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LI BAI : L'éternel poète
Biographie
Li Bai (701-762) est considéré comme le plus grand poète romantique de la dynastie des Tang (618-907).
Fils d'un riche marchand, Li Bai alla dans le Sichuan (Sud de la Chine) avec son père, il était âgé de 5 ans. Li Bai enfant fut influencé à la fois par le Confucianisme et le Taoïsme.
Vers l'âge de 25 ans Li Bai quitta le Sichuan pour trouver quelques reclus taoïstes, rencontrer de nouveaux amis et visiter du pays. En l'an 727, il arriva dans la ville de Anlu, province du Hubei (centre de la Chine) où il se maria. Il s'installa dans ce village et y resta environ 10 ans, menant une vie paisible.
Vers l'âge de 42 ans, le poète fut assigné dans la capitale provinciale Chang'An (aujourd'hui nommée Xi'An), en qualité d'expert érudit de l'empereur.
Deux ans plus tard, il fut accusé de calomnie et fut expulsé de Chang'An. Certains disent que Melle Yang (la concubine préférée de l'empereur) fut offensée par les poèmes que Li Bai lui avait écrit.
A la suite de quoi, le célèbre poète voyagea dans toute la Chine sans vraiment avoir de but. A 57 ans, il fut de nouveau expulsé du lieu où il se trouvait, accusé d'être impliqué dans une tentative de rébellion. Cette période difficile fut aussi sa période la plus productive. Le sort du pays, la mésentente avec le gouvernement, son aspiration à la famille et à l'amitié et sa quête d'un pays imaginaire de liberté lui ont inspiré ce massif opus de poésie que nous connaissons.
Libéré par une amnistie en cours d'exil, Li Bai reprit encore la route. En 762, le poète frustré, terrassé par la maladie, mourut à l'âge de 62 ans à Dangtu dans la province de l' Anhui (est de la Chine).
L'influence de Li Bai sur le monde extérieur
La plus vieille traduction des poèmes de Li Bai que le monde connaît est celle faite par le sinologue français J.J. M.Aniot ; son ouvrage contenait une introduction aux poètes de la dynastie des Tang, incluant Li Bai et Du Fu et fut publié en 1779 et 1780.
Li Bai est l'un des poètes chinois à avoir été le plus traduit avec Wang Wei (701-761). L'une des raisons les plus probables est sans doute que Li Bai savait traduire son imagination débordante en allusions subtiles qui touchaient les lecteurs, le poème intitulé « dure est la route vers Shu » en est une bonne illustration. Ainsi, depuis le 18ème siècle, introductions et traductions des poèmes de Li Bai sont traduites en français, anglais, allemand, espagnol, portugais, suédois, russe, roumain, albanais, et plus encore.
Quant aux Japonais et aux Coréens, ils ont approché les textes de Li Bai dans leur langue originale, le chinois, au moment où ils n'avaient pas encore leur propre langue. Leurs travaux ont donc plus consisté à des recherches et critiques littéraires sans avoir eu le besoin de traduire les poèmes de Li Bai.
La première Histoire de la littérature chinoise a été publiée en chinois par Lin ChuanJia en 1908, alors que le même ouvrage a été traduit en anglais en 1901 par H.A Giles. Et, l'introduction russe sur Li Bai publiée en 1880 par V.P Vasil'ev fut aussi antérieure à celle de H.A Giles. Cette dernière fut pourtant moins populaire que l'ouvrage de Giles sans doute à cause de la langue.
Aussi, de nombreux poètes furent influencés par la beauté, le romantisme et la force des ses oeuvres. Notamment le poète impressionniste et américain Ezra Pound qui traduit en 1915 en version anglaise un recueil de 12 poèmes de Li Bai ; recueil considéré comme la création poètique qui a influencé le monde anglophone du 20ème siècle. Sa réputation a grandement aidé à la popularisation du plus grand poète romantique de la dynastie des Tang.
En l'honneur de Li Bai
Une exposition se tient actuellement à Beijing du 4-02 au 20-04, tous les chinois et étrangers peuvent admirer les oeuvres de ce personnage hors du commun devenu symbole dans le monde. Peintures, poèmes édités à différentes époques, publications de divers pays étrangers, collections de timbres et cartes postales commémoratives, toutes ces pièces ont été sélectionnées par de célèbres artistes, a annoncé M. He Yiyu, un des organisateurs de cette exposition et responsable du Musée Li Bai à Jiangyou, ville natale du poète.
Des représentations de danse moderne, des concerts symphoniques, des récitals se tiennent depuis le 5 février dans la capitale. Pour la première fois, la ville de Beijing accueille les médias ainsi qu'une large audience en l'honneur de Li Bai plutôt qu'un petit cercle académique d'initiés.
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