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Afghanistan: la Loya Jirga réunie pour élire un chef de l'Etat
Aujourd'hui s'est ouverte la première session de la Loya Jirga, assemblée traditionnelle afghane au cours de laquelle 1.551 délégués venus de toutes les régions doivent élire le prochain chef de l'Etat.
Les délégués doivent élire un maître de cérémonie qui présidera les débats pendant la durée de la Loya Jirga et procéder à la très attendue élection du chef de l'Etat de l'autorité de transition, poste qui devrait revenir au chef du gouvernement intérimaire, Hamid Karzaï.
L'assemblée a débuté la veille sur une manifestation d'unité, Hamid Karzaï assurant les délégués que l'ancien roi Zaher Shah continuerait à jouer un rôle au sein de la nation.
Dans un bref discours inaugural, l'ex-roi a apporté son soutien à la candidature de M. Karzaï au poste de chef de l'Etat et assuré qu'il ne chercherait pas à restaurer la monarchie.
Puis, dans un discours à l'adresse des délégués, M. Karzaï a proposé d'attribuer à Zaher Shah le titre de "père de la nation" (Baba en langue dari). A ce titre, "il aura sept travaux à accomplir", a dit M. Karzaï, demandant que l'on confie à l'ancien roi un rôle de "gardien de la paix et de la sécurité" et une participation à la préparation de la future constitution.
Le palais royal du centre de Kaboul, où Zaher Shah a longtemps vécu, lui sera restitué et des attributions protocolaires complèteront ses "sept travaux".
La Loya Jirga devait s'ouvrir lundi, mais elle avait été reportée de 24 heures sous la pression de l'émissaire américain, Zalmay Khalilzad, qui, grâce à un tour de force diplomatique, s'est assuré que la popularité de l'ancien roi ne ferait pas de l'ombre à son protégé.
Sous la pression, Mohammad Zaher Shah avait donc annoncé lundi qu'il renonçait à occuper le poste de chef de l'Etat que de nombreux délégués de la Loya Jirga souhaitaient lui confier, provoquant la fureur de ces derniers et de membres de son proche entourage qui ont claqué la porte de sa résidence.
Le gouvernement intérimaire est dominé par les partisans du commandant Massoud et la communauté internationale a appelé à plus d'équité et à une meilleure représentation des différents groupes ethniques afghans au sein de l'autorité de transition.
Le futur chef de l'Etat - Hamid Karzaï si son élection se confirme - devra également proposer un gouvernement de transition, dont la composition sera soumise au vote de la Loya Jirga.
On remarquait que plusieurs dizaines de délégués ont quitté précipitamment la Loya Jirga, se disant excédés par l'absence de liberté. Hamid Karzai, chef du gouvernement provisoire et favori des Etats-Unis, était le seul candidat. Certains délégués se sont plaints de cet état de fait, qu'ils ont jugé peu démocratique.
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