l'application de la convention depuis la précédente conférence en 1996, et présenteront des mesures pour renforcer cette application.

« La Convention sur l'interdiction des armes biologiques », signée en 1972 et entrée en vigueur en 1975, stipule l'interdiction de développer, de produire, de stocker et d'utiliser les armes biologiques. Elle présente certaines insuffisances, en particulier l'absence d'un mécanisme de contrôle de l'application. En 1994, une réunion spéciale des pays contractants a autorisé un groupe de travail ad hoc à rédiger un protocole sur le renforcement global de l'efficacité de la convention. Mais peu après l'ouverture de la 24ème réunion dudit groupe de travail en juillet dernier à Genève, sans écouter les critiques de nombreux membres du groupe, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils refusaient le projet de protocole issu des consultations multipartites, sous le prétexte que ce texte risquait menacer la « raison d'Etat » et les « secrets industriels » des Etats-Unis. Du fait que les décisions prises par le groupe de travail doivent être adoptées à l'unanimité, la déclaration américaine a, de fait, bloqué le processus de négociations. Après les attaques terroristes du 11 septembre, les délégués des divers pays participant à la conférence espéraient que Washington modifierait sa position pour que le protocole soit conclu le plus rapidement possible.

Or, l'on a pu constater que jusqu'à présent, les Etats-Unis n'ont pas changé d'attitude. Dans son intervention le jour de l'ouverture de la conférence, le représentant américain a souligné que ces dernières années, certains pays avaient produit ou perfectionné des armes biologiques en profitant de l'absence d'un mécanisme de contrôle. Qui plus est, lors d'un point de presse tenu à l'issue de la conférence, le même représentant a qualifié de « morte » la convention, déclarant qu'en tout état de cause, les Etats-Unis feraient face aux armes biologiques en s'appuyant sur leurs propres forces.

Une majorité d'Etats contractants, dont la Chine, ont exprimé explicitement leur soutien au renforcement de l'efficacité de la convention. Le chef de la délégation chinoise, Sha Zukang, qui est également l'ambassadeur de Chine aux Nations unies à Genève, a indiqué qu'en tant que pays victime des armes biologiques dans le passé, la Chine soutenait fermement l'interdiction globale et la destruction totale de ces armes, et s'opposait résolument à leur prolifération.

Selon M. Sha, la prévention de la prolifération des armes biologiques et la promotion de l'utilisation pacifique des techniques biologiques constituent l'une comme l'autre la visée et les objectifs de la convention, et doivent se compléter. Cependant, a fait remarquer le représentant chinois, un nombre infime de pays cherchent à séparer ces deux volets, en mettant l'accent uniquement sur la prévention de la prolifération ; ces pays ont une attitude passive vis-à-vis de la coopération internationale et persistent à agir de façon discriminatoire, voire empêchent et sabotent la coopération internationale sous prétexte de prévenir la prolifération.

De tels agissements portent atteinte aux droits légitimes des pays signataires à participer aux échanges et à la coopération, en particulier les droits des pays en développement, et sont contre-productives par rapport à l'objectif de prévention.

Les représentants de l'Union européenne, de l'Afrique du Sud, du Japon et du Pakistan ont déclaré pour leur part qu'ils continueraient à soutenir les efforts de la communauté internationale en faveur de l'interdiction de développer, de produire, de stocker et d'utiliser les armes biologiques.

Ils ont aussi espéré que les participants à la conférence mettraient tout en oeuvre pour prévenir la possession de ces armes par les terroristes.

Mais au vu de l'intervention du représentant américain, les analystes ne sont guère optimistes quant à la conclusion du protocole de renforcement de la convention lors de cette conférence.

Toutefois, comme l'ont indiqué certains représentants, sur les questions de sécurité, qui s'inscrivent aujourd'hui dans le cadre de la mondialisation et sont multidimensionnelles, l'interdépendance réciproque s'approfondit sans cesse et les différents pays adoptent des points de vue de plus en plus identiques. En effet, n'importe quel pays, si puissant soit-il, peut difficilement assurer seul sa sécurité ; il n'existe de sécurité absolue pour aucun pays. Les attaques du 11 septembre ont prouvé que le terrorisme était un fléau pour la communauté internationale, menaçant la paix et stabilité du monde et que le terrorisme biologique constituait une menace plausible.

L'une des méthodes les plus efficaces pour lutter contre le terrorisme biologique est d'entamer, dans le cadre multilatéral du groupe de travail déjà constitué, des négociations sur l'élaboration d'un protocole rationnel, pratique et efficace, afin de renforcer l'efficacité de la convention sur l'interdiction des armes biologiques et de promouvoir la coopération internationale.




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La 5ème conférence sur l'examen de la « Convention sur l'interdiction des armes biologiques » s'est ouverte lundi 19 novembre à Genève. Durant les trois semaines de travaux, les délégués des 144 pays signataires examineront les résultats de l'application de la convention depuis la précédente conférence en 1996, et présenteront des mesures pour renforcer cette application.

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