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Mise à jour 08:51(GMT+8), 10/04/2003
MONDE  

Synthèse : Le monde condamne les frappes américaines ayant coûté la vie à des journalistes

De nombreux pays et groupes d'observation des médias ont exprimé leur vive condamnation des frappes américaines qui ont tué trois journalistes étrangers mardi à Bagdad. Ces attaques ont porté à 12 au moins le bilan des journalistes tués depuis le déclenchement, le 20 mars dernier, de la guerre en Irak dirigée par les Etats-Unis.

Moyen-Orient:

Le président libanais Emile Lahoud a vivement condamné les attaques américaines sur des civils irakiens et des journalistes étrangers, a rapporté mardi Oriental Radio.

Le bombardement aux missiles et aux obus sur des zones résidentielles à Bagdad est impardonnable, a affirmé M. Lahoud dans une déclaration, ajoutant que des troupes américaines avaient attaqué volontairement, mardi matin, l'hôtel où logeaient des journalistes étrangers.

"Washington a peur et a tenté d'empêcher les médias de couvrir ce qui se passait à Bagdad et dans d'autres villes", a lancé M. Lahoud.

Le même jour, le ministre jordanien de l'Information, Mohammad Adwan, a déploré la mort du journaliste jordanien Tareq Ayoub, tué à Bagdad dans le cadre de son travail pour la chaîne de télévision qatariote Al-Jazira.

M. Ayoub est mort de graves blessures occasionnées dans un raid aérien américain sur son bureau à Bagdad. Un autre membre de l'équipe d'Al-Jazira à Bagdad, Zohair al-Iraqi, a été légèrement blessé.

M. Ayoub figurait parmi les trois journalistes étrangers tués mardi dans des opérations militaires à Bagdad.

Dans une autre attaque menée par les forces américaines, deux cameramen, un de Reuters et l'autre de la chaîne de télévision espagnole Telecinco, ont péri après qu'un char américain eut tiré un obus sur l'Hôtel Palestine, qui hébergeait la plupart des journalistes occidentaux couvrant la guerre en Irak. Trois autres membres de l'équipe de Reuters à Bagdad ont également été blessés.

Parallèlement, le ministre égyptien de l'Information, Safwat el- Sharif, a dénoncé cet acte. Selon l'agence égyptienne de presse MENA, il a qualifié l'accident de "coup porté au droit à la connaissance et à la liberté de la presse".

Europe:

La Fédération internationale des journalistes basée à Bruxelles a condamné l'acte meurtrier de mardi, disant qu'il constituait un crime de guerre éventuel.

"Il n'y aucun doute sur le fait que ces attaques pourraient avoir visé des journalistes. Si oui, elles sont graves et constituent une grave violation du droit international", a indiqué le secrétaire général de la fédération, Aidan White, dans une déclaration.

"Le bombardement sur des hôtels où habitent des journalistes et des médias arabes constituent des événements particulièrement choquants dans une guerre lancée au nom de la démocratie", a-t-il signalé.

"Ceux qui en sont responsables doivent être traduits en justice ", a-t-il conclu.

En même temps, l'Union européenne (UE) a appelé les parties belligérantes à protéger la sécurité des journalistes, a affirmé le porte-parole de la Commission européenne, Reijo Kemppinen.

Les parties en guerre, a-t-il relevé, doivent respecter les articles de la Convention de Genève et faire de leur mieux pour assurer la sécurité des journalistes et faciliter leur mission.

Nous regrettons ce qui est arrivé à certains journalistes en Irak et souhaitons qu'ils soient mieux protégés", a-t-il affirmé mardi dans une interview téléphonique à des journalistes.

Tôt mardi, la Grèce s'est déclarée préoccupée par la sécurité des journalistes couvrant la guerre en Irak après une attaque sur un hôtel à Bagdad.

Le porte-parole du gouvernement grec et ministre des Médias, Christos Protopapas, a déclaré que le chef de la diplomatie grecque George Papandréou, président en exercice du Conseil des ministres de l'UE, avait contacté le Haut représentant pour la politique extérieure et la défense commune, Javier Solana, et que les deux hommes s'étaient mis d'accord pour faire conjointement un exposé aux Etats-Unis sur la protection de la vie des Européens.

Les préoccupations de l'UE sur la sécurité des journalistes couvrant la guerre en Irak ont également été transmises par M. Papandréou au secrétaire d'Etat adjoint américain Mark Grossman dans un appel téléphonique après les attaques de mardi.

Parallèlement, l'Union des journalistes d'Athènes a condamné ce qu'elle a appelé "l'attaque coordonnée, non-provoquée et criminelle lancée par les envahisseurs américains et britanniques" sur l'hôtel, des stations de radio et de télévision d'Irak, les installations de la chaîne d'"Al-Jazira" et celle d'"Abu Dhabi TV".

Elle a décrit l'attaque comme "un nouveau coup contre le droit à être informé", et a également condamné l'"attaque meurtrière contre l'information et ses fonctions".

L'Union des journalistes portugais a également condamné mardi l'attaque.

"L'union protestera contre les autorités américaines, en particulier devant l'ambassade des Etats-Unis à Lisbonne et le ministère portugais des Affaires étrangères", a fait savoir à la presse Alfredo Maia, président de l'organisation.

M. Maia a déclaré que son union "critiquait les méthodes utilisées" et a affirmé que les professionnels de communication " sont les yeux et oreilles de l'opinion publique".

Le ministre espagnol de la Défense, Féderico Trillor, a conseillé mardi aux journalistes espagnols couvrant la guerre en Irak de quitter l'Irak après la mort de deux journalistes espagnols à Bagdad.

Il a fait état devant les médias espagnols de la possibilité de situations incontrôlées en Irak, où les journalistes deviendraient des cibles militaires.

Etats-Unis:

Le Comité de protection des journalistes basé à New York a envoyé une lettre sur le bilan des journalistes au secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. "Nous pensons que ces attaques violent les Conventions de Genève. Nous vous appelons à lancer une enquête immédiate et complète sur ces incidents et à rendre publics les résultats de cette enquête", relève la lettre.

(Xinhua)




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De nombreux pays et groupes d'observation des médias ont exprimé leur vive condamnation des frappes américaines qui ont tué trois journalistes étrangers mardi à Bagdad. Ces attaques ont porté à 12 au moins le bilan des journalistes tués depuis le déclenchement, le 20 mars dernier, de la guerre en Irak dirigée par les Etats-Unis.

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