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Sur le cours moyen
du Yangtsé en Chine pousse un arbre dont on incise l'écorce. De l'incision
suinte un latex d'aspect crémeux. L'arbre s'appelle le laquier et l'exsudat,
la laque.
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Vase
en laque
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Il y a plusieurs dizaines de siècles, le Chinois savait déjà appliquer cette
substance sur des véhicules, des armes et des instruments musicaux. Les
objets ainsi recouverts deviennent plus solides, résistent mieux à l'usure
et, après polissage, brillent d'un vif éclat. C'est sur cette base que s'est
développé peu à peu l'art du laque propre à la Chine.
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miroir
en laque
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Au début des années
70 du dernier siècle, on a découvert à l'intérieur d'une tombe située dans
la banlieue de Changsha, province du Hunan, un cadavre de femme intact
ainsi qu'un grand nombre d'objets funéraires. Cette sépulture remonte à 2
100 ans environ, soit à la dynastie des Han de l'Ouest. Parmi les objets
mis au jour figurent plusieurs centaines de laques d'une beauté chatoyante.
Certains ont été faits sur une armature de toile de ramie remplaçant le bois
ou le bambou. On les désigne communément sous le nom de laque « sans support
». Cette technique connut un nouveau développement après la dynastie des
Han et fut utilisée dans la fabrication de statues de bouddhas et de divinités.
De nos jours, plusieurs régions de Chine fabriquent des objets en laque.
Ceux de Fuzhou, une ville riche d'une expérience de deux siècles dans cette
spécialité, se classent parmi les plus célèbres. Avec les cloisonnés de Beijing
et les porcelaines de Jingdezhen, ils sont réputés comme les joyaux de l'art
artisanal chinois.
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Laque
"sans support"
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Les laques « sans support » de cette ville se distinguent par leur élégance
et leur légèreté. Parmi les nombreux laques de Fuzhou qui décorent le Grand
Palais du Peuple (siège du parlement chinois), on remarque deux lions d'un
naturel accompli. Hauts de 1,5 m sur un peu plus de 1 m de large, ils
ont tout à fait l'aspect de bronzes brillants. Impressionnant les visiteurs
par leur majesté et leur masse, ces animaux ne pèsent pourtant que 35 kg
environ pour chacun. Deux personnes peuvent donc les déplacer aisément.
On trouve encore au palais deux vases à fleurs d'une belle forme plastique,
aussi en laque. Hauts de plus de deux mètres et d'un rouge sombre, ils
sont d'une largeur telle qu'il faudrait deux adultes pour embrasser chacun
d'eux. Mais un seul homme peut en transporter un sans peine sur le dos.
Les lions et les vases sont les plus grands laques de ce genre fabriqués
jusqu'ici.
Durables, les laques peuvent résister à de hautes températures sans se décolorer.
Plus grande est leur ancienneté et plus vif leur éclat.
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laque
découvert dans la tombe de Changsha
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Leur procédé de fabrication
est tout particulier : on enduit un support en bois d'un nombre variable
de couches de soie ou de toile de ramie. Entre deux couches, on procède
au laquage suivi d'un ponçage minutieux. Le support est enlevé dès que le
laque a pris forme. Mais tout n'est pas terminé. On doit en effet opérer
un dernier laquage avant de faire sécher le laque dans une atmosphère chaude
et humide. Le décapage est un travail très délicat. On fait appel d'abord
à la pierre ponce et au charbon de bois, puis aux cheveux et à la strasse.
On finit avec les doigts. Une parfaite uniformité et une grande propreté s'imposent
pour assurer l'éclat. Certains laques d'un noir ébène brillent au point qu'on
peut s'en servir de miroir. Chaque produit fini ayant dû passer par plus
de quarante étapes, les artisans en disent avec raison : nos produits sont
les fruits de la patience !
Les laques « sans
support » sont généralement des objets d'art aux traits aussi irréguliers
que compliqués : personnages, animaux, fruits, etc. Mais on fabrique aussi
des articles à divers usages : boîtes, cendriers, cafetières, bols, plateaux,
vases à fleurs.
Avant la fondation de la Chine nouvelle, la couleur du laque était monotone
: vermeille, noire, violette, bleue ou verte. Aujourd'hui, on utilise
toutes les gammes des coloris. En outre, plusieurs nouvelles techniques
décoratives ont été mises au point, en particulier celle du glacis, qui est
la plus marquante. Elle consiste à recouvrir les motifs d'un film de laque
transparente pour en harmoniser les teintes et leur donner plus d'éclat.
Les laques ainsi obtenus ont l'apparence du rubis, de l'émeraude ou de
l'agate. Citons comme exemple le fameux plat vertical aux poissons rouges
qui, nageant allégrement dans l'eau, donnent une telle impression de relief
et de naturel qu'on les croirait vivants.
A présent, on fabrique aussi par cette technique des laques imitant des
bronzes, des porcelaines ou des poteries. (par Luo Qifan)
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