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Côte d'Ivoire : une société nationale en ordre de marche pour structurer la filière aurifère

Xinhua 18.09.2026 08h51

Le gouvernement ivoirien a réaffirmé mercredi son engagement à mieux structurer sa filière aurifère via la mise en place d'une société à fort participation publique, la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP).

"Nous avons franchi aujourd'hui une étape décisive dans le processus de déploiement de notre stratégie de réorganisation complète de l'Exploitation minière artisanale et à petite échelle, de la production à la commercialisation", a déclaré Mamadou Sangafowa-Coulibaly, le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Energie, après une réunion de coordination consacrée à l'opérationnalisation de la SIMEP.

Selon lui, la SIMEP a pour vocation de structurer et de maîtriser la chaîne d'approvisionnement et de commercialisation de l'or. "C'est un maillon clé de la rationalisation et de la promotion de la petite mine qui se met en place", a-t-il dit.

Les activités de la SIMEP comprendront l'exploitation directe de mines semi-industrielles, l'achat national d'or, sa transformation et sa commercialisation, ainsi que la constitution d'un stock d'or pour le compte de l'Etat.

Le dispositif vise à permettre à la Côte d'Ivoire de conserver localement une part accrue de la valeur générée par la filière aurifère, en reliant la production, la collecte, l'affinage et la commercialisation.

Un comptoir national d'achat d'or assurera notamment la collecte et la certification de l'origine de l'or produit par les petits exploitants, son acheminement sécurisé vers l'usine d'affinage, ainsi que l'accès des artisans miniers au financement et aux technologies modernes.

La SIMEP prévoit également la création d'une unité d'affinage, qui devrait être opérationnelle au premier semestre 2027 avec une capacité de traitement de 100 tonnes d'or par an.

"A plein régime de fonctionnement, elle traitera une quantité d'or quasiment équivalente à celle des mines industrielles projetées, soit environ cent tonnes. Ce faisant, la Côte d'Ivoire devrait se hisser au rang de premier producteur africain d'or d'ici 2035", a indiqué le ministre.

Pour l'opérationnalisation de la SIMEP, la Côte d'Ivoire s'appuie sur l'américain StoneX pour la commercialisation internationale et l'accès aux marchés financiers, ainsi que sur l'émirati AlphaStream pour la structuration de la collecte auprès des petites mines.

La société sud-africaine AVA sera chargée de la logistique et de la sécurité des flux, tandis que le Conseil mondial de l'or accompagnera l'intégration de la filière ivoirienne dans la chaîne de valeur mondiale.

Lancée en 2025, la SIMEP est détenu à 49% par l'Etat et la Société pour le développement minier (SODEMI, publique). La participation nationale atteint au total 70% dans un capital estimé à cinq milliards de francs CFA (environ 8,9 millions de dollars).

La production d'or de la Côte d'Ivoire a atteint près de 62 tonnes en 2025. Selon les chiffres officiels, l'orpaillage illégal ferait perdre chaque année au pays 142 tonnes d'or, tout en causant d'importants dégâts aux cours d'eau, aux forêts et aux terres agricoles.

(Web editor: Ying Xie, Yishuang Liu)