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La politique chinoise du zéro droit de douane favorisera le renforcement des capacités productives locales en Afrique

Xinhua 10.07.2026 08h24

La politique de droits de douane nuls, que la Chine applique depuis le 1er mai à l'ensemble des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, n'est pas une simple préférence commerciale, mais une opportunité pour les pays africains de réaliser une percée en matière d'industrialisation, estime le chercheur burkinabè Alain-Joseph Sissao dans une tribune publiée mercredi sur le site Lefaso.net.

"Bien que nous ne manquions ni de terres, ni de soleil, ni de main-d'œuvre, nous restons enfermés dans un modèle d'exportation de matières premières non transformées", écrit celui qui est directeur de recherche à l'Institut des sciences des sociétés du Centre national de la recherche scientifique et technologique du Burkina Faso.

Et de citer le coton et le sésame comme exemples de produits exportés à faible valeur ajoutée, tandis que "les barrières tarifaires traditionnelles rendent la modernisation industrielle extrêmement difficile".

La politique chinoise permet aux entreprises africaines d'accéder en franchise de droits au marché chinois, d'accroître leurs bénéfices, de moderniser leurs équipements et d'élargir leur production, dit M. Sissao. Pour lui, "les avantages commerciaux (...) sont également susceptibles d'attirer durablement des investissements étrangers, des technologies et des ressources industrielles sur le continent africain".

Le chercheur souligne toutefois que "les droits de douane zéro ne sont qu'un catalyseur de la modernisation industrielle". Pour le Burkina Faso, l'instabilité de l'approvisionnement en électricité, les insuffisances logistiques et l'absence de chaîne du froid restent des défis à relever.

"La transformation de ces avantages politiques en une réelle capacité productive dépend essentiellement de notre proactivité", souligne-t-il.

Concernant les exportations, M. Sissao estime que le sésame, le coton et ses dérivés, la noix de cajou, le beurre de karité et certains produits miniers, dont l'or et le zinc, figurent parmi les principaux produits susceptibles de bénéficier de cette politique. Le défi majeur reste la conformité aux exigences des douanes chinoises en matière de qualité, de traçabilité ainsi que de normes sanitaires et phytosanitaires, conclut-il.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)