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Un aperçu de l'industrie des véhicules à énergies nouvelles chinoise (Partie 1) : Choisir la bonne voie et redéfinir l'automobile

le Quotidien du Peuple en ligne 26.08.2026 15h08
Un aperçu de l'industrie des véhicules à énergies nouvelles chinoise (Partie 1) : Choisir la bonne voie et redéfinir l'automobile
(Zhou Mu/Xinhua)

Note de la rédaction : « Le développement des véhicules à énergies nouvelles est la voie incontournable pour que la Chine passe du statut de grand pays automobile à celui de puissance automobile », a souligné le président chinois Xi Jinping lors de sa visite chez SAIC Motor en mai 2014. Au cours de la dernière décennie et au-delà, sous la vision stratégique et l'impulsion du président chinois Xi Jinping, l'industrie chinoise des véhicules à énergies nouvelles (VEN) a remporté des succès remarqués dans le monde entier. Elle a redéfini l'automobile, créé de nouveaux modèles industriels, restructuré la dynamique du marché, façonné un nouvel écosystème pour l'expansion mondiale et établi de nouvelles normes industrielles. Aujourd'hui, les VEN sont devenus une carte de visite prestigieuse pour le « Made in China ».

Dans la perspective du 15e Plan quinquennal et de l'objectif à long terme de réaliser pour l'essentiel la modernisation socialiste d'ici 2035, comment stimuler le développement de haute qualité de l'industrie chinoise des VEN ? Comment les VEN chinois peuvent-ils consolider et étendre leurs nouveaux avantages à l'échelle mondiale ? Une équipe de recherche conjointe, composée de journalistes du Quotidien du Peuple et de China Automotive News, a mené une étude approfondie sur ces questions.

Depuis 2015, la Chine occupe la première place mondiale pour la production et les ventes de VEN, et ce, depuis 11 années consécutives.

Au premier semestre 2026, le secteur chinois des VEN a maintenu une croissance rapide de sa production et de ses ventes, le volume des ventes à l'étranger augmentant de 120 % d'une année sur l'autre. À mi-parcours de l'année marquant le début du 15e Plan quinquennal, cela fait exactement 70 ans que la première automobile de la République populaire de Chine est sortie de la chaîne de montage de la First Automobile Works (FAW) à Changchun, capitale de la province du Jilin (nord-est de la Chine), en juillet 1956.

Depuis la détermination initiale à surmonter l'incapacité de fabriquer la moindre voiture, le moindre avion, char ou tracteur, jusqu'à la naissance successive des marques « Jiefang », « Dongfeng » et « Hongqi » ; de l'exploration laborieuse de la stratégie « échange d'accès au marché contre technologie » durant l'ère de la réforme et de l'ouverture à l'ascension fulgurante vers un « leadership technologique mondial » dans la nouvelle ère, l'industrie automobile chinoise a accompli un bond en avant spectaculaire, inscrivant une « coordonnée orientale » majeure sur la carte du secteur automobile mondial.

L'industrie automobile chinoise a réussi en changeant de trajectoire pour dépasser ses concurrents et en redéfinissant les règles du jeu. En mai 2014, lors d'une visite d'inspection chez SAIC Motor, le président chinois Xi Jinping a souligné : « Le développement des véhicules à énergies nouvelles est la voie incontournable pour que notre pays passe du statut de grand pays automobile à celui de puissance automobile. » En juillet 2020, lors d'une visite au groupe FAW, il a insisté : « Pour stimuler le développement de haute qualité de notre industrie manufacturière automobile, nous devons renforcer la recherche et le développement indépendants de technologies clés et de composants critiques, parvenir à l'autonomie et au renforcement technologiques, et bâtir des marques nationales fortes et compétitives ».

Cette vision stratégique a ouvert une voie inédite pour l'industrie automobile.

À l'échelle mondiale, une voiture vendue sur trois est aujourd'hui fabriquée en Chine ; à l'intérieur du pays, deux véhicules de tourisme vendus sur trois sont des véhicules à énergies nouvelles. Comment le secteur chinois des véhicules à énergies nouvelles a-t-il accompli ce bond historique, passant du statut de suiveur à celui de leader ?

17 600 unités et 16,49 millions d'unités : tels sont les volumes de ventes annuelles de véhicules à énergies nouvelles dans le pays en 2013 et 2025, respectivement.

0,08 % et 47,9 % : ces chiffres représentent les taux de pénétration du marché des véhicules à énergies nouvelles parmi les ventes de voitures neuves dans le pays pour ces mêmes années.

En l'espace de 13 ans, le volume des ventes a été multiplié par plus de 930 et le taux de pénétration du marché par plus de 590, donnant naissance à une industrie stratégique émergente pesant des milliers de milliards de yuans.

Revenons treize ans en arrière. À cette époque, la Chine s'était déjà imposée comme un marché automobile mondial majeur, occupant depuis 2009 la première place mondiale en termes de volumes de production et de ventes. Pourtant, au sein de ce marché de premier plan, les constructeurs chinois restaient des apprenants plutôt que des créateurs, et des acteurs plutôt que des leaders, dans le domaine des véhicules à moteur thermique.

Déterminer la bonne voie technologique constituait le défi majeur pour permettre au secteur de réaliser une percée.

Le lancement de la BYD F3DM en décembre 2008 — première voiture particulière hybride rechargeable produite en série au monde — a marqué le début de l'adoption des véhicules à énergies nouvelles par le grand public en Chine. Toutefois, l'avantage du pionnier ne garantissait pas pour autant un paysage industriel figé : alors que l'Occident avait connu un regain d'intérêt pour les véhicules tout électriques dans les années 1990, les grands constructeurs automobiles internationaux avaient, au cours de la deuxième décennie du XXIe siècle, réorienté leurs priorités vers les technologies hybrides, les hybrides rechargeables à courte autonomie et les véhicules électriques à prolongateur d'autonomie. À la croisée des chemins - en pleine transition d'une nation automobile majeure vers une puissance automobile mondiale -, les constructeurs chinois se montraient généralement hésitants, adoptant une attitude attentiste face au virage de l'électrification. Le débat sur la voie technologique à privilégier restait ouvert.

Le 24 mai 2014 a marqué un tournant dans l'histoire de l'industrie automobile chinoise. Ce jour-là, le président chinois Xi Jinping s'est rendu chez SAIC Motor pour examiner l'état d'avancement du développement des VEN. A cette occasion, il a souligné que l'industrie automobile se caractérise par un marché vaste, une forte intensité technologique et la nécessité d'une gestion sophistiquée. Il a affirmé que le développement des VEN constituait la voie incontournable pour permettre à la Chine de passer du statut de nation automobile majeure à celui de puissance automobile mondiale. Il a exhorté le secteur à intensifier ses efforts de recherche et développement, à analyser finement le marché, à tirer parti des politiques publiques et à concevoir des produits répondant à des besoins variés, transformant ainsi l'industrie en un puissant moteur de croissance.

« Le président chinois Xi Jinping a choisi la bonne "nouvelle voie" pour bâtir une puissance automobile », a commenté Fu Bingfeng, vice-président exécutif et secrétaire général de l'Association chinoise des constructeurs automobiles.

S'engageant résolument sur cette nouvelle voie, l'industrie a accéléré la cadence pour conquérir une position de premier plan.

En 2014, le taux de croissance annuel de la production et des ventes de VEN en Chine a dépassé les 300 %, valant à cette année le surnom d'« Année 1 des véhicules à énergies nouvelles ».

Depuis 2014, le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information, ainsi que d'autres organismes gouvernementaux, ont mis en place près d'une centaine de mesures politiques pour soutenir globalement le développement de l'industrie des VEN. « La Chine doit s'approprier le droit de définir les véhicules à énergies nouvelles », a déclaré Zhang Jinhua, président de la Société chinoise des ingénieurs automobiles, ajoutant que « Si nous concourons sur des pistes tracées par des multinationales et jouons selon les règles d'autrui, quels que soient nos efforts, nous resterons de simples "suiveurs". Nous devons saisir avec précision les tendances technologiques de l'industrie automobile, ouvrir de nouvelles voies de manière proactive et introduire de "nouvelles définitions" pour prendre la tête au niveau mondial ».

La Chine a été le premier pays au monde à proposer le concept et la définition des « véhicules intelligents et connectés » (ICV) - un concept industriel d'origine chinoise. L'initiative « Made in China 2025 », lancée en mai 2015, préconisait la maîtrise des technologies clés liées aux systèmes automobiles bas carbone, informatisés et intelligents, associant ainsi les VEN et les véhicules intelligents et connectés (ICV) dans une stratégie unifiée de modernisation industrielle.

Il s'agissait de la première initiative de conception stratégique globale parmi les grandes puissances mondiales visant à planifier l'intégration de l'intelligence, de la connectivité et des plateformes de véhicules à énergies nouvelles.

Cette même année, l'Association chinoise des constructeurs automobiles a publié les définitions, les normes de classification et l'architecture technique des ICV, inaugurant le concept de « propulsion à deux roues » - faisant progresser simultanément l'intelligence et la connectivité - comme une approche spécifiquement chinoise.

Publié fin 2016, le « 13e Plan quinquennal pour le développement des industries stratégiques émergentes nationales », appelait à accélérer l'innovation dans les technologies intelligentes pour les véhicules électriques et à développer des véhicules autonomes intelligents. Cette même année a vu la publication de feuilles de route technologiques tant pour les véhicules économes en énergie et à énergies nouvelles que pour les véhicules intelligents et connectés. En avril 2017, le « Plan de développement à moyen et long terme de l'industrie automobile » a désigné les VEN et les ICV comme les leviers clés pour stimuler la transformation et la modernisation du secteur.

Plutôt que de se contenter de copier des modèles internationaux, la Chine a résolument choisi une voie stratégique axée sur la propulsion tout électrique et a établi une directive majeure : les véhicules à énergies nouvelles dominants de demain devront être intelligents, connectés et propulsés par des énergies nouvelles — faisant ainsi émerger une « solution chinoise » distincte.

Le « véhicule à énergies nouvelles intelligent et connecté » constitue une nouvelle définition de l'automobile, née de l'ambition de la Chine de jouer un rôle de premier plan et de sa vision prospective.

Un adage courant dans l'industrie automobile veut que la « première moitié » de l'ère des VEN soit définie par l'électrification, tandis que la « seconde moitié » le serait par l'intelligence. Toutefois, l'expérience concrète de la Chine au cours de la dernière décennie a tracé une voie différente : celle d'une progression simultanée et intégrée de l'électrification, de l'intelligence et de la connectivité — une approche à « trois volets » inscrite dans la stratégie globale du secteur. L'électrification pose les fondations, la connectivité établit les liens et l'intelligence définit la trajectoire ; ces trois éléments se soutiennent mutuellement et gagnent en élan de concert.

Grâce à une orientation claire, une feuille de route définie et un soutien politique solide, le secteur chinois des VEN connaît un essor fulgurant, comparable à l'éclosion d'un papillon ou à la course d'un cheval au galop, marqué par une croissance vigoureuse et des progrès rapides. Des constructeurs émergents tels que NIO, Xpeng, Li Auto et Leapmotor ont vu le jour coup sur coup entre 2014 et 2015, se lançant dans les domaines de l'électrification et des technologies intelligentes. Parallèlement, des marques nationales établies, dont BYD, SAIC, Chery, Geely, Changan et Dongfeng, ont accéléré leur transformation, créant successivement des marques intelligentes entièrement électriques et lançant de nouveaux modèles. L'écosystème « HarmonyOS Smart Mobility » de Huawei a dynamisé l'industrie ; le modèle AITO Wenjie M5 « Intelligent Driving Edition », lancé en 2023, est devenu le véhicule de tourisme doté de systèmes avancés d'aide à la conduite (ADAS) le plus rapidement déployé en Chine. En mars 2024, Xiaomi, une entreprise technologique qui s'est aventurée dans le secteur automobile, a lancé et commencé à livrer son premier modèle, la SU7, équipée d'une plateforme ADAS propriétaire et offrant une connectivité fluide entre les smartphones et les systèmes embarqués. Grâce aux efforts conjugués des acteurs historiques et des nouveaux venus, la « connectivité intelligente » est devenue une caractéristique standard des véhicules chinois à énergies nouvelles.

Les constructeurs et entrepreneurs chinois, à la pointe de cette ère et en lice pour le leadership du secteur, portent un regard unique sur cette nouvelle définition de l'automobile.

Selon Zhao Fei, directeur général de Changan Automobile, « L'automobile a dépassé sa fonction première de moyen de transport pour faciliter l'interaction homme-machine et offrir une valeur émotionnelle ; elle se transforme désormais en un outil intelligent par excellence ».

« Les voitures passent du statut de simple moyen de transport à celui de terminaux intelligents », a de son côté affirmé Lei Jun, président du groupe Xiaomi, ajoutant que « le concept même de l'automobile connaît une transformation majeure ; à l'avenir, elle deviendra un espace de vie mobile et un prototype de robot ».

Selon He Xiaopeng, président de Xpeng Motors, « En tant que vecteur clé des "nouvelles forces productives de qualité", la "nouvelle automobile" incarne une "super-convergence" de technologies englobant la mécanique, l'électronique, la chimie, l'énergie, les technologies de l'information et de la communication ainsi que l'intelligence artificielle ».

« Les véhicules à énergies nouvelles sont aussi des terminaux informatiques intelligents », a pour sa part souligné Zeng Yuqun, président de CATL, décrivant les véhicules électriques comme des « nœuds informatiques sur roues » qui, une fois regroupés, forment d'immenses centres de données distribués capables de fournir une puissance de calcul.

Les « nouvelles automobiles » naissent de nouveaux concepts, et de « nouvelles définitions » engendrent de nouvelles innovations. BYD a été le premier à produire en série une technologie de supercharge à l'échelle du mégawatt ; CATL a introduit la première technologie de batterie sans module au monde ; IM Motors (filiale de SAIC) a lancé le premier châssis numérique entièrement piloté par commandes électroniques (drive-by-wire) ; Geely a dévoilé la première architecture électronique et électrique pilotée par IA et dotée d'un chiffrement à sécurité quantique ; Huawei a lancé le premier LiDAR à double voie optique et qualité d'image de 896 lignes ; et Li Auto a produit en série la puce d'aide à la conduite M100, affichant une puissance de calcul de 1 280 TOPS (mille milliards d'opérations par seconde) sur une puce unique...

Une vague de percées majeures, incluant des innovations mondiales de rupture et des technologies fondamentales maîtrisées de bout en bout en toute autonomie, a permis aux VEN chinois de concrétiser ces nouveaux concepts et définitions, leur conférant une avance générationnelle dans la nouvelle course à l'électrification et à l'intelligence. Les données indiquent qu'en 2026, le taux de pénétration du marché des voitures particulières neuves équipées de fonctions d'aide à la conduite combinée de niveau 2 (L2) a atteint 70 % en Chine.

Cet été, une écolière nommée Beibei s'est rendue à l'école pour la première fois à bord du véhicule électrique intelligent que sa famille venait d'acquérir. Alors que la portière s'ouvrait en douceur, le châssis s'abaissait automatiquement, lui permettant de monter à bord sans effort. À peine avait-elle bouclé sa ceinture qu'un robot anthropomorphe intégré au véhicule « sourit » et la félicita : « Une enfant intelligente qui a le souci de la sécurité : bravo ! » Réagissant à ses commandes vocales, le pare-soleil s'ouvrit lentement tandis qu'une chanson pour enfants se mettait à jouer doucement. Les yeux de Beibei s'écarquillèrent de joie : le trajet jusqu'à l'école pouvait donc être aussi amusant.

Au Pavillon de l'automobile de l'Exposition universelle de Shanghai en 2010, la vision de la mobilité future présentée dans le film « 2030, Go ! » avait captivé le public. Les scènes de science-fiction alors projetées à l'écran - postes de conduite intelligents, aide à la conduite et co-conduite homme-machine - sont aujourd'hui devenues des caractéristiques courantes des véhicules chinois à énergies nouvelles.

Lors du Salon de l'automobile de Beijing 2026, l'intérêt des représentants d'entreprises étrangères et des médias a évolué : la curiosité pour les prix bas a laissé place à un vif intérêt pour la technologie. « Ils ne cessaient de poser des questions telles que "Comment améliorez-vous l'efficacité de la R&D ?" ou "La technologie est-elle disponible sous licence ?" », a rapporté un collaborateur de Leapmotor. Jörg Wuttke, ancien président de la Chambre de commerce de l'Union européenne en Chine, a déclaré sans détour que les dirigeants de l'industrie automobile allemande avaient connu un véritable choc lors des salons automobiles chinois, des événements qui s'apparentaient à un « monde numérique merveilleux ». Il a souligné qu'ils devaient accepter une réalité bouleversante : les voitures modernes ne sont désormais plus simplement un châssis mécanique associé à un moteur...

« De nombreux dirigeants de multinationales ont fait le déplacement spécialement pour observer l'état du secteur chinois des VEN ; ils ont été véritablement stupéfaits et impressionnés », a déclaré un représentant de la division « Solutions Automobiles Intelligentes » de Huawei. La plupart des VEN des marques chinoises proposent des fonctionnalités intelligentes standardisées, offrant ainsi aux consommateurs internationaux une vision inédite de l'avenir de la mobilité.

(Par Xu Lijing, Xie Rongbin, Du Haitao, Gui Junsong, Wang Zheng, Shen Qian, Ge Mengchao et Feng Yingjie)

(Zhang Nan/Xinhua)
(Web editor: Ying Xie, Yishuang Liu)