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Comment la technologie agricole chinoise devient le symbole de bonnes récoltes en Afrique

le Quotidien du Peuple en ligne 02.04.2025 14h27
Comment la technologie agricole chinoise devient le symbole de bonnes récoltes en Afrique
(Photo / Xinhua)

Le billet de 20 000 ariary de Madagascar représente un épi doré de riz hybride, symbole du partenariat agricole sino-africain. Depuis 2007, la Chine envoie des experts agricoles dans ce pays insulaire de l'océan Indien, où les rendements rizicoles sur des parcelles expérimentales ont été multipliés par deux à trois par rapport aux variétés africaines traditionnelles. En 2022, cette technologie avait été appliquée sur 75 000 hectares de terres, doublant les revenus de dizaines de milliers d'agriculteurs et renforçant considérablement l'autosuffisance alimentaire de Madagascar.

Dans la plupart des pays africains, la sécurité alimentaire et le développement agricole demeurent des préoccupations majeures. Ces dernières années, le continent est passé d'une « dépendance aux conditions météorologiques pour de bonnes récoltes » à une « garantie de bonnes récoltes grâce à la technologie », grâce au savoir-faire agricole chinois. Selon un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la Chine a activement soutenu d'autres pays en développement pour relever les défis de l'agriculture et de la sécurité alimentaire en partageant ses connaissances et son expertise dans des domaines tels que la riziculture, les statistiques agricoles et l'agriculture résiliente au changement climatique.

Une adaptation technologique

L'adaptation aux conditions locales est au cœur de la mise en œuvre technologique. Les experts chinois adaptent leurs programmes aux propriétés des sols et aux régimes climatiques spécifiques de l'Afrique.

En Guinée-Bissau, une approche associant « technologie et équipement » a été bien accueillie par la population locale. La Chine a fourni une assistance matérielle sous forme de machines et d'outils agricoles, tout en envoyant des experts agricoles pour dispenser des formations techniques de longue durée. Selon Mamadu Saliu Lamba, ancien ministre de l'Agriculture, des Forêts et du Développement rural du pays, cela a permis d'accroître le nombre de travailleurs agricoles qualifiés.

À Madagascar, des experts travaillent à la culture de semences de riz résistantes aux insectes pour lutter contre les ravageurs. Philibert Rakotoson, ancien secrétaire général du ministère de l'Agriculture de Madagascar, estime pour sa part que le riz hybride a démontré de manière convaincante que la faim finirait par être éradiquée.

Entre 2013 et fin 2023, la Chine a établi 24 centres de démonstration de technologies agricoles en Afrique et introduit plus de 300 technologies agricoles avancées, augmentant les rendements des cultures locales de 30 à 60 % en moyenne et bénéficiant à plus d'un million d'agriculteurs sur le continent.

Compte tenu des conditions locales, la culture du riz hybride, associée à d'autres technologies agricoles chinoises, est devenue un moyen essentiel d'aider les pays africains à lutter contre la pauvreté et à atteindre l'autosuffisance alimentaire.

L'élan grâce à l'innovation

À environ 60 km à l'est de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, le village d'Idini, aux portes du désert du Sahara, était naguère en proie à des chaleurs extrêmes, à la sécheresse, à des sols pauvres et à de violentes tempêtes de sable.

Aujourd'hui, une technique chinoise de culture de champignons appelée « Juncao » – deux caractères chinois signifiant « champignon » et « herbe » – a pris racine ici. Cette herbe, plantée pour servir de substrat à la culture des champignons, a reçu des habitants le surnom d'« herbe du bonheur ». Car outre sa capacité à stabiliser les sables mouvants, elle peut également contribuer à améliorer l'élevage.

« Nos moutons mouraient de faim ou devenaient maigres », se souvient Amir Abdou, un berger local, il n'y a pas si longtemps encore confronté à des terres arides et sablonneuses. « Grâce aux experts chinois qui nous ont appris à cultiver le Juncao et d'autres plantes, nous avons enfin du fourrage pour nourrir nos troupeaux. Aujourd'hui, j'élève dix moutons, tous en excellente santé. Merci, chers amis chinois ! » a-t-il déclaré.

Ces innovations technologiques ont apporté des solutions durables aux défis agricoles de l'Afrique, allant des lampes insecticides à énergie solaire qui réduisent l'utilisation de pesticides de 20 à 30 %, aux variétés de riz résistantes à la sécheresse et aux inondations qui préservent près de 60 % des récoltes en cas de catastrophe, en passant par les petites machines agricoles qui atténuent la dégradation des sols grâce à une agriculture de précision tout en renforçant la résilience des terres agricoles au changement climatique.

La coopération agricole sino-africaine a transformé les déserts en terres fertiles. Monique Nsanzabaganwa, ancienne vice-présidente de la Commission de l'Union africaine, a déclaré que cette collaboration permet à l'Afrique d'atteindre l'autosuffisance en exploitant ses ressources naturelles.

Une coopération gagnant-gagnant

En août 2022, des avocats africains frais ont été exportés vers la Chine pour la première fois, marquant un partenariat agricole plus approfondi et plus diversifié entre les deux parties.

Selon les données officielles publiées en 2024, la Chine a établi des mécanismes de coopération agricole avec 23 pays et organisations régionales africains, signant 72 accords de coopération. Plus de 200 entreprises agroalimentaires chinoises sont désormais implantées en Afrique, et les investissements agricoles chinois sur le continent dépassent le milliard de dollars, créant un réseau collaboratif couvrant la culture, la transformation et le commerce.

Au Nigeria, les variétés de riz développées par la Chine ont augmenté la production d'environ 25 % par rapport aux variétés locales. En Ouganda, le mil introduit par la Chine a vu ses rendements par unité de terre triplés. En Tanzanie, des experts de l'Université agricole de Chine collaborent avec des agriculteurs locaux sur des projets de maïs et de soja, tandis qu'au Rwanda, une formation chinoise au commerce électronique a aidé les producteurs de café rwandais à accéder directement au marché mondial.

Outre les experts chinois envoyés en Afrique, des stagiaires africains ayant étudié en Chine ont également contribué à l'application de ces technologies sur tout le continent. Ils ont appris des techniques agricoles et bénéficié de cours de marketing numérique pour introduire des produits agricoles locaux sur les marchés internationaux.

Comme le dit un agriculteur nigérian, la technologie chinoise a « éclairé notre chemin vers l'autosuffisance ».

(Photo / Xinhua)
(Photo / Xinhua)
(Web editor: 孙鸿宇, Yishuang Liu)

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