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Pourquoi les Chinois payent-ils la note ?
Le proverbe : « la nourriture est la première nécessité du peuple », s'est formé pendant la longue civilisation agricole chinoise. Donner une réception est donc devenu un moyen fréquent de communication. En Chine, un pays où l'on manifeste de la courtoisie, les gens aiment répondre à la courtoisie par la courtoisie. Rendre une invitation, en tant qu'usage, est une habitude qui perdure. Pour tenter d'y voir plus clair, les économistes exposent, sous différents angles et d'une façon intéressante, les principes économiques de cet acte.
Quand un groupe de Chinois prennent un repas, c'est habituellement l'un d'entre eux qui paie l'addition. Au contraire, les étrangers ont coutume de partager la note. Il est d'usage de dire que c'est du fait de la différence culturelle. Si l'on s'interroge sur la manière dont cette différence culturelle s'est formée, il n'est pas certain que beaucoup sachent y répondre.
Les économistes répondent souvent à cette question par le concept de « mobilité ». Selon eux, dans l'histoire de la Chine, caractérisée par la civilisation agricole, les gens étaient sédentaires. En invitant des amis à un repas, une personne pouvait complètement escompter un banquet de retour. Les gens alternaient donc le paiement. A longue échéance, personne ne subissait donc de pertes. En revanche, en Occident, où les gens étaient beaucoup plus mobiles, les chances étaient fortes que les convives ne se revoient plus. En conséquence, le partage équitable est le meilleur choix pour que les intérêts de chacun ne soient pas lésés.
On constate que les deux processus sont à l'arrivée assez similaires : En Chine, c'est un « partage » de multiples fois sur une longue durée; en Occident, c'est le « partage » d'une fois.
Quand les paysans font un grand festin lors des mariages ou des funérailles, ils s'offrent de grands cadeaux. Les gens qui donnent le repas, éprouvent-ils des pertes ? Non. En fait, c'est encore une fois le partage à multiples fois. Dans les villes, les rites sont moins importants, peut-être aussi du fait de la « mobilité ». Les citadins se réunissent un jour et se séparent le lendemain. Même si les camarades de classe, une fois le diplôme acquis, travaillent dans la même ville, ils oublient souvent de rester en contact et se perdent de vue. Il est peu aisé, dans ces conditions, de « répondre à la courtoisie par la courtoisie ».
Ceci nous amène à nous poser de nouvelles questions : les ruraux aiment davantage avoir des enfants que les citadins et la majorité des gens préfèrent avoir un fils qu'une fille. A la campagne où les gens sont peu mobiles, les jeunes gens ont peu de possibilité de quitter leur village. Faire des enfants est perçu comme une promesse de profit plus stable, et qui stimulera encore plus les naissances. Donc, dans les campagnes, les paysans investissent d'abord sur leurs enfants avant d'être aidés par ces derniers. C'est le proverbe ancien « élever des enfants pour se protéger de la vieillesse ». Au contraire, dans les villes, les enfants sont plus mobiles et beaucoup d'entre eux quittent le foyer en grandissant. Ce n'est pas toujours facile de compter sur eux ! Les bénéfices à prévoir sont inférieurs et hypothétiques. Dans ce cas-là, donner peu de naissance ou donner leur indépendance le plus tôt possible aux jeunes gens est devenu un choix avantageux pour les parents. En ce qui concerne le concept de « faire grand cas de l'homme et de mépriser la femme », cela provient aussi du fait que les filles, en se mariant, deviennent plus mobiles que les garçons.
En conclusion, si les Chinois se mettent aussi à partager l'addition comme les occidentaux, ce n'est pas qu'ils s'"occidentalisent", mais c'est qu'ils sont simples devenus plus mobiles.
(CIIC)
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