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Découverte : La civette est-elle une source du Sras ?
En Chine vient de découvrir de nouveau genre de virus de la pneumonie atypique chez des animaux sauvages dont la civette (Viverra civetta), petit mammifère ressemblant à un gros chat.
Cela a suscité des appréciations différentes, en poussant les recherches en profondeur en ce qui concerne les vecteurs du virus du Sras et de la chaîne de sa propagation. Cette nouvelle découverte a des conséquences importantes pour la maîtrise de cette contamination.
---Un groupe de spécialistes a réussi à tester un coronavirus chez la civette, la chauve-souris, le serpent et d'autres animaux, dont la séquence génomique corresponds parfaitement à celle de celui du Sras. Cette réussite a été acquise sur l'analyse de spécimens de sang et d'organes d'un millier d'animaux sauvages appartenant aux 59 espèces collectés au marché et au Centre de protection des animaux sauvages à Guangdong grâce aux travaux de recherches effectués par ce groupe composé d'experts du Ministère de l'Agriculture, de l'Université agronome Huanan (Chine du Sud) et du Bureau provincial de la surveillance antiépidémique du Guangdong.
--L'autre résultat des études sur la découverte d'un coronavirus chez la civette a été annoncé le 23 mai dans un briefing à Shenzhen par le Centre de la prévention et du contrôle des maladies (CDC) de cette ville dans la province du Guangdong et l'Université de Hongkong.
En effet, cette découverte est due aux efforts des chercheurs du Groupe conjoint qui comprend le CDC de Shenzhen, la Faculté des Microbes de l'Université de Hongkong, le Bureau de la surveillance antiépidémique des animaux de Shenzhen et le Service de protection des animaux et plantes sauvages.
L'analyse continuelle qu'ils ont effectuée sur la séquence génomique du virus a prouvé que celui de tel animal est peut-être porteur présumé de coronavirus du Sras. Mais cela a suscité des commentaires différents dans le milieu scientifique et de la santé. L'OMS en a émis un doute.
Au dire de M. Zhuang Zhixiong, directeur du CDC de Shenzhen, il s'agit là d'une hypothèse mais non d'une conclusion sur l'origine du Sras ; ils continuent les recherches pour trouver d'où vient le virus réel et le lien entre les anticorps de l'homme et ceux d'animaux.
(I) PROCESSUS DE RECHERCHES
Le 16 avril, l'Organisation mondiale de la Santé avait annoncé que l'origine du Sras est une variation de coronavirus. Mais d'où vient-il ce nouveau virus?
Naturellement, on a exclu ces plusieurs dizaines de coronavirus qui avaient été découverts principalement chez trois espèces d'animaux : (I) ceux comme boeuf ; (2) ceux comme cochon et rat ; (3) coq et d'autre volailles. On suppose qu'il y aurait la 4è espèce qui, aussi en parenté avec l'homme, serait une sorte de mammifère. C'est sur la base des enquêtes dans l'épidémiologie, les chercheurs du Groupe Shenzhen-Hongkong ont estimé que ce coronavirus inconnu pourrait provenir de certains animaux sauvages. Au terme d'un recensement sur de nombreux mammifères, ils ont désigné comme objectifs 8 probables tels que : civette, blaireau des sables, munjiak, raton laveur, chien viverrin, castor, etc.
Le 7 mai, collaborant avec les services agricole et sylvicole de Shenzhen, le Groupe conjoint a prélevé 25 mammifères de ces 8 espèces en vente dans des marchés. Ayant collecté des échantillons dont selles, essuie-anus et essuie-rhinopharynx chez ces animaux sauvages, ils y ont étudié le sérum, la pathologie et l'épidémiologie.
Le 11 mai, ils ont découvert que les spécimens de la civette se présentent positifs à l'issue d'un test PCR, et contiennent une grande quantité de virus et facilement repéré. De nouveaux tests effectués sur d'autres échantillons ont donné un résultat de plus en plus clair.
Le 14 mai est parvenue la dernière nouvelle: nos chercheurs ont réussi à isoler trois genres de virus à partir des spécimens de la civette et un autre virus de celui d'un chien viverrin. Ils ont confirmé qu'il s'agit là d'un coronavirus d'après l'analyse sur sa morphologie.
Dix jours plus tard, le Groupe conjoint a rendu public cet acquis des recherches, indiquant le coronavirus à l'origine du Sras sur la civette. "Cette découverte a des conséquences extrêmement importantes pour la maîtrise de cette contamination", soulignait le communiqué.
Immédiatement, la nouvelle a été rapportée par le « Yangcheng wanbao »( Yangcheng Evening News-Canton, ville aux cinq moutons)
En confirmant la parenté du virus de ces animaux avec celui du Sras chez l'être humain, leurs travaux d'études contribuent à mieux connaître l'origine du virus de cette épidémie. Ce virus de cet animal présente une similitude presque parfaite avec le coronavirus de Sras, c-à-d 99% pour leur origine commune.
D'autres part, les chercheurs ont aussi découvert des anticorps provoquant le Sras chez une dizaine de négociants d'animaux sauvages n'ayant pas développé les symptômes de la maladie. A l'issue de l'analyse sur les anticorps, 5 d'entre eux présentaient une réaction positive, selon He Yaqing, directeur adjoint du centre de recherche sur les maladies de Shenzhen.
Cette découverte semblerait montrer que la forme du coronavirus qu'on soupçonne avoir franchi la barrière des espèces, soit depuis la civette, soit depuis le chien viverrin, vers l'homme, serait moins dangereuse que le coronavirus du Sras. Mais le virus du genre peut contaminer ceux qui ont un contact proche. Ce qui a fourni une piste et une base pour les recherches sur l'origine et la chaîne de propagation du Sras.
----DEUX QUESTIONS DIRECTES
(I) Est-ce que ce genre de virus chez la civette peut se transmettre au corps humain ?
D'après un test IgC effectué sur l26 personnels médicaux dans la ville de Shenzhen, on n'a remarqué que 2 d'entre eux se présentaient une réaction positive, tandis que parmi 25 citadins testés, aucun n'a été en réaction positive. Mais, un autre test sur une dizaine de négociants ou d'autres en contact étroit dans le commerce d'animaux sauvages, la moitié d'entre eux se présentaient la réaction positive. Ce qui a donné une preuve : ces trois groupes de gens ont été infectés par le virus de Sras. Alors le virus chez l'animal serait-il transmissible directement au corps humain, voilà un sujet qui méritera d'être étudié encore davantage. Pourtant, il est nécessaire de renforcer le contrôle et la stérilisation des animaux sauvages et les centres de distributions concernés.
(2) Pourquoi ce virus du genre Sras n'a commencé aujourd'hui qu'à contaminer l'homme ?
Le virus a aussi ses variations. Le virus de Sras trouvé chez cet animal sauvage est le porteur présumé de celui dans le corps humain. Mais, on ne peut pas garantir si le virus de cet animal-là avait son précédé. Selon notre analyse, après être passé par l'animal, le virus du Sras subirait des modifications en pénétrant dans le corps humain qui augmentent sa dangerosité, expliquent les chercheurs et d'ajouter : "L'étude portant sur les négociants en animaux sauvages chez lesquels se sont développés des anticorps du Sras montre que ces derniers, une fois contaminés, ont guéri d'eux-mêmes sans qu'apparaissent de symptômes".
(II) APPRECIATIONS DIFFRENTES
---Pour des scientifiques, il s'agit d'une découverte majeure dans la lutte contre le virus à l'origine du Sras, dont l'épidémie a fait près de 700 morts dans le monde sur plus de 8.000 contaminations.
Tout comme l'a indiqué, Wang Hongguang, directeur du Centre pour le développement du génie biologique en Chine, nous sommes d'organiser nos scientifiques à vérifier ce problème. Si cette conclusion sera justifiée, elle exercera une grande influence dans la conquête sur l'origine du virus de Sras, la règle et le mécanisme de sa propagation ainsi que les mesures de préventions et de contrôle s'y rapportant.
--Au Ministère de la Santé, le spécialiste de la santé publique, M. Rao Keqin, directeur du Centre des informations a indiqué : Si cette thèse est confirmée, alors le virus qui, n'ayant pas de symptômes évidents cher l'animal deviendrait l'épidémie s'il contaminait l'homme. Donc, cette découverte contribue dans une certaine mesure à couper la source de l'infection et à chercher des moyens justes pour la prévention et le contrôle de l'épidémie de Sras.
--Pour l'OMS, il est trop tôt de pouvoir tirer une conclusion justifiant que les animaux sauvages puissent jouer un certain rôle dans la propagation de Sras. Selon une information sur le site web officiel à Genève, l'Organisation mondiale de la Santé a faite une appréciation positive sur les acquis du Groupe conjoint de Shenzhen et de Hongkong ; mais elle a lancé quelques points de doute : primo, leurs spécimens proviennent d'un marché d'animaux ; secundo, l'infection entre animaux mérite d'une étude approfondie, parc que ces civettes désignées auraient été contaminées par d'autres gibiers de chasse. Et j'en passe.
C'est ce qu'a cité à la presse M. Du Xin'an, directeur de l'Institut des maladies épidémiques et microbiologies. Bien que ces scientifiques ont trouvé une telle preuve sur des spécimens de certains animaux sauvages, on n'arrive pas à justifier si ce virus chez l'animal est porté sur soi ou transmis par l'autre animal ou par l'homme, a-t-il souligné.
--NOUVELLES ETUDES EN COURS
Un groupe de 4 spécialistes forts en épidémie venus des Ministère de la Santé publique et de
l'Agriculture se sont rendus le 27 mai dans le sud-ouest de la province du Jiangsi, pour collecter les échantillons de la civette soupçonnée d'être porteuse du virus du Sras, dans le but d'effectuer un test de justification et de mener en profondeur les recherches sur l'origine de cette épidémie.
En compagnie de collègues du Centre provincial de contrôle des maladies et de la Direction pour l'agriculture du Jiangsu, ils poursuivent leurs travaux d'études dans une grande base de l'élevage des civettes dont la bonne partie se vendent bien dans la région côtière et le Guangdong en particulier.
Le Jiangsu se classe 2è pour le taux de sa couverture forestière à l'échelle nationale et possède des conditions particulièrement favorables aux animaux et oiseaux sauvages et rares.
--DOCU brève sur la CIVETTE
Mammifère, La civette (Viverra civetta) a l'apparence d'un gros chat aux pattes courtes d'une vingtaine de kilos, avec un corps trapu, un pelage de couleur grise avec des tâches noires. Le dos est surmonté d'une crête noire, le cou a des bandes noires et les pattes sont totalement noires, sur le front jusqu'au nez étend une ligne blanche.
Animal sauvage qui sort souvent dans la nuit, la civette vit principalement dans les forêts de
Collines d'altitude base et moyenne, aux régions subtropicales, ou encore dans les provinces
le Jiangsu et le Zhejiang à l'Est, et le Hebei, le Shaanxi et le Shanxi au Nord. Il existe bon nombre
domestiqué dans la campagne
La civette fut citée comme animal très précieux dans « l'Encyclopédie Médecine » de Li Shizhen sous la Dynastie des Ming, la viande de la civette est très appréciée dans la gastronomie chinoise. Considérée comme le premier par les mets les plus rares et des produits les plus toniques de la montagne, elle figure dans la liste des menus du banquet d'Etat, par exemple sous l'appellation « Civette cuite à feu doux et à la sauce de soja » etc. Elle est demandée au marché et consommée dans des régions sud comme la province du Guangdong.
La civette se vend à prix cher au marché surtout pour de grands restaurants et hôtels. A citer un chiffre, le prix d'un kilo s'est passé de 40 yuans en 1988 à 200 yuans en 2003, voire jusqu'à mille yuans pour la pièce au marché. Et grâce aux expériences acquises, l'élevage se développe de façon fulgurante pour qu'une civette puisse donner deux portées par an, ce qui rapporte des bénéfices considérables.
PROTECTION D 'ANIMAUX SAUVAGES ET RARES AU GUANGDONG :
Le Bureau provincial des Forêts vient de publier une circulaire d'urgence lundi soir afin de resserrer son contrôle de l'élevage, la domestication et l'usage à des fins commerciales des animaux sauvages. Toutes les licences autorisant la chasse, le transport, l'achat et la vente des animaux sauvages, ainsi que les certificats autorisant l'importation et l'exportation des animaux sauvages, déjà attribués par des administrations concernées, doivent être retirés immédiatement, selon la circulaire.
Depuis des années, les exploitations agricoles à G uangzhou et dans les environs pratiquent l'élevage à la fois des civettes et des ratons-laveurs, notamment du fait de la diminution du cheptel sauvage et de l'augmentation de la demande. Accusés par les scientifiques d'être porteurs du virus de l'épidémie atypique, civettes et ratons laveurs ont disparu du marché traditionnel de la banlieue de Canton.« Non, nous n'avons pas de ça ici. Personne de veut de cet animal dans la mesure où ils lui font porter la responsabilité de la pneumonie atypique », affirme un commerçant au marché des animaux sauvages de Dongbao. Désormais, comme sur tous les autres marchés de la ville, il est impossible de trouver une civette. De nombreux restaurants et hôtels ont décidé de ne plus offrir des plats de la civette, tandis que beaucoup d'habitants n'osent plus consommer la viande de cet animal.
SHANGHAI: Le Bureau municipal chargé de la protection des animaux sauvages a pris les mesures d'isoler la civette dans deux aires de l'élevage, ordonnant de les fermer, et d'interdire tout transport, toute vente, et toute préparation pour la consommation.
BEIJING : la Municipalité a décidé d'effectuer un contrôle du marché en vue de protéger la civette déclarée animal sauvage de premier ordre qui, vit en petit nombre notamment dans trois districts de la banlieue dont Mentougou, Yanqing et Shunyi. Une base de l'élevage de la civette récemment instaurée est fermée sous ordre municipal.
La consommation d'animaux sauvages et rares suscite l'attention générale. L'Association chinoise pour la protection des animaux sauvages appelle à prendre les mesures rigoureuses pour mettre un terme au trafic et à la vente de ces bêtes menacées. Selon son récente enquête dans une 21 villes grandes et moyennes, la moitié des restaurants préparent des mets exquis d'animaux sauvages et 46,2% des urbains en ont dégusté tandis que 2 ,7% d'autre en consomment souvent. Autre exemple frappant, rien qu'au 12 mai dernier, on a confisqué plus de dix mille animaux sauvages transportant dans trois vols réguliers à l'aéroport Baiyun de Canton.
Départements de protection et organisations écologiques ont demandé d'interdire la consommation d'animaux sauvages telle que la civette protégée par la Convention de Washington sur les espèces menacées.
Des personnalités de divers milieux ont appelé à réviser la « Loi sur la protection des animaux sauvages » déjà en vigueur depuis une dizaine d'années en Chine.
M. Zhu Youlin, député de Hongkong à l'APN (Assemblée populaire nationale de Chine) a réclamé d'insérer dans cette Loi une clause interdisant toute consommation des animaux sauvages.
De son côté, M. Liang Congjia, membre de la CCPPC (Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois) a proposé d'apporter des amendements à la Loi concernée, comme l'interdiction totale dans le commerce d'animaux sauvages ou dans la chasse à des fins intentionnées ainsi que dans la consommation; l'élargissement de la sphère de la protection des animaux sauvages et d'autres espèces rares ou en voie de disparition.
----Le Quotidien du Peuple en ligne le 29 mai 2003---
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