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Mise à jour 14:03(GMT+8), 26/04/2002
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« Hugo et le rire » au colloque de Beijing

Par Pierre-Jean DUFIEF

Le 20 avril s'est tenu à l'Université des Langues étrangères de Beijing (ULEB) un grand meeting suivi d'un colloque à la mémoire de Victor Hugo (1802-1885) pour le bicentenaire de sa naissance. Après le discours d'ouverture de Mme Chen Naifang, présidente de l'ULEB et les allocutions de M . Pierre Morel, ambassadeur de France en Chine, de M. CHEN Haosu, Président de l'Association du Peuple chinois pour l'Amitié avec l'Etranger (APCAE) et de M . Chen Jiangong, vice-président de l' Association des Ecrivains chinois, le professeur Jean-Pierre Dufief venu spécialement de Paris y a présenté la biographie de Victor Hugo. Et au colloque de l'après-midi, il a fait une thèse « Hugo et le Rire ». En voici de larges extraits :

Dans un fragment des années 1852-1854, Hugo distinguait en lui-même l'existence de quatre moi, de quatre personnalités différentes qu'il incarnait en des personnages imaginaires dotés chacun d'une fonction symbolique : Olympio représentait la lyre, Hermann, l'amant, Maglia, le rire, Hierro, le combat. Les muses lyriques et épiques ont inspiré la part la mieux connue d'une ?uvre qui n'est traditionnellement associée ni au rire, ni au comique. Lorsque l'écrivain se projette dans ses textes il s'incarne généralement dans des personnages farouches. Le Marius des Misérables représente le jeune Hugo ; c'est un être pudique, passionné mais guère rieur : « Ses façons étaient réservées, froides, polies, peu ouvertes ». Lord Clancharlie dans L'Homme qui rit est un autoportrait de l'exilé ; Hugo, qui a dû fuir la France après le Coup d'Etat de Napoléon III et vit dans les îles anglo-normandes, assez solitaire, se projette encore dans un personnage bien austère : « Lord Clancharlie vivait hors du royaume et en présence de la félicité générale, se croyait le droit d'être triste. » Par caractère et par tempérament, Hugo est donc plus porté à une attitude sérieuse, solennelle, qui convient bien à l'idée qu'il se fait du poète, prophète inspiré de l'avenir.

Sur le plan littéraire, Hugo incarne le Romantisme qui adopte à l'égard du rire deux attitudes assez contradictoires. D'un côté, le Romantisme dévalorise le rire ; c'est là une vieille tradition française qui voit dans le rire une fonction inférieure et considère que les genres qui cultivent le rire, comme la comédie, sont vulgaires. Baudelaire, qui influence fortement la conception romantique du rire, pense que le christianisme explique ces positions critiques ; il écrit dans un article de 1855, intitulé « De l'Essence du rire » : « Il y a donc, suivant le sage, une contradiction secrète entre son caractère de sage, et le caractère primordial du rire [...] le Sage par excellence, le Verbe Incarné [Jésus] n'a jamais ri [...] le rire est généralement l'apanage des fous, et il implique toujours plus ou moins d'ignorance et de faiblesse ». D'autre part, le Romantisme souhaite mettre fin au cloisonnement des genres et créer un art total qui intègre toutes les dimensions de l'individu et qui intègre aussi bien le tragique ou le sublime que le grotesque et le comique.

Hugo n'est pas un auteur comique. IL fait rarement rire son lecteur ou son spectateur même s'il s'amuse parfois à conter quelques anecdotes piquantes ou s'il fait rire à propos de ses adversaires dans ses textes satiriques. Mais son ?uvre offre un assez large panorama sur le rire qui se décline parfois en rire heureux mais plus souvent en rictus et en ricanement ; c'est tantôt le rire démoniaque des forçats ou le rire heureux de l'enfance dont nous allons maintenant envisager les manifestations et les significations dans les textes hugoliens.

I. UN RIRE JANUS

Dans la préface de Cromwell de 1827, qui fonde le drame romantique, Victor Hugo rompt avec l'esthétique classique et sa conception du beau idéal ; selon lui, l'art ne doit plus viser à la représentation du beau mais son objectif sera de peindre l'harmonie des contraires. L'antithèse et l'oxymore, figures fondamentales de la rhétorique hugolienne, s'inscrivent donc dans un dessein artistique qui structure l'?uvre et qui correspond à une vision binaire du monde, parfois qualifiée de manichéenne, où les contraires se complètent, s'harmonisent, se mettent en valeur réciproquement : « La salamandre fait ressortir l'ondine ; le gnome embellit le sylphe. » Le rire n'échappe pas à cette manifestation double ; c'est chez Hugo un rire Janus, tour à tour rire de la lumière ou rire des ténèbres ; rire de l'ange ou rire du diable.

L'écrivain joue sur les effets de contrastes entre le rire et les larmes, le comique et le tragique, pour créer des discordances ponctuelles ; le rire des forçats qu'on enchaîne s'oppose dans Les Misérables au « riant tumulte de la ville. » Ces rires disparates peuvent se fondre dans une harmonie supérieure qui mêle le rire des insurgés et le rire des théâtres dans le Paris des Misérables secoué par les émeutes de 1832 . « Les curieux causent et rient à deux pas de ces rues pleines de guerre ; les théâtres ouvrent leurs portes et jouent des vaudevilles. » (p.1092)Le rire participe ainsi à la vaste polyphonie d'une ?uvre qui veut faire entendre toutes les voix d'une époque et qui joue sur tous les registres de la création.

Les deux rires prennent une dimension morale et incarnent le bien et le mal dans tout un jeu de mimiques et de sonorités profondément contrastées. Les rictus et les ricanements sont caractéristiques du rire noir cher à ce que l'on a appelé le romantisme frénétique ; il s'agit là d'un courant qui s'est épanoui au début du XIXe siècle et qui a été illustré par des écrivains marqués par l'influence du roman gothique anglais ; Charles Nodier, Hugo ou Balzac, dans leurs romans initiaux, se sont plu à susciter l'horreur et l'effroi du lecteur en décrivant des monstres ou des spectres ricanant dans d'inquiétants décors de souterrains ou de tombeaux. Les premiers romans de Hugo nous font largement voir et entendre ces rires sataniques dont la tradition se poursuit avec les rires de Claude Frollo, de Jean Valjean et de Gwynplaine ; c'est « l'horrible rire » des sorcières dans Bug Jargal ou dans le même roman le rire féroce de Jean Binssou qui prépare le supplice de l'une de ses victimes. C'est le rire du messager dans Han d'Islande, « pareil à celui du diable lorsqu'au moment où le pacte expire, il saisit l'âme qui s'est donnée à lui. » Le rire monstrueux chez Hugo répète une mimique toujours identique fixée dès les premiers romans et décrite dans Han d'Islande. La monarchie a été restaurée et le roi se venge de ses ennemis ; il fait défigurer le fils d'un aristocrate opposant au régime pour capter son héritage par une opération qui « avait fendu la bouche, débridé les lèvres, dénudé les gencives, distendu les oreilles, décloisonné les cartilages, désordonné les sourcils et les joues, élargi le muscle zygomatique, estompé les coutures et les cicatrices, ramené la peau sur les lésions tout en maintenant la face à l'état béant». Dessinateur de talent, Hugo a multiplié les caricatures de rires, transcriptions des rires monstrueux qui abondent dans les romans.

A ce rire monstrueux qui fait entrevoir des gouffres ténébreux répond en contrepoint le rire solaire de l'enfance chanté dans Les Voix intérieures ou dans L'Art d'être grand-père où Hugo s'adresse ainsi à ses petits enfants :

« Vous partis, j'ai perdu le soleil, la gaieté,

Le bruit joyeux qui fait qu'on rêve, le délire

De voir le tout petit s'aider du doigt pour lire,

Les fronts pleins de candeur qui disent toujours oui,

L'éclat de rire franc, sincère, épanoui,

Qui met subitement des perles sur les lèvres. »

Ce rire faste, heureux, est généralement associé à une origine que Hugo idéalise, même s'il se fait l'apôtre du progrès confiant dans un avenir radieux. Le rire s'épanouit aux origines de la vie car l'enfance ignore les profondeurs sombres de la pensée et les perspectives ténébreuses que la méditation ouvre sur l'infini du moi et l'infini du monde ; la naïveté rieuse du premier âge contraste donc avec la sévérité d'une maturité initiée aux profonds mystères des choses.

Enfants, vous dont la vie est faite d'espérance,

Enfants, vous dont la joie est faite d'ignorance,

Vous n'avez pas souffert et vous ne savez pas,

Quand la pensée en nous a marché pas à pas,

Sur le poète morne et fatigué d'écrire

Quelle douce chaleur répand votre sourire ! ( « A des Oiseaux envolés », Les Voix intérieures)

La liesse populaire est une autre forme de ce rire lié à l'origine. Notre Dame de Paris s'ouvre sur la description des gaietés de la foule parisienne à l'occasion du jour des rois et de la fête des fous ; il s'agit là d'une des premières grandes descriptions de la foule dans le roman français; le rire exprime l'énergie primitive du peuple et ses aspirations égalitaires. Mais la foule est versatile et Hugo ne donne pas à son rire une portée systématiquement positive comme c'est le cas pour le rire de l'enfance. Le peuple se repaît de spectacles cruels, accompagnant de ses lazzis les exécutions publiques ; la foule apparaît alors comme le lieu idéal d'une riche polyphonie qui mêle les registres, le comique et le tragique, lorsqu'elle assiste, vaste ch?ur, au supplice dans Le Dernier jour d'un condamné. Lié à l'origine dans certaines de ses formes, le rire chez Hugo est historicisé ; comme tous les autres phénomènes esthétiques, il obéit à l'évolution de la civilisation et s'inscrit dans la théorie des trois âges présentée dans la Préface de Cromwell. Si le rire s'est complexifié, il s'est aussi dégradé, quand il n'a pas totalement disparu. Les Romantiques dénoncent le sérieux excessif d'une bourgeoisie en habit noir et Hugo oppose par l'intermédiaire de Gillenormand la grisaille et le pessimisme du XIX¡ã siècle aux « larges bouches riantes » de l'époque précédente :s'adressant à Marius qui va se marier, le vieil homme l'incite à la joie, à la fête, au rire.

Tandis que le rire faste se situe par rapport au temps, le rire négatif, maléfique, apparaît fortement socialisé. Le rire inquiétant jaillit des ténèbres de la société, responsable de la misère morale à travers la misère matérielle. C'est souvent le rire des exclus, le rire des marginaux et des parias et Hugo revient comme un leitmotiv sur « le lugubre rire du forçat » qui apparaît comme un écho du rire du démon. Dans Les Misérables ou dans Le Dernier Jour d'un condamné. Le rire devient alors le signe de l'immoralité absolue.

La bourgeoisie se caractérise aussi par ce rire négateur qui refuse toute valeur supérieure pour se complaire dans une jovialité égoïste, jouisseuse et inconsciente ; c'est le rire de repli et de refus du sénateur que Hugo oppose au rire d'ouverture et d'accueil de Myriel. Le rire exclut l'autre et fait de lui un objet, un jeu ; il devient une forme horrible et gratuite de l'exploitation de l'homme par l'homme, du prolétaire par le bourgeois qui traite son semblable en objet dérisoire ; Tholomyès dans Les Misérables se rit de Fantine et sa plaisanterie plonge la jeune femme dans la plus noire misère ; la jeune femme est la victime de deux bourgeois qui s'amusent, l'un à l'abandonner alors qu'elle attend un enfant de lui et l'autre à lui glisser une boule de neige dans le cou alors qu'elle est obligée de se prostituer par un froid glacial pour nourrir sa fille, Cosette. La description du fun dans L'Homme qui rit rappelle à bien des égards les farces qui tueront Fantine.

Le rire est à la fois la marque d'un imaginaire personnel mais il exprime aussi le poids des modes, l'importance des influences subies ; il se caractérise aussi par un certain nombre d'évolutions. Ce fil noir court tout au long de l'?uvre où l'on voit et où l'on entend le rire des monstres et des forçats. Le rire se nuance par la suite ; il occupe une place moins importante dans Les Misérables où il est largement polyphonique ; le rire monstrueux redevient un thème central dans L'Homme qui rit, où disparaît toute forme de rire positif ; cela a pu accréditer la thèse d'un roman profondément pessimiste ce que semble pourtant démentir le sourire final de Gwynplaine.

II .FONCTION DU RIRE

Le rire peut être le signe immédiatement lisible de la personnalité et dire l'être dans une psychologie relativement simpliste héritée du roman populaire et très caractéristique de l'écriture hugolienne. Le rire contribue à la composition ; Notre Dame de Paris débute par le rire populaire de la fête des rois et se termine sur le terrible ricanement de Claude Frollo qui assiste du haut des tours de Notre Dame à l'exécution de La Esmeralda ; Les Misérables s'ouvrent quasiment sur le rire d'écolier de Monseigneur Myriel pour se clore sur le sourire de Jean Valjean mourant. S'il scande les temps forts, le rire constitue aussi des temps de pause dans le récit. Bergson voit dans le rire une détente qui se produit après un moment de grande tension. Tel est souvent son rôle dans le roman hugolien. Le rire ne s'inscrit pas seulement chez Hugo dans une histoire individuelle, il prend également une dimension politique, restant toujours placé sous le signe de la dualité ; il est à la fois instrument de libération et outil d'oppression. Le rire est révolutionnaire et les Romantiques ont porté sur ce type de rire des jugements très contrastés ; les jeunes Romantiques ont souvent défendu des idées conservatrices jusque vers 1830 et ils ont reproché aux philosophes du XVIII¡ã siècle d'avoir préparé la Révolution. Ils considèrent alors que le rire a joué dans cette entreprise de destruction un rôle considérable. La critique du rire devient, chez eux, une critique de la Révolution ; Lamartine s'en prend au « ricanement amer contre les institutions et les dogmes » de Diderot ; Voltaire est considéré par Musset, notamment, comme le symbole honni d'un esprit qui s'attaque à toutes les valeurs et à toutes les institutions. Victor Hugo, d'abord conservateur, a émis bien des réserves sur Voltaire en 1823-1824 avant de se rallier aux philosophes. La foi est incompatible avec la dérision et Hugo refuse donc une certaine forme de raillerie qui ne respecte rien ; il rejette le voltairianisme facile, le rire bourgeois égoïste et jouisseur auxquels il oppose la grandeur du rire révolutionnaire des humbles et des faibles.

Ce rire révolutionnaire prend plusieurs formes. Hugo se plaît à évoquer les scènes de carnaval, où les positions sociales établies sont momentanément remises en question par la fête et par le rire. Dans la fête des fous de Notre Dame de Paris les étudiants se moquent des bourgeois ; le grotesque prend une forme positive ; abolissant temporairement les hiérarchies, il ouvre des possibilités de transformation sociale. Hugo a lui-même pratiqué ce rire révolutionnaire dans le Théâtre en Liberté, une série de neuf petites pièces composées de 1865 à 1869 où il défend des idées révolutionnaires. A côté de ce rire qui incarne la puissance de l'esprit libre existe un autre rire de révolte, plus ténébreux, nourri de frustrations, de ressentiments . Ce rire là est encore une force mais certains rires prennent des accents fondamentalement désespérés. Victor Hugo évoque la Commune, la sévère répression qui l'a accompagnée et il décrit dans L'Année terrible le rire des condamnés. Hugo voit dans ce rire le signal d'une société qui ne fonctionne plus et qui doit être réformée.

III. L'ESSENCE DU RIRE

Pour Hugo, le rire n'est pas le propre de l'homme, contrairement à ce qu'affirmait un humaniste comme Rabelais au XVIe siècle ; il est aussi l'apanage des éléments déchaînés et des monstres. L'océan se raille des naufragés dans L'Homme qui rit où Hugo parle « du rictus de la trombe » tandis qu'il évoque dans Les Contemplations « l'hilarité des ténèbres. » Les Romantiques ont cultivé le rire noir, associé au mal et au diable, et ils voient en lui une force profondément inquiétante. L'écrivain ressent une sorte de peur panique devant certaines formes de rires : rire des spectres, rire des fantômes, rires fixes, comme le rire de Gwynplaine ou de la tête de mort. L'image du mort qui rit est très présente dans la littérature romantique ou post romantique ; elle est décrite aussi bien par Mérimée que par Edmond de Goncourt dans ses romans. Hugo la développe également à plusieurs reprises sous la forme d'une apparition effrayante au fond du gouffre ou au c?ur des ténèbres comme si la mort était présente dans les profondeurs de l'inconscient. A la vision hallucinée et infernale du mort qui rit Hugo va opposer l'image paisible de l'homme endormi et souriant. Autant le rire est ambivalent, autant le sourire apparaît connoté positivement. Dans Les Misérables au sourire initial de l'évêque endormi répond l'ineffable sourire final de Jean Valjean mourant. : « Sa figure blêmissait et en même temps souriait. La vie n'était plus là, il y avait autre chose. Son haleine tombait, son regard grandissait. C'était un cadavre auquel on sentait des ailes » (p.1483) Tandis que le rire exprime la souffrance et la révolte, le sourire indique que l'on a reconquis la paix.

Le rire romantique est donc connoté globalement négativement. Le rire est associé chez Hugo à un imaginaire inquiétant. Le rire montre toujours les dents et il est à la fois signe menaçant de la dévotion et de la mort. Le rire populaire met en mouvement les forces positives mais inquiétantes de la révolution. L'ambiguïté du rire, sa dualité chez Hugo soulignent bien la difficulté du poète à concilier son « pessimisme visionnaire » et son « optimisme sentimental et verbal » selon la formule de Max Milner.

Mais chez Hugo la violence ne constitue qu'une étape et si certains personnages comme Gavroche s'accomplissent vraiment dans le rire, c'est le plus souvent le sourire qui marque l'aboutissement de cette marche vers le progrès moral et spirituel que nous racontent des romans comme Les Misérables ou L'Homme qui rit. Fin




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Le 20 avril s'est tenu à l'Université des Langues étrangères de Beijing (ULEB) un grand meeting suivi d'un colloque à la mémoire de Victor Hugo (1802-1885) pour le bicentenaire de sa naissance.

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