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Canada: Jean Chrétien annonce son prochain départ
 Canada: Jean Chrétien annonce son prochain départ
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Le Premier ministre canadien Jean Chrétien, en chute libre dans les sondages et poussé vers la sortie par les candidats à sa succession à la tête du parti libéral, a tenté mercredi 21 août de désamorcer cette crise en promettant de partir dans 18 mois et de ne pas briguer de quatrième mandat.
Au pouvoir sans interruption depuis 1993, M. Jean Chrétien (68 ans) a voulu couper l'herbe sous le pied à ceux, de plus en plus nombreux qui lui montrent la porte en l'accusant de s'accrocher à son poste.
"Je ne me représenterai pas. Je remplirai mon mandat et me consacrerai entièrement à gouverner jusqu'en février 2004. A ce moment là, mon travail sera accompli et mon successeur sera choisi", a dit M. Chrétien devant le groupe parlementaire du parti libéral réuni à Saguenay (Québec).
"Cela laissera suffisamment de flexibilité au nouveau Premier ministre pour choisir la date des prochaines élections", a ajouté M. Chrétien, dont le parti a gagné les élections en novembre 2000, pour un mandat de quatre ans.
Si M. Chrétien parle d'un départ en février, c'est parce que c'est le mois durant lequel se tient traditionnellement le congrès annuel du parti libéral, qui y choisit ou reconduit son chef.
C'est d'ailleurs lors du congrès de février prochain que Jean Chrétien devait affronter un vote de confiance de son parti, qu'il était loin d'être sûr de gagner. Avec cette annonce surprise d'un départ programmé, il espère bien désormais échapper à cette épreuve.
Il y a encore un an, le pouvoir de Jean Chrétien paraissait solidement établi. Mais, ces derniers mois, son gouvernement a été pris dans une tourmente d'accusations de tout type: favoritisme, conflits d'intérêt, vacances chez des dirigeants de sociétés concluant de juteux contrats avec l'Etat, coûteux rapports introuvables...
Ces scandales à répétition l'ont fait descendre en flèche dans les sondages, à tel point que 72% des Canadiens souhaitaient sa démission fin juillet.
"Le parti libéral est une famille pour moi. J'ai longuement réfléchi aux moyens d'y ramener l'unité, de mettre fin à la guerre intestine, de reprendre des amitiés interrompues", a dit vertueusement M. Chrétien pour justifier ce départ programmé.
Pour convaincre ceux qui douteraient encore, le Premier ministre est allé jusqu'à souligner que sa femme Aline et lui avaient déjà "réservé un appartement à Ottawa afin d'y vivre une fois que mon travail serait accompli".
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