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Bénin : les acteurs du monde agricole saluent l'ouverture totale du marché chinois
L'entrée en vigueur le 1er mai dernier de la politique chinoise du "zéro droit de douane" pour 53 pays africains, dont le Bénin, constitue une avancée stratégique pour les acteurs ruraux en quête de nouveaux débouchés, ont estimé mardi des experts et des professionnels du secteur à Cotonou.
Selon une série de témoignages recueillis par Xinhua dans la capitale économique béninoise, cette décision des autorités chinoises a été largement saluée par les différents acteurs socio-professionnels. Ces derniers y voient un levier essentiel pour résorber les difficultés d'écoulement des produits agricoles locaux, particulièrement pour les filières de l'anacarde, du soja et de l'ananas.
"Cette mesure est perçue au Bénin comme une véritable incitation à accroître la productivité et à améliorer la qualité de nos produits à forte valeur ajoutée", ont confié plusieurs interlocuteurs.
S'exprimant sur les performances du secteur, le ministre béninois de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, a confié à Xinhua que les filières de rente avaient connu une progression remarquable lors de la campagne agricole 2025-2026.
"Nos filières de rente explosent : le soja, véritable locomotive, a bondi de plus de 28%. L'anacarde et l'ananas confirment également leur vitalité avec des niveaux de production respectifs de 217.473 tonnes et 488.184 tonnes", a-t-il précisé.
Pour Bernadin Hounkpatin, un entrepreneur agricole, l'accès aux marchés internationaux est d'autant plus crucial que la transformation locale peine à absorber l'offre. "Malgré une capacité industrielle installée de 130.800 tonnes pour l'anacarde, seules 17.700 tonnes ont été réellement traitées en 2023, soit à peine 14% de la capacité disponible", a-t-il déploré à Xinhua, notant un défi similaire pour l'ananas où l'essentiel de la production reste peu transformé.
Concernant le soja, bien que les capacités de transformation soient en pleine expansion via la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) pour viser les 600.000 tonnes, le besoin de débouchés extérieurs reste immédiat. "Dans ces conditions, nous saluons cette mesure chinoise qui nous ouvre les portes d'un marché aux perspectives immenses", s'est réjoui M. Hounkpatin.
Pascal Vihotogbé, un économiste à la retraite, a toutefois rappelé à Xinhua l'exigence de rigueur : "Le marché chinois nous est désormais accessible, mais nos agriculteurs doivent impérativement s'aligner sur les standards de qualité internationaux pour maximiser ces avantages".
En réponse à ces défis de compétitivité, M. Dossouhoui a réaffirmé l'engagement de son gouvernement à protéger les producteurs. "Nous passons à l'offensive pour garantir la dignité du monde rural, à travers un système d'assurance indicielle innovant et une protection sociale adaptée", a-t-il indiqué, assurant que l'Etat allait redoubler d'efforts pour que les produits béninois soient transformés et valorisés sur les marchés mondiaux à leur juste prix.

