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Le PIB de la Chine dépasse pour la première fois 140 000 milliards de yuans, jetant des bases solides pour le déploiement du 15e Plan quinquennal

(Zhou Mu / Xinhua)
La Chine a consolidé sa position de deuxième économie mondiale après que son PIB a augmenté de 5 % d'une année sur l'autre en 2025, dépassant pour la première fois le seuil de 140 000 milliards de yuans (20 400 milliards de dollars), une étape qui, selon les responsables et les économistes, constitue une base solide pour un bon démarrage de la période du 15e Plan quinquennal (2026-30).
En 2026, année d'ouverture du nouveau plan quinquennal, les économistes s'attendent à ce qu'une croissance régulière se poursuive, soutenue par des mesures politiques liées au plan, des efforts supplémentaires pour stimuler la demande intérieure et le renforcement de nouveaux moteurs de croissance.
Selon Sheng Laiyun, directeur adjoint du Bureau national des statistiques, le taux de croissance de 5 % de la Chine place le pays parmi les principales économies mondiales. « On estime que la Chine a contribué à hauteur d'environ 30 % à l'expansion économique mondiale, continuant à agir comme le plus grand contributeur et un point d'ancrage stabilisateur clé pour la croissance mondiale. La Chine reste la deuxième économie mondiale, représentant environ un sixième de la production mondiale », a-t-il déclaré dans un communiqué publié le 28 février.
De son côté, Sun Xuegong, directeur du département d'études politiques et de consultation à l'Académie chinoise de recherche macroéconomique, a déclaré que 2026 bénéficiera de conditions favorables, notamment la publication du plan, qui, selon lui, « indiquera la direction » du développement au cours des cinq prochaines années et contribuera à renforcer les attentes et la confiance.
Malgré les défis intérieurs et extérieurs persistants, il estime que l'économie chinoise maintiendra une croissance stable cette année. Du côté de l'offre, M. Sun a rappelé le développement rapide de nouvelles forces productives de qualité et la modernisation structurelle en cours dans les industries traditionnelles, ainsi que l'accélération du secteur des services. Du côté de la demande, il a souligné un soutien politique plus fort à la consommation et un rebond probable des investissements, en particulier à mesure que les grands projets prévus dans le nouveau cadre quinquennal entrent dans la phase de mise en œuvre. Les exportations, après avoir connu d'importantes turbulences dans le commerce mondial, pourraient connaître une période de relative stabilité, a-t-il ajouté.
Selon le communiqué statistique annuel publié samedi par le Bureau national des statistiques, les dépenses de consommation finale ont contribué l'année dernière à hauteur de 2,6 points de pourcentage à la croissance du PIB chinois, la formation brute de capital et les exportations nettes de biens et services contribuant respectivement à hauteur de 0,8 point de pourcentage et 1,6 point de pourcentage.
Marshall Mills, le principal représentant résident du Fonds monétaire international en Chine, a pour sa part déclaré que le FMI se félicite de l'accent mis par la Chine sur la stimulation de la demande intérieure et la promotion de la consommation, un lien crucial pour libérer le potentiel de croissance de la Chine au cours de la période du 15e Plan quinquennal. « Ce que nous voyons, c'est que le futur moteur (pour la Chine) du côté de la demande serait la consommation privée. Et c'est un marché très vaste où les gens épargnent beaucoup. Et ce comportement peut être modifié, il y a donc là un grand potentiel », a-t-il déclaré.
Selon les données du communiqué statistique annuel, les dépenses de la Chine en recherche et développement ont augmenté de 8,1 % d'une année sur l'autre pour atteindre 3 930 milliards de yuans en 2025, soit 2,8 % du PIB.
Robert Koopman, ancien économiste en chef de l'Organisation mondiale du commerce, a quant à lui noté que l'évolution de la Chine vers un modèle de croissance axé sur l'innovation a renforcé la résilience de la deuxième économie mondiale. Tout en reconnaissant que soutenir la croissance devient plus difficile à mesure que les économies se rapprochent de la frontière technologique mondiale, M. Koopman a déclaré qu'il restait optimiste quant à la capacité de la Chine à maintenir une croissance d'environ 5 % dans les années à venir, tirée par les progrès continus en matière de recherche et développement, d'innovation et de changement technologique.

