Notre Site  Aide  Plan du Site  Archives 
  CHINE
  ECONOMIE
  HORIZON
  MONDE
  SCI-EDU
  SPORTS
  VIE SOCIALE
  ARTICLES
  PHOTOS

  COURRIER
  VOIX DE
      LECTEURS

  APERÇU
  REGIONS
     ADMINISTRATIVES

  ETHNIES
  INSTITUTIONS
  PORTRAITS
  BEIJING
  TIBET
  NOTRE SITE
  PLAN DU SITE
  AIDE
  EMPLOI
Mise à jour 16:57(GMT+8), 18/04/2003
HORIZON  

Synthèse : Destruction et pillage du patrimoine de l'Irak, un des berceaux de la civilisation humaine

Il est bien connu de tous que la splendide civilisation du Tigre et de l'Euphrate rayonnent sur la plaine de Mésopotamie située en Asie occidentale. C'est grâce à ces deux rivières que de nombreux précieux monuments historiques culturels ont été légués à l'Humanité depuis plusieurs millénaires.

L'Irak actuel correspond à l'ancienne Mésopotamie, berceau des civilisations de Sumer, d'Akkad, de Babylone et d'Assyrie, auxquelles l'humanité doit l'écriture, le calcul et ses premières villes. Dans ses musées et sur plus de 10.000 sites archéologiques, le pays renferme des quantités fabuleuses d'objets d'art, témoins des chapitres de l'Histoire qui furent écrits. Le nombre d'objets précieux est innombrable en Irak. Il y existe quelques constructions islamiques de l'époque ancienne dont la Grande Mosquée de Samarra, le tombeau du créateur musulman de la secte Shia et le Jardin aérien de Babylone, une des 7 merveilles du monde. Cette contrée est le lieu de naissance de « Mille et une nuit ». Malgré des guerres du passé, les constructions de l'empire Ottoman continue à être conservées. En outre, à Bagdad il y a le plus grand musée archéologique de l'Irak dans lequel sont préservées les civilisations de Sumériens, de Babylone et d'Assyrie.

L'héritage culturel est selon lui le témoin du développement social de l'Humanité et le porteur important de la civilisation humaine. Ce dernier incarne la mode de pensée et la valeur culturelle propre à une nation, il s'agit aussi la fortune commune de toute l'Humanité. Si les sites et monuments historiques de l'Irak étaient détruis par la guerre, ce serait une honte de l'Humanité tout entière.

La guerre déclenchée par les Etats-Unis contre l'Irak depuis le 20 mars dernier entraîne non seulement des pertes en vies humaines, mais aussi détruit sites historiques et monuments culturels de ce pays à civilisation très ancienne. Des bombardements massifs et incessants sur Bagdad, une ville antique mondialement renommée dans l'Histoire, et de grandes batailles terrestres lancées par les troupes de la coalition anglo-américaine risquaient d'endommager les cités historiques de cette capitale. Bagdad, partie composante très importante de la civilisation des deux rivières, avait été fort touchée dans la guerre du Golfe en 1991 ; elle va de nouveau subir des destructions terribles par les forces de coalition. Tout comme l'a indiqué dans son interview à notre correspondant, Mlle Fatima Mohammed, originaire de Bagdad, les monuments antiques de la ville sont plongés dans une profonde détresse. Par exemple, un missile de la coalition a touché l'enceinte de l'Université de Mustansiriya. 24 h après, les troupes américano-britanniques ont bombardé de nouveau Raghiba Khatoon, ancienne cité dans la capitale et vieux quartier qualifié de « musée naturel » qui a été ainsi détruit.

Depuis la prise de Bagdad par les forces américaines le 9 avril, le musée national, les archives nationales ainsi que d'autres sites culturels ont été pillés ou parfois incendiés par des malfaiteurs.

---Le Musée national irakien, l'un des onze premiers grands dans le monde classé par l'Unesco, renfermait dans ses 20 grands salons l'essentielle des meilleurs objets d'arts de toutes les époques historiques. Malheureusement, l70 000 entre eux ont été pillés et le reste gravement endommagé ; le plus précieux, ce sont deux lions en terre cuite de Babylone et la statue d'homme datant de plus de 5 000 ans.

---Le Musée archéologique de Bagdad

Il y recelait une collection de plus de 200.000 objets d'art provenant essentiellement de l'ancienne Mésopotamie, berceau des civilisations de Sumer, d'Akkad, de Babylone et d'Assyrie, auxquelles l'humanité doit l'écriture, le calcul et ses premières villes. Des poteries et certaines statues ont été cassées et d'autres renversées alors que des caisses en bois vides étaient dispersées sur le sol.

Dans les bureaux administratifs, des documents, des dossiers et des brochures jonchaient le sol.

Certaines salles étaient en grande partie vides mais des vitres d'exposition intactes semblaient indiquer que les pièces qu'elles contenaient avaient été évacuées avant la guerre.

Selon des témoins, Des morceaux d'autres pièces arrachées par la force des murs étaient visibles sur le sol. D'autres, à l'instar de trois pierres tombales portant des inscriptions en calligraphie coufique, étaient toujours en place. Des objets antiques de grande taille, difficiles à transporter, étaient toujours exposés. Des sacs de sable étaient déployés sur le sol pour les protéger en cas de chute. Toutes les pièces qui se trouvaient dans les salles partiellement vides avaient été emportées par les pillards alors que selon d'autres, une partie des oeuvres a été transférée du musée sous la supervision des forces américaines peu après leur entrée en ville.

--La Bibliothèque nationale et celle islamique

Beaucoup de livres, manuscrits, documents précieux, tableaux et objets importants ont été pillés ou incendiés les 14 et 15 avril. On évoquait le plus ancien livre « Le Coran ». Tout est en cendres.

De la Bibliothèque islamique, un homme a emporté un épais ouvrage à couverture rouge très ancien en disant sans vergogne à la presse : « Pour laissez ce livre ici ! »

De plus, selon la délégation irakienne à l'Unesco, deux musées de province, à Mossoul et Tikrit (nord), ont été aussi "pillés, détruits ou brûlés".

Il est à noter que tous ces actes de saccage ont été intervenus dans l'occupation de Bagdad par l'armée américaine. On ne sait pas si ce sont intentionnés on spontanés. Mais on sait bien que les troupes d'occupation en ont la responsabilité. « Le pays occupant et son armée doivent prendre les mesures indispensables pour protéger les biens culturels d'être endommagés par les actions militaires dans le territoire occupé », cite-on une clause de la « Convention sur la protection des biens publics an cas du conflit armé » adopté en 1954 à la Haye par l'Unesco. La Convention de La Haye oblige les parties en guerre à protéger le patrimoine culturel du lieu du conflit ; mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont deux des rares pays à ne pas l'avoir signée.

Des archéologues britanniques s'apitoient sur le destin de l'inestimable patrimoine culturel irakien et reprochent aux forces américano-britanniques de ne pas avoir protégé des pillages les célèbres sites et musées, alors que tous les puits de pétrole du pays ont été sécurisés.

Pour ces experts, c'est une "tragédie". Témoins impuissants du trafic d'objets de grande valeur, ils se résignent à les voir disparaître dans les demeures de riches collectionneurs privés ou de musées peu scrupuleux. "Si vous protégez le ministère du pétrole et si vous ne protégez pas le Musée archéologique de Bagdad, cela reflète l'attitude de la coalition américano-britannique en ce qui concerne le patrimoine culturel", a dénoncé Alex Hunt, chercheur et conservateur du Council for British Archaeology à York (nord).

De leur part, des archéologues américains reçus au Pentagone avant la guerre ont pu sensibiliser les militaires américains à "la probabilité des pillages de sites historiques", identifiant 5.000 sites sensibles à protéger. « Ils étaient informés. Tout ça aurait pu être évité », s'emporte Jeremy Black, spécialiste de l'Irak antique à l'université de Oxford (centre). « Je crois qu'il n'y a pas eu de pillage de cette ampleur depuis la Deuxième guerre mondiale », renchérit Alex Hunt.

---L'Unesco et la communauté internationale mobilisent pour préserver le patrimoine irakien

Suite aux pillages dans le musée archéologique de Bagdad, le directeur général de l'Unesco Koïchiro Matsuura a aussitôt saisi les autorités américaines et britanniques et leur a demandé de prendre immédiatement les mesures de surveillance et de gardiennage des sites archéologiques et institutions culturelles irakiens

Dans un courrier adressé vendredi à l'Administration américaine, le directeur de l'organisation internationale a souligné l'urgence qu'il y avait à préserver des collections et un patrimoine considérés comme l'un des plus riches du monde, en instant sur "la nécessité d'assurer la protection militaire du musée archéologique de Bagdad et du musée de Mossoul". La même demande a été faite auprès des autorités britanniques concernant la région de Bassorah. L'Unesco a également pris contact avec les pays limitrophes de l'Irak pour éviter "l'exportation illicite de biens culturels irakiens''.

Qui plus est, M. Matsuura a annoncé jeudi 17 avril la création d'un " fonds spécial pour le patrimoine culturel irakien". Il a fait cette annonce à l'ouverture d'une conférence spéciale sur la protection du patrimoine irakien au siège de l'Unesco, à laquelle participent une trentaine d'experts irakiens et internationaux. Il a également proposé la mise en place de " mesures d'urgence" pour protéger le patrimoine historique et culturel irakien.

Selon lui, le fonds spécial sera alimenté par les contributions de nombreux pays dont l'Italie " qui a été la première à offrir une contribution de 400 000 dollars" et d'autres pays "dont la liste grandit chaque jour". Les autres pays contributeurs seront la France, le Qatar, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Egypte. Diverses institutions y participeront également.

Cette conférence vise à faire le point sur l'état du patrimoine en Irak et décider d'une stratégie d'intervention d'urgence, après le pillage notamment des musées de Bagdad et Mossoul (nord), au lendemain de la prise de Bagdad et des principales villes irakiennes par les troupes américaines.

Parallèlement, Institutions, Etats ou archéologues se mobilisent pour éviter une "catastrophe", après les pillages du patrimoine irakien.

Le secrétaire général des Nations-Unies Kofi Annan a déploré "les pertes catastrophiques subies par le patrimoine culturel irakien. Et, dans une déclaration rendue publique, il a demandé "aux autorités de la coalition de protéger immédiatement les sites religieux et archéologiques, les musées et autres institutions culturelles afin de prévenir de nouvelles pertes".

En Allemagne, le ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer s'est dit très préoccupé par le pillage des collections archéologiques irakiennes et a proposé l'aide de l'Allemagne pour préserver le patrimoine culturel du pays. Selon lui, afin d'empêcher la tentation de nouvelles pertes et de nouveaux dégâts, il faut que les objets volés ne trouvent pas d'acheteurs et soient retournés au Musée national irakien.

En Italie, un groupe d'archéologues et d'historiens de l'art a déposé mardi devant le parlement un appel pour que Rome et l'Unesco prennent des "mesures urgentes".

Au Pays-bas, la Fondation NedArt, spécialisée dans la préservation du patrimoine culturel, a appelé les marchands d'art et les antiquaires néerlandais à faire preuve de vigilance et à ne pas acheter des objets récemment pillés dans le musée de Bagdad.

Et le British Museum a envisagé d'envoyer des archéologues et des conservateurs en Irak pour aider leurs homologues irakiens à sauvegarder les trésors du pays.

« C'est une véritable catastrophe pour le patrimoine culturel de l'Irak », a regretté le directeur du musée, Neil MacGregor et d'ajouter : « Nous espérons que le gouvernement britannique et la communauté internationale réagiront rapidement et prendront les mesures nécessaires pour éviter des dégâts supplémentaires, retrouver les objets pillés et conserver ceux qui peuvent encore être restaurés ».

A New York, l'Aga Khan, chef spirituel de la communauté chiite des Ismaéliens, les destructions des trésors culturels irakiens.

A Londres, un groupe d'éminents archéologues a publié un texte dans le quotidien britannique The Guardian. Ils sont particulièrement indignés par les pressions exercées aux Etats-Unis en faveur d'un "assouplissement de la législation protégeant l'héritage culturel irakien" -qui interdit la vente d' oeuvres à l'étranger- au motif que les pièces seraient plus en sécurité aux Etats-Unis.

D'après Jeremy Black, il existe "des groupes très organisés, spécialisés dans la contrebande, avec des connections à l'intérieur de l'Irak. Ces gens ciblent des objets spécifiques", car ils répondent à des commandes de trafiquants travaillant pour des collectionneurs. Le circuit habituel passe "par la Jordanie, Israël, la Suisse, Paris, Londres et New-York. Les voleurs connaissent les endroits où il y a un marché", précise le spécialiste d'Oxford, qui a passé 6 ans en Irak dans les années 80. Il souligne que depuis la guerre du Golfe en 1991, des réseaux occultes se sont mis en place.

"Une fois que les pièces sont sorties d'Irak, il est quasiment impossible de les récupérer", se désole M. Black.

Washington et Londres se sont récemment engagées à agir pour la protection du patrimoine historique irakien, mais pour les archéologues, c'est trop tard. Quelle catastrophe, quel crime !




Sous Cette Rubrique
 

Il est bien connu de tous que la splendide civilisation du Tigre et de l'Euphrate rayonnent sur la plaine de Mésopotamie située en Asie occidentale. C'est grâce à ces deux rivières que de nombreux précieux monuments historiques culturels ont été légués à l'Humanité depuis plusieurs millénaires.

Recherche avancée


 


Copyright © 2000-2003   Le Quotidien du Peuple en ligne  Tous droits réservés.