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RDC/Ebola : un mois après le début de l'épidémie, la riposte mise à rude épreuve
Un mois après la déclaration de la dernière épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les autorités sanitaires et les organisations humanitaires alertent sur une flambée toujours active, marquée par une hausse des cas, des lacunes dans le dépistage et le suivi des contacts, ainsi que des résistances communautaires.
Déclarée le 15 mai, l'épidémie provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola est rapidement devenue l'une des plus importantes jamais enregistrées en RDC. Selon les derniers chiffres publiés lundi par le ministère de la Santé, le nombre de cas confirmés est monté à 808, dont 192 décès et 48 guérisons.
L'épidémie touche principalement la province de l'Ituri, mais des cas ont également été signalés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ces trois provinces de l'est du pays étant déjà confrontées aux violences armées, aux déplacements de population et à la fragilité des services de santé.
HAUSSE DES CAS ET CAPACITES DE PRISE EN CHARGE LIMITEES
Le docteur Dieudonné Mwamba Kazadi, directeur général de l'Institut national de santé publique (INSP) de la RDC, a déclaré lundi à Xinhua que la flambée restait en progression.
"Nous sommes toujours en pleine épidémie. Je pourrais dire que nous sommes dans la phase ascendante, la phase active de l'épidémie", a indiqué M. Mwamba Kazadi.
Selon lui, les autorités sanitaires s'attendent à de nouveaux cas confirmés dans les prochains jours, ce qui rend urgent le renforcement des capacités de prise en charge et le positionnement de nouveaux centres de traitement Ebola dans les zones affectées.
Il a estimé que les stratégies de riposte étaient "sur la bonne voie", tout en soulignant que plusieurs volets doivent encore être renforcés, notamment l'engagement communautaire, les capacités de traitement ainsi que les enterrements dignes et sécurisés.
L'organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a averti lundi que, malgré la montée en puissance récente de la riposte, d'importantes lacunes en matière de surveillance, de diagnostic, de suivi des contacts et d'engagement communautaire continuent de compromettre les efforts visant à maîtriser l'épidémie.
LES ENFANTS DUREMENT TOUCHES
L'organisation Save the Children a indiqué lundi qu'au moins 52 enfants, dont 16 nourrissons, ont contracté Ebola depuis la déclaration de l'épidémie, et que 19 d'entre eux sont décédés.
Selon l'organisation, les jeunes enfants représentent une part plus faible des cas que les autres groupes d'âge, mais meurent à un taux beaucoup plus élevé.
Citant des données du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), Save the Children a déclaré que les enfants âgés de 14 ans ou moins ont deux fois plus de risques de mourir après avoir contracté Ebola que les patients âgés de 15 à 44 ans.
Greg Ramm, directeur de Save the Children en RDC, a estimé que l'épidémie est "plus qu'une urgence sanitaire" et qu'elle est devenue une crise sociale plus large pour les enfants, les personnes qui s'occupent d'eux et les communautés.
L'organisation a fait remarquer que l'épidémie actuelle s'ajoutait à une crise humanitaire plus vaste en RDC, où environ 15 millions de personnes, soit près d'une personne sur sept, ont besoin d'une assistance humanitaire.
INSECURITE, DESINFORMATION ET RISQUES LIES AUX ENTERREMENTS
Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a averti que l'escalade des violences dans l'est de la RDC compromet les efforts de lutte contre l'épidémie et augmente le risque d'une nouvelle propagation.
L'agence onusienne a souligné que la surveillance, le suivi des contacts, le transport des échantillons de laboratoire, les références médicales, les déploiements d'urgence ainsi que les enterrements dignes et sécurisés doivent pouvoir se poursuivre sans interruption.
M. Mwamba Kazadi a indiqué que certaines communautés continuaient de ne pas croire à l'existence d'Ebola. "Dès le début, il y avait beaucoup de rumeurs et d'infodémie (...) Certaines communautés ne croyaient pas que c'était Ebola. Elles pensaient à de la sorcellerie ou à un phénomène mystique", a-t-il déploré.
"Cette épidémie peut encore être maîtrisée, mais plus nous attendons, plus la marge de mainœuvre se réduit", a averti Frédéric Lai Manantsoa, coordinateur d'urgence de MSF en RDC.

