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Mise à jour 13:52(GMT+8), 28/04/2002
VIE SOCIALE  

Les enfants chinois sous le poids de la pression parentale

La jeune génération en Chine souffrent de l'attention trop manifeste des parents, qui les confinent dans des espaces de travail et leur permettent de ne penser qu'au travail...

Les emplois du temps des enfants des écoles primaires ou des collèges sont aussi surchargés que n'importe quel manager d'une grande société. Les enfants demandant sans cesse à leur mère si ils peuvent aller dormir ou jouer!

Bien que les écoles aient relâché un peu la pression sur les enfants, les parents quant à eux ne semblent pas vouloir laisser se reposer leur enfant une minute.

« Nous avons commencé à alléger les emplois du temps vers les années 90, cependant les parents continuent de leur côté à les surcharger avec du travail supplémentaire », annonce Zhang Bei, une enseignante du cours élémentaire.

« La compétition est si féroce, que pourrait faire ma fille sans diplôme universitaire? », se questionne la mère d'une petite fille de dix ans.

En dépit du large programme scolaire obligatoire, les parents poussent leurs enfants à apprendre toujours plus : des cours d'étude supplémentaires, des cours de musique, des cours de danse ...

Yuan Zhou, 11 ans, une élève de l'école primaire Chao Kuangpiu, est le symbole de cette engouement des parents : elle prend tous les soirs du lundi au vendredi des cours de piano, de théâtre, ou de mathématiques.

Tous les soirs de la semaine son temps est partagé entre ses activités extra-scolaires, ses devoirs, et ses exercices de piano à la maison, sans prendre le temps de se reposer ni de jouer.

La petite n'a pas le temps de se reposer pendant le week-end non plus, puisqu'elle se rend à des cours de prose ancienne, des cours de maths, d'anglais et de calligraphie.

« Je me sens très fatiguée . Les week-ends et les vacances sont encore plus épuisants que les journées de classe, mes parents me poussent à étudier chaque minute. Je préférerais ne pas avoir de soit-disant jours de vacances. » raconte la petite Yuan.

Tous les camarades de classe de la petite Yuan se plaignent des mêmes problèmes.

« Je demande à mes parents de sortir pour jouer mais ils refusent. Un jour lorsque mon père est venu me chercher à la sortie de l'école en bicyclette, il s'est mis à tourner autour des arbres en me disant que ça me laissait le temps de m'amuser un peu », dit Li Tingjie, une petite fille de 10 ans.

Et pourtant, les enfants se montrent très compréhensifs vis à vis de leurs parents.

« Ma mère me dit souvent que je dois faire un excellent parcours parce que je suis son unique enfant, ce n'est plus comme pour les générations passées qui avaient deux ou trois enfants. Ce n'était pas grave si l'un d'entre eux ne réussissait pas vraiment », dit Yuan dont la mère est présidente d'une grosse compagnie et ajoute « je dois mieux faire que ma mère ».

Avec les activités trop nombreuses après les cours réglementaires, les enfants se retrouvent de plus en plus avec des problèmes de santé.

« Dans un récent rapport sur les conditions sanitaires des élèves d'écoles primaires ou collèges à travers le pays, Shanghai est désignée comme la première ville concernée », dit Yao Peikuan, professeur de l'Institut des enquêtes sociales de l'Académie de Shanghai des Sciences Sociales.

Yao recommande aux écoles d'alléger encore leur programme pour que les enfants aient plus de temps à eux après l'école, encore que où peuvent-ils bien jouer? « Les installations de la ville pour les enfants sont bien trop succinctes ».

En raison du rapide développement de la ville, le gouvernement municipal a concentré ses efforts sur la construction de sites commerciaux, ce qui évidemment laisse un espace restreint pour les airs de jeux.

Aujourd'hui les enfants vivent dans des tours gigantesques sans avoir l'opportunité de se faire de nouveaux amis, et sans avoir de place pour pouvoir jouer ensemble.

Chaque quartier de la ville a son propre centre d'activités pour les enfants mais en comparaison avec le nombre total d'enfants shanghaïens, ces installations sont insuffisantes.

Lorsque l'on demande ce que Li Yijie qui a 11 ans désire le plus, elle répond regarder la TV et jouer avec ses camarades de classe.

Une enquête menée par l'Institut montre que 80% des élèves sondés pensent que les cafés Internet sont les seuls lieux d'amusement.




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