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« Wu Zuoren et Xiao Shufang, un grand couple des beaux-arts»
 Wu Zuoren (1908-1997), un des fondateurs et représentants les plus remarquables de l'école de la peinture à l'huile en Chine
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Dans le cadre de l'Année de la Chine en France, à la Mairie du VIIIè arrondissement de Paris se tient, du 21 octobre jusqu'au 15 décembre, une rétrospective des oeuvres du maître Wu Zuoren (1908-1997), un des fondateurs et représentants les plus remarquables de l'école de la peinture à l'huile en Chine.
Et « Tibétaine porteuse de l'eau », une de ses chefs d'oeuvre à l'huile participe à la grande exposition « La première lueur en Orient---les peintures chinoises au 20è siècle » qui se tient actuellement au palais de la Porte dorée dans la capitale française.
VERNISSAGE ET Lettre de Mme Xiao Shufang
A la cérémonie inaugurale de l'Exposition Wu Zuoren qui a eu lieu la veille, Mme Xiao Shuxiang, son épouse et aussi peintre célèbre, en raison de l'âge avancé, (93 ans), y a envoyé un message de félicitations et de remerciements, lettre lue devant toute l'assistance par sa petite fille Wu Ning.
« Zuoren avait fait ses études en France et en Belgique qui lui donnèrent beaucoup. A travers ses oeuvres, il n'est pas difficile de constater que l'influence de l'art occidental restait dans toute sa carrière », a-t-elle dit.
Après avoir évoqué la dernière exposition conjointe avec son mari tenue en 1987 au Musée Cernuschi, Mme Wu a formé les voeux que la présente Exposition puisse contribuer à promouvoir les échanges des arts et culture entre nos deux pays et entre l'Orient et l'Occident
Y étaient présents de nombreux personnalités et invités dont M. François Lebel, maire du 8 arrondissement, M. Zhao Jinjun, ambassadeur de Chine en France. M. Hou Yimin, président de la Fondation des Beaux-Arts Wu Zuoren, Shan Yusheng, gendre du couple Wu Zuoren, Wu Ning et son mari. Mme Qian Wei, épouse de l'ambassadeur, encore MM Liu Shen et Liu Zhiyuan, respectivement ministre conseiller culturel de l'ambassade de Chine et président du Centre culturel de Chine à Paris, etc.
Dans son allocution, l'ambassadeur Zhao a indiqué que cette activité aidera le public français à mieux connaître les arts et la culture chinois. De son côté, M. Label s'est dit fier de la participation directe à l'Année de la Chine en France en souhaitant la réussite de cette exposition.
L'exposition offre ses 37 oeuvres representatives choisies parmi deux centaines par la Fondation des Beaux-Arts Wu Zuoren. On y remarque notamment un croquis sur le corps humain qu'il avait accompli en 1930 pendant son séjour à Paris, 3 tableaux à l'huile, 1 aquarelle et 5 esquisses réalisés dans les années 50, les lavis à l'encre de Chine dont Yack, chameau, panda géant, aigle, grue couronnée, cyprin doré, ainsi que calligraphies accomplis dans les années 70 et 80, le tout permettant au public français de découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de ce peintre exceptionnel au style traditionnel et moderne. « C'est le fruit des échanges culturels entre l'Occident et l'Orient » a estimé un vieil artiste français.
"Exposition Wu Zuoren" 22 octobre au 12 décembre 2003 Mairie du VIIIè Arrondissement 3, Rue de Lisbonne, 75008 Paris Tel : (01) 44 90 75 08
GRAND MESSAGER des Arts & Culture entre l'Orient et l'Occident
Originaire du comté Jingxian, province de l'Anhui, Wu Zuoren est né 1908 à Suzhou, ville considérée comme paradis terrestre, dans la province du Jiangsu. Entré à 17 ans dans l'Université des Arts de Shanghai, il étudia à l'Institut Nanguo des Beaux-Arts, penchant pour les esquisses. En 1929 à Nanjing, il suivit les cours à l'atelier de Xu Beihong, professeur de la Faculté des arts de l'Université centrale, devenant disciple de Xu et fit connaissance de Xiao Shufang, sa future épouse. C'est en 1930 qu'il se rendit à Paris et entra à l'Ecole supérieure des Beaux-Arts où il étudiait la peinture à l'huile à l'atelier du professeur Simon. Vers la fin de cette année-là, il fut passé à Bruxelles pour poursuivre ses études à l'Institut royal des Beaux-Arts de Belgique où il prit pour maître le professeur Bastien, recteur et peintre réaliste de renom. Ce fut dans cette école il réalisa en 1931 un tableau à l'huile « Corps masculin » qui remporta la « Médaille d'or », aussi lui valut le titre de Couronne, premier lauréat à l'issue d'un examen général de la peinture à l'huile. En 1933, il fut encore lauréat de l'examen collectif sur la sculpture, obtenant la médaille d'or. Basant à Bruxelles, il faisait des voyages dans d'autres pays ouest-européens pour s'inspirer du style occidental en faveur de ses créations artistiques.
Rapatrié en 1935, Wu Zuoren fut nommé professeur à la Faculté des arts de l'Université centrale de Nanjing, alors capitale de République nationale. Il fut passé maître dans les expressions traditionnelles de la peinture chinoise. Reprenant la technique du lavis, peinture à l'encre sur papier, il lui a donné un souffle nouveau.
TOURNANT vers l'esthétisme chinois---Pendant la Guerre de Résistance à l'agression japonaise, il suivit l'école qui se transféra à Chongqing, grande métropole du Sichuan, Sud-Ouest, capitale temporaire plusieurs fois bombardée par des avions japonais. De 1943 à 1945, il fit un long voyage professionnel dans des régions reculées et frontalières, voyage continu et une révélation. L'immensité des étendues steppiques et arides, le rapport entretenu par les nomades avec cet environnement stimulèrent sa création artistique dont le tableau chef-d'oeuvre : « Une Tibétaine porteuse de l'eau ». Ce fut un tournant dans sa carrière : de la peinture à l'huile vers la celle à la chinoise. Il découvrit que le langage à l'encre de Chine exprimait au mieux son propre intérieur et ses intentions artistiques.
En 1947, de concert avec Xu Beihong, et en compagnie de son épouse Xiao Shufang, il se rendit à Beiping (Beijing) pour reconstruire le Collège national des Arts dont il fut engagé comme professeur de la peinture à l'huile. Dans la même année, invité à donner des conférences en Europe, il avait tenu des expositions solo en Grande-Bretagne, en France, en Suisse et dans plusieurs villes chinoises. Parmi ses tableaux, notons « Lac du mont Fozi » et « Portrait de Qi Baishi.
Depuis l'avènement de la Chine nouvelle, Il fut professeur et recteur du Collège d'art de Beiping, professeur et directeur de l'Institut central des beaux-arts fondé en 1950 puis directeur honoraire, président de l'Association des peintres chinois, vice-président de la Fédération nationale de la littérature et des arts, membre du Comité permanent de l'APN (l'Assemblée populaire nationale ) et du Comité national de la CCPPC (Conférence consultative politique du Peuple chinois), ainsi que vice-président de la commission des conseillers de la Ligue démocratique. Etc. .
Il s'intéressa à la peinture à l'huile, à la peinture chinoise et à la calligraphie. Son style est net, précis et fluide, car il maîtrisait à fond les techniques de peinture à l'huile. Ses peintures sont réalistes et suggestives, les formes naturelles.
Wu Zuoren aimait tant la culture traditionnelle chinoise, lisait avec grand intérêt les classiques, poèmes et proses, les différentes écoles de pensées. Grâce à ses recherches inlassables de longue haleine, il a fini par accomplir le retour de ses créations vers le système de la conception esthétique propre à la Chine.
« L'art, c'est ma vie » « La vie, c'est sans moi », tels critères qui le guident dans sa carrière et pour sa vie. « Les méthodes changent selon mon gré, et l'art, c'est pour ma vie », telle est sa vision artistique. Suivant la voie de création « Apprendre auprès de la Nature, créer aussi merveilleux qu'une oeuvre de la nature », il a hérité et développé notre tradition, en frayant une nouvelle physionomie à la peinture à l'encre de Chine, ce y apportant une grande contribution tant sur la théorique que la pratique. C'est un grand maître et éducateur en la matière qui a perpétué la tradition dans les annales de nos beaux-arts modernes.
De la rencontre entre ces deux cultures artistiques naquit le style de Wu Zuoren : profondément habité par la culture chinoise mais également ouvert au langage artistique occidental, le peintre se crée une identité propre et originale.
Passionné de culture ancienne, l'artiste était néanmoins habité par le souci constant d'apporter un souffle nouveau à la peinture chinoise, en particulier, au lavis de style traditionnel.
En Chine, Wu Zuoren a transmis avec passion son art à de nombreux disciples. Mais son oeuvre principale a été de faire connaître la culture chinoise à travers le monde et de donner une place à part entière à la peinture de son pays dans l'art du XXème siècle.
Par la spontanéité de leur composition et de leur justesse, ces ?uvres animalières lui valurent en Chine une célébrité immédiate. Membre éminent de différentes sociétés et institutions artistiques, il contribua par des colloques internationaux à la diffusion en Europe et en Amérique du Nord de la peinture chinoise contemporaine. Ses peintures ont été explosées à maintes reprises en Asie, Europe, Amérique et Océanie. Bon nombre d'elles ont été acquises par des collectionneurs et musées d'autres pays. .
Actif artisan du développement des échanges culturels avec la France et la Belgique, il a reçu en 1984, la croix de « Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres » décerné par le gouvernement français. En 1986, le roi des Belges lui a décerné la médaille de la Couronne. En 1993, il a reçu le « Prix spécial du peintre chinois le plus remarquable » dans la grande Exposition biennale tenue à Paris.
Wu Zuoren est décédé en 1997 à la suite des maladies.
Rappelons aussi que pour marquer le 5è anniversaire de sa disparition a eu lieu le 2 avril 2002 au Monument du Siècle de la nation à Beijing une exposition des 70 belles oeuvres de Wu Zuoren et des 177 autres dons de 178 amis peintres dont Feng Faji, Hua Junwu, Luo Gongliu et Yi Shangyi.
Et le 23 avril 2003 s'est tenue aussi à Shanghai une Rétrospective de la carrière de Wu Zuoren au Palais des beaux-arts de la ville avec 125 de ses oeuvres en signe d'hommage à ce grand maître des arts à l'occasion du 95è anniversaire de sa naissance.
XIAO SHUFANG, maître de peinture des fleurs
Née en 1911 dans une famille intellectuelle dont son oncle Xiao Youmei, ami de Sun Yat-sen (qui dirigea la révolution pour renverser la dynastie des Qing), et pionner et fondateur de la musique moderne. Depuis l'enfance, elle reçut une bonne éducation sur les arts. A 15 ans, elle entra à l'Institut des beaux-arts de Beijing, pour apprendre la peinture occidentale auprès du professeur français Clodoald, et de Li Chaoshi diplômé en France. En 1929 à la Faculté des Arts de l'Université centrale de Nanjing, elle prenait Xu Beihong pour maître à l'atelier de croquis et peintures à l'huile où il fit connaissance de Wu Zuoren, son futur mari. Et au début des années 30, elle apprit la peinture à l'encre de Chine auprès de Qi Baishi, Wang Chensheng, Tang Dingzhi et Chen Shaolu.
1937 à 1939, elle étudia la gravure sur bois en Suisse ; elle se rendit à Londres pour s'inspirer des sculptures dans l'école des beaux-arts Stabe Schouol et à Paris pour les portraits sur le vivant.
Rapatriée en 1940, elle enseignait les beaux-arts au lycée de filles Peicheng de Shanghai et l'école spécialisée normale Et en 1947 ; elle et son mari accompagnèrent à Beiping pour prendre possession de l'école spécialisée des arts. ; puis professeur de l'Institut central des Beaux-arts fondé en 1950, elle poursuit l'enseignement tout en consacrant aux créations nouvelles notamment en ce qui concerne la peintures traditionnelle des fleurs à laquelle se mêlait le style occidental. C'est en combinant la peintures à l'encre chinois et l'aquarelle qu'elle créé ses peintures originales dont beaucoup ont été choisies comme dons et souvenir ou collections dans de nombreux pays dont la France, les Etats-Unis et le Japon.
Pour marquer son 90è anniversaire de naissance, a eu lieu le 14 août 2001 au Palais des Beaux-arts de Chine une grande exposition de ses 250 oeuvres dont 30 tableaux à l'huile des années 30, 16 peintures à l'encre chinois dans les années 40, 36 aquarelles ; 150 peintures traditionnelles ainsi que 12 reproductions. Et parut en même temps un album « Xiao Shufang, 91 ans » fort apprécié par le public.
-----Le Quotidien du Peuple en ligne, le 29 2003 -----
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