Français>>Afrique

ZOOM AFRIQUE : Face à la crise au Moyen-Orient, l'Afrique cherche à accélérer l'autonomie et la transition énergétiques

Xinhua 30.03.2026 08h47

La flambée des cours pétroliers, l'instabilité des routes maritimes, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient engendrent des ondes de choc économiques à l'échelle mondiale. Le continent africain, fortement dépendant des importations d'énergie, a subi les conséquences directes du conflit. Face à cette vulnérabilité, certains pays africains cherchent à trouver une réponse stratégique : accélérer l'indépendance et la transition énergétiques.

Si les risques inflationnistes sont réels pour les consommateurs d'énergie, la crise au Moyen-Orient redessine, dans une certaine mesure, la carte mondiale des fournisseurs. Avec l'escalade du conflit, de nombreux regards se sont tournés vers l'Algérie, membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et premier exportateur gazier d'Afrique. Comme exportateur traditionnel de brut vers l'Europe et d'autres marchés, l'Algérie offre une opportunité d'exportation hors du détroit d'Ormuz, réduisant ainsi le risque d'interruption de livraison à court terme.

Alger a lancé un ambitieux plan d'investissements de 50 à 60 milliards de dollars pour renforcer l'exploration et moderniser ses infrastructures énergétiques, espérant doubler sa production de gaz à 200 milliards de m3 d'ici 2030, a rapporté samedi 21 mars la chaîne de télévision française BFM Business.

Quant à l'Egypte, son ambition en matière de transition énergétique est encore plus élevée. Dans sa Stratégie nationale pour l'énergie intégrée et durable, le pays se fixe comme objectif de porter la part des énergies renouvelables à 42% de son mix énergétique d'ici 2030.

En parallèle, selon un article publié mardi par l'Agence Ecofin, une agence africaine d'informations économiques et financières, un parc éolien de grande capacité de 900 MW va être construit en Egypte pour produire de l'électricité propre et réduire la dépendance aux énergies traditionnelles, dont les flux sont perturbés par les tensions régionales.

L'engagement africain pour l'autonomie énergétique se reflète non seulement au niveau technologique mais aussi en matière de coopération régionale. La Côte d'Ivoire, avec le Botswana comme pays à l'honneur, accueillera la deuxième édition du Salon international des ressources extractives et énergétiques (SIREXE) du 18 au 22 novembre à Abidjan.

"La Côte d'Ivoire entend renforcer sa coopération avec le Botswana à un moment charnière de son développement extractif, afin de mieux valoriser ses récentes découvertes de classe mondiale," a déclaré ce lundi 23 mars le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ajoutant que ce salon contribuerait à positionner le pays comme une destination minière de "premier choix" et à le classer parmi les pays appelés à porter l'avenir énergétique de l'Afrique.

Quittant une position passive face aux chocs énergétiques pour mener des actions proactives et concrètes, l'Afrique est sur la voie de mettre en place un système énergétique autonome, diversifié et vert. 

(Web editor: 实习生2, Yishuang Liu)