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La Chine et l'Afrique ouvrent un nouveau chapitre du dialogue entre les civilisations

Xinhua 14.01.2026 08h21

Une photo aérienne prise par drone le 23 avril 2025 montre le port de pêche de Kilwa en construction près de Kilwa Kisiwani, en Tanzanie. Ce projet, réalisé par China Harbor Engineering Company Ltd (CHEC), une grande entreprise de construction chinoise, est le premier port de pêche moderne à grande échelle de Tanzanie. (Xinhua/Li Yahui)

Une photo aérienne prise par drone le 23 avril 2025 montre le port de pêche de Kilwa en construction près de Kilwa Kisiwani, en Tanzanie. Ce projet, réalisé par China Harbor Engineering Company Ltd (CHEC), une grande entreprise de construction chinoise, est le premier port de pêche moderne à grande échelle de Tanzanie. (Xinhua/Li Yahui)

A l'occasion du lancement de l'Année des échanges entre peuples Chine-Afrique 2026, la Chine et l'Afrique ont ouvert un nouveau chapitre du dialogue entre les civilisations, façonnant un développement partagé et un avenir commun.

LES ECHANGES ENTRE LES CIVILISATIONS FAÇONNENT UN AVENIR PARTAGE

Cette année sera marquée par une série d'activités culturelles sous le thème "Consolider une amitié de tout temps, poursuivre un rêve commun de la modernisation", visant à approfondir la compréhension mutuelle, à renforcer les liens affectifs et pratiques, et à consolider le soutien populaire à l'amitié sino-africaine.

Ces dernières années, les coopérations académiques et entre groupes de réflexion entre la Chine et l'Afrique se sont intensifiées, contribuant au développement pratique.

"Le monde est en train d'évoluer. Les pays deviennent indépendants et trouvent leur propre voie de développement. Tous les pays ont besoin de coopérer avec les autres, mais nous devons suivre notre propre chemin. Il ne devrait pas y avoir de choc des civilisations. Nous devons apprendre les uns des autres, dialoguer et partager", a déclaré Bernard Shamlaye, ancien ministre du Développement social et de la Culture des Seychelles.

En novembre 2025, la Conférence sur le partenariat Chine-Afrique dans le cadre du Forum des médias et des think tanks du Sud global, tenue à Johannesburg, en Afrique du Sud, a réuni des dirigeants et des experts pour discuter du partenariat et de la coopération.

Allawi Ssemanda, directeur exécutif du Development Watch Center Uganda, a rappelé que la flotte de Zheng He, célèbre navigateur de la dynastie des Ming (1368-1644), s'était rendue en Afrique pour y mener des activités commerciales et des échanges amicaux entre les peuples, soulignant que les relations sino-africaines avaient toujours reposé sur la réciprocité et la coopération.

Il y a plus de 600 ans, Zheng He mena sa flotte lors de sept grandes expéditions maritimes, atteignant la côte est de l'Afrique et les rivages de la mer Rouge. Ces voyages ont laissé un héritage remarquable et tissé des liens précieux de commerce, de diplomatie et d'échanges culturels entre les civilisations chinoise et africaine, et plus largement entre les civilisations du monde.

S'il est important de réfléchir à l'histoire, il est tout aussi essentiel de regarder vers l'avenir et d'explorer de nouvelles opportunités pour renforcer les échanges entre les peuples et l'apprentissage mutuel entre les civilisations, a ajouté M. Ssemanda.

Jean-François Ferrari, ministre des Pêches et de l'Economie bleue des Seychelles, conserve dans son bureau une carte ancienne en rouleau détaillant les routes maritimes de Zheng He. D'anciens noms de lieux d'Afrique de l'Est figurent sur la carte, tels que Mombasa et Malindi, correspondant aux archives d'un ouvrage historique de la dynastie des Ming, illustrant les liens culturels durables forgés le long de la Route maritime de la soie.

"Nous voulons rendre le monde meilleur pour tous. Et quoi de mieux pour unir les peuples que l'histoire et la culture?", a déclaré M. Ferrari. "Comme vous (la Chine) avez une civilisation très ancienne, vous avez beaucoup à nous apprendre. Ne divisons pas le monde selon les nationalités ou les origines. Utilisons toutes ces différences pour nous unir et rendre le monde plus fort".

UNE AMITIE DURABLE ENTRE LES CONTINENTS

"Ce que la Chine prône, c'est 'l'unité dans la diversité', c'est ça la clé", a indiqué Alain Butler-Payette, ancien secrétaire d'Etat au bureau du président des Seychelles, avant d'ajouter que, malgré sa riche culture et sa longue histoire, la Chine n'imposait pas sa culture aux autres, mais cherchait à la faire rayonner, ce qui a contribué à une meilleure compréhension entre pays.

Juste de l'autre côté de la mer, des traces encore plus anciennes des échanges entre les civilisations chinoise et africaine ont été découvertes au Kenya et en Tanzanie.

Des recherches menées par le Musée du four de Tongguan à Changsha, dans la province chinoise du Hunan (centre-sud), montrent que des fragments de céramiques émaillées provenant des fours de Changsha, datant de la dynastie des Tang (618-907), ont été mis au jour le long des côtes de ces deux pays, des siècles avant les voyages de Zheng He.

Au Musée national de Tanzanie, à Dar es-Salaam, des fragments de porcelaine chinoise et des archives nautiques sont exposés. Shomari Rajabu Shomari, conservateur historique du musée, a indiqué que la flotte de Zheng He avait apporté de la soie, de la porcelaine et du thé, tout en favorisant les échanges culturels entre la Chine et l'Afrique.

Il y a plus de 600 ans, des flottes chinoises ont également accosté à Kilwa Kisiwani, ancien port florissant de Tanzanie sur la route commerciale de l'océan Indien, et ont découvert un centre animé, encombré de navires marchands chargés d'or, d'épices et de porcelaine.

Aujourd'hui, les ruines de Kilwa Kisiwani sont inscrites au patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Juste en face, sur la partie continentale, le port de pêche de Kilwa, construit par la Chine et surnommé "le port du futur", est en train de s'élever, reliant le passé à l'avenir.

"Il y a six cents ans, les Chinois sont venus en paix pour commercer. Aujourd'hui, six cents ans plus tard, ils nous aident à construire un port porteur de prospérité", s'est félicité M. Shomari.

Selon lui, les échanges entre la Chine et l'Afrique reposent sur l'égalité et le respect mutuel, et diffèrent fondamentalement des schémas hégémoniques de l'expansion maritime européenne.

L'APPRENTISSAGE MUTUEL STIMULE UN DEVELOPPEMENT PARTAGE

En 2017, le Bureau des reliques culturelles de la province chinoise du Henan (centre) s'est associé au Musée national du Kenya pour lancer un projet archéologique conjoint sino-kenyan sur le Paléolithique, explorant les origines humaines d'un point de vue du Sud global. Fin 2024, l'ouvrage "Du Henan à l'Afrique de l'Est : projet archéologique conjoint Chine-Kenya - Etude des artefacts lithiques du site paléolithique du lac Bogoria" a été publié, marquant une étape importante de cette coopération.

Mary Gikungu, conservatrice au Musée national du Kenya, a salué ce projet, estimant que l'échange de techniques et d'expertises avait revitalisé le patrimoine préhistorique africain et élargi la compréhension mondiale des origines de l'humanité.

Zhao Qingpo, chercheur associé à l'Institut du patrimoine culturel et de l'archéologie du Henan, a indiqué que ce projet sino-kenyan avait contribué à faire évoluer le paradigme de la recherche mondiale sur les origines humaines, passant d'un modèle "centré sur l'Occident" à une approche multi-sources et multi-points, fondée sur l'exploration conjointe.

Lors du sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) tenu en septembre 2024, la Chine a proposé dix actions de partenariat pour la coopération Chine-Afrique, plaçant l'apprentissage mutuel entre les civilisations au premier rang de l'agenda.

Les coopérations récentes, allant de la compilation conjointe de "Flora of Kenya" par des chercheurs chinois et kenyans à des partenariats dans des domaines de pointe tels que l'aérospatiale, ont renforcé les capacités scientifiques et technologiques de l'Afrique. Parallèlement, les échanges académiques ont également favorisé des avancées dans les infrastructures, les énergies renouvelables, l'information électronique et d'autres secteurs technologiques clés, élargissant continuellement le champ des échanges sino-africains.

Le 10 juin 2025, la première Journée internationale du dialogue entre les civilisations a été célébrée dans le monde entier. Zainab Baugala, directrice générale de l'Office des Nations Unies à Nairobi, a souligné que le dialogue est la voie vers la paix.

Pour Humphrey Moshi, directeur du Centre d'études chinoises de l'Université de Dar es Salaam, chaque culture possède une valeur unique et mérite un respect mutuel ainsi qu'un dialogue d'apprentissage réciproque, et la vision de la Chine s'accorde bien avec le consensus international en faveur du pluralisme, de la coexistence et d'un développement inclusif.

(Web editor: Huiyan Li, Yishuang Liu)