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Un aperçu de l'industrie des véhicules à énergies nouvelles chinoise (Partie 2) : Une évolution de marque globale, ou comment la Chine a créé un nouveau modèle pour l'industrie automobile
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| (Zhang Tao/Xinhua) |
Note de la rédaction : « Le développement des véhicules à énergies nouvelles est la voie incontournable pour que la Chine passe du statut de grand pays automobile à celui de puissance automobile », a souligné le président chinois Xi Jinping lors de sa visite chez SAIC Motor en mai 2014. Au cours de la dernière décennie et au-delà, sous la vision stratégique et l'impulsion du président chinois Xi Jinping, l'industrie chinoise des véhicules à énergies nouvelles (VEN) a remporté des succès remarqués dans le monde entier. Elle a redéfini l'automobile, créé de nouveaux modèles industriels, restructuré la dynamique du marché, façonné un nouvel écosystème pour l'expansion mondiale et établi de nouvelles normes industrielles. Aujourd'hui, les VEN sont devenus une carte de visite prestigieuse pour le « Made in China ».
Dans la perspective du 15e Plan quinquennal et de l'objectif à long terme de réaliser pour l'essentiel la modernisation socialiste d'ici 2035, comment stimuler le développement de haute qualité de l'industrie chinoise des VEN ? Comment les VEN chinois peuvent-ils consolider et étendre leurs nouveaux avantages à l'échelle mondiale ? Une équipe de recherche conjointe, composée de journalistes du Quotidien du Peuple et de China Automotive News, a mené une étude approfondie sur ces questions.
40,3 % et 77,4 % : ces chiffres représentent la part de marché intérieure des voitures particulières de marques chinoises respectivement en 2013 et en juillet 2026.
Les voitures ont évolué, tout comme l'industrie automobile, et, de plus en plus, ce sont les marques automobiles chinoises qui occupent désormais le devant de la scène.
Des acteurs établis tels que SAIC, BYD, Geely, Chery et Chang'an aux noms émergents comme Leapmotor, Li Auto, NIO, Xpeng, Seres et Xiaomi, les marques chinoises se lancent dans la course aux véhicules à énergies nouvelles, brillant telle une constellation d'étoiles.
L'essor collectif des marques automobiles chinoises et le nouveau modèle créé par l'industrie automobile chinoise sont les deux facettes d'une même réalité.
Ce nouveau modèle se définit par une innovation systémique couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur
Dans le hall d'exposition de la « Super Usine » de Seres, dans la municipalité de Chongqing (sud-ouest de la Chine), Zhang Zhengping, président de Seres Auto, a désigné un ensemble de sept composants clés, incluant divers contrôleurs de domaine et modules télématiques, en déclarant : « Autrefois, l'évolution des véhicules était dictée par les moteurs, les transmissions et les châssis. Aujourd'hui, le niveau de sophistication d'un véhicule se mesure à l'aune de sept "boîtiers" ».
Ces sept « boîtiers » représentent les éléments essentiels de l'industrie des véhicules à énergies nouvelles : le système des « trois technologies électriques » (batterie, moteur et commandes électroniques), ainsi que la puissance de calcul des puces, la perception intégrée, les algorithmes et les systèmes intelligents. Quiconque maîtrise ces capacités technologiques détient l'initiative dans l'industrie ; or, ces capacités sont désormais fermement entre les mains des entreprises chinoises. Ces dernières sont à la pointe de chaque maillon clé de la chaîne de valeur des VEN :
BYD a ouvert la voie en intégrant les capacités fondamentales des « trois technologies électriques » (batteries, moteurs et systèmes de commande électronique), concrétisant la promesse d'une « recharge aussi rapide que le plein de carburant » grâce à sa technologie de charge ultra-rapide ;
La dernière technologie de batterie de CATL porte la vitesse de charge à un pic de 15C, permettant de passer de 10 % à 80 % de charge en un peu plus de trois minutes ; le système de conduite intelligente Qiankun de Huawei continue d'évoluer, passant d'une dépendance aux cartes de haute précision à des capacités de navigation à l'échelle nationale sans cartographie préalable ;
La plateforme intelligente Jiuzhang de Hongqi a inauguré la première technologie chinoise d'assistance à la conduite urbaine basée sur la fusion de la navigation inertielle et de la vision trifocale, atteignant un taux de réussite de plus de 90 % pour la navigation aux intersections ;
De son côté, Chang'an a lancé le grand modèle génératif Tianshu, l'un des rares en Chine à avoir franchi les étapes officielles de dépôt et d'approbation pour les « services d'IA générative » ;
Le groupe GAC a quant à lui dévoilé la Hyper GT « Climbing Edition », intégrant plus de 1 000 puces entièrement conçues en interne ;
Leapmotor innove avec une approche de « R&D intégrée en interne », développant et fabriquant des composants qui représentent 65 % du coût total du véhicule, rendant ainsi la technologie de conduite intelligente accessible au grand public ;
...
Telle est la matrice d'innovation de l'industrie automobile chinoise : il ne s'agit pas de la performance isolée d'une seule entreprise, mais d'une dynamique collective portée par un groupe d'acteurs.
Le secteur chinois des VEN est devenu une « plateforme d'innovation pour l'intégration industrielle », reliant des secteurs connexes tels que les semi-conducteurs, les logiciels, les matériaux, la fabrication, la chimie des batteries et l'intelligence artificielle.
Ce nouveau modèle se définit par le mode de production de la « super-usine »
Pénétrez dans la super-usine Seres à Chongqing et vous ne trouverez ni le bruit assourdissant ni les étincelles caractéristiques des usines traditionnelles. Les étapes clés - emboutissage, soudage et peinture - sont automatisées à 100 % ; plus de 3 000 robots industriels opèrent en parfaite coordination ; des véhicules à guidage automatique (AGV) circulent silencieusement ; des affichages numériques sont mis à jour en temps réel ; et une machine de moulage sous pression intégrée de 9 800 tonnes moule la partie arrière de la carrosserie, composée de 87 pièces distinctes, en un seul bloc unifié. Le système d'inspection visuelle piloté par IA fonctionne en continu, détectant même des défauts aussi fins qu'un cheveu, invisibles à l'œil nu.
Parallèlement, un système de « jumeau numérique » crée une réplique en temps réel de la ligne de production physique. Chaque détail, allant de la précision de l'assemblage et de la traçabilité de la qualité jusqu'à la planéité du sol de l'usine, est visualisé grâce aux données. Un dossier numérique unique est créé pour chaque véhicule et chaque composant ; même le couple et l'angle appliqués au serrage de chaque boulon sont enregistrés, garantissant ainsi la traçabilité permanente des données de production.
Ce site constitue une référence mondiale en matière de fabrication intelligente dans l'industrie automobile, une illustration parfaite du « nouveau visage » de la fabrication intelligente chinoise, reconnu par le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information comme une « usine intelligente d'excellence ».
« La gamme de SUV haut de gamme AITO repose entièrement sur un modèle de fabrication à la commande sans aucun stock, ce qui impose des exigences extrêmement élevées en matière de flexibilité des lignes de production », a déclaré Zhang Zhengping aux journalistes. Une seule ligne de production peut gérer le soudage et l'assemblage mixtes de plusieurs modèles de véhicules. Depuis le lancement de son premier véhicule, AITO a franchi le cap du million d'unités sorties de chaîne en seulement 46 mois, établissant ainsi un record mondial pour la production la plus rapide d'un million de véhicules de luxe à énergies nouvelles.
La réactivité face aux commandes du marché est assurée par le « Cerveau industriel », le centre décisionnel de ce système de fabrication intelligente. Grâce à une intégration poussée de l'IA, le « Cerveau industriel » de Seres orchestre un écosystème collaboratif impliquant plus de 300 partenaires et établit des liens directs avec plus de 50 fournisseurs clés tout au long de la chaîne ; cela a permis d'accroître l'efficacité de la R&D de 20 % et d'améliorer de 13 % le taux de respect des délais de livraison. Les structures traditionnelles de chaîne d'approvisionnement à plusieurs niveaux ont été transformées en un modèle synchronisé d'« usine dans l'usine » : les lignes de production de partenaires tels que CATL (batteries) et Yanfeng (sièges) sont intégrées directement au processus de fabrication des véhicules, alimentant directement en composants les postes d'assemblage final.
Un vaste réseau de telles « super-usines » forme une constellation remarquable au sein de l'industrie chinoise des véhicules à énergies nouvelles. La super-usine de BYD à l'aéroport de Zhengzhou, capitale de la province du Henan (est de la Chine), le plus grand site de production unique au monde pour les VEN, affiche une capacité permettant de faire sortir un véhicule de la chaîne en moins d'une minute et de produire une cellule de batterie environ toutes les trois secondes. La deuxième usine de NIO du district de Xinqiao, à Hefei, capitale de la province de l'Anhui (est de la Chine), a recours à une prise de décision assistée par IA pour 80 % des scénarios de fabrication, atteignant une tolérance de précision de seulement 0,05 millimètre au niveau de l'atelier de carrosserie où sont assemblés les panneaux latéraux. La super-usine de XPeng Knowledge City à Guangzhou, capitale de la province du Guangdong (sud de la Chine), exploite des lignes de production parallèles pour les véhicules tout électriques et les voitures volantes. La super-usine de Xiaomi à Beijing (Yizhuang) met en œuvre une fabrication « lights-out », des opérations entièrement automatisées et sans intervention humaine, pour les processus clés de ses six ateliers principaux. Des technologies telles que le méga-moulage sous pression (presse de 10 000 tonnes), les lignes de production ultra-flexibles et la traçabilité numérique intégrale s'imposent comme des atouts industriels majeurs pour les « super-usines » chinoises de VEN, laissant les visiteurs éblouis et profondément inspirés.
Il y a plus d'un siècle, Henry Ford a inauguré la chaîne de montage industrielle ; dans les années 1950 et 1960, Toyota a introduit le système de production « lean » (production allégée). Aujourd'hui, le modèle de fabrication « Cerveau industriel + Usine du futur » adopté par l'industrie automobile chinoise offre bien plus qu'une simple accélération des cadences ou une réduction des coûts : il représente une restructuration globale de toute la chaîne de valeur, englobant la R&D, la fabrication, l'approvisionnement et les services, et propulse la productivité globale des facteurs vers de nouveaux sommets.
Ce nouveau modèle repose sur un écosystème industriel caractérisé par « l'intégration de quatre chaînes »
Un seul véhicule à énergies nouvelles se compose de dizaines de milliers de pièces. Derrière chaque marque automobile se cache un vaste réseau de chaîne d'approvisionnement. « La Chine possède la chaîne d'approvisionnement la plus complète au monde pour les technologies clés des VEN — batteries, moteurs et systèmes de commande électronique — ainsi qu'un écosystème robuste pour les véhicules intelligents et connectés. » C'est un avis partagé par la quasi-totalité des acteurs du secteur.
Dans le delta du fleuve Yangtsé, un « cercle industriel de quatre heures », célèbre dans le secteur, a vu le jour : Shanghai fournit les puces et les logiciels qui constituent le « cerveau » du véhicule ; la province voisine du Jiangsu approvisionne en batteries de puissance ; le Zhejiang fournit les machines de méga-moulage sous pression ; et l'Anhui assure l'assemblage final du véhicule. Tous les composants et systèmes nécessaires à un véhicule à énergies nouvelles peuvent être obtenus dans un rayon de quatre heures de route. À Zhengzhou, BYD, agissant en tant qu'entreprise « locomotive » de la filière, a fédéré autour de lui plus de 100 entreprises en amont et en aval, formant ainsi une chaîne industrielle complète allant des matières premières et composants clés jusqu'à la fabrication des véhicules et aux systèmes intelligents connectés.
Les chaînes d'approvisionnement ont évolué pour devenir des réseaux d'innovation ; les fournisseurs sont devenus des partenaires d'innovation ; et la fabrication s'est transformée en un processus d'innovation collaborative. « Auparavant, les constructeurs automobiles devaient envoyer du personnel dans les usines de leurs fournisseurs pour effectuer des inspections et surveiller les expéditions. Aujourd'hui, les données provenant des équipements clés sont accessibles en temps réel, ce qui renforce considérablement l'efficacité et la sécurité de la chaîne d'approvisionnement. En exploitant les données accumulées au sein de cette chaîne, les banques peuvent proposer des "prêts fondés sur les données" aux petites et moyennes entreprises. Les chaînes de l'innovation, de l'industrie, du capital et des talents sont pleinement intégrées dans ce système ; cette "fusion des quatre chaînes" insuffle une nouvelle dynamique », a expliqué Wang Zhijie, directeur de la Commission municipale de l'économie et des technologies de l'information de Chongqing, en décrivant cette transformation.
Ce nouveau modèle élargit les frontières de l'entreprise. Les « murs » tombent.
Au laboratoire Kaiyang de Chery, des journalistes ont pu observer une technologie de pointe : un système de gestion thermique des puces reposant sur la dissipation de chaleur par graphène blanc. En exploitant la conductivité thermique élevée des matériaux bidimensionnels, ce système abaisse de 15 degrés Celsius la température de fonctionnement des puces dédiées à la conduite intelligente ; cette technologie a d'ores et déjà atteint le stade de la validation embarquée. Le châssis numérique intelligent « Feiyu », incubé au sein du laboratoire et intégré aux modèles haut de gamme de Chery, constitue un système de châssis entièrement défini par logiciel. Autant d'exemples probants des résultats issus de la « fusion des quatre chaînes ».
Soutenu par les autorités provinciales de l'Anhui et municipales de Wuhu, et s'appuyant sur le rôle de « chef de file de la chaîne » de Chery, ce « laboratoire sans murs » se concentre sur les technologies clés communes aux véhicules à énergies nouvelles, intelligents et connectés. Il collabore avec plus de 100 universités de premier plan à travers le monde pour mener des recherches sur plus de 4 000 sujets de pointe et incuber des projets, favorisant ainsi la circulation et la concentration de ressources d'innovation mondiales sur cette plateforme.
« Il n'y a pas que les constructeurs automobiles qui progressent ; ce sont les chaînes industrielles et d'approvisionnement dans leur ensemble qui avancent de concert. Batteries, moteurs et systèmes de commande électronique — tout comme les puces, les logiciels et l'IA — progressent à l'unisson », a noté Zhao Fei, directeur général de China Chang'an Automobile.
Cette progression conjointe stimule la transformation de la qualité, de l'efficacité et des moteurs de croissance.
La transformation de la qualité se traduit par une excellence produit supérieure. L'habitacle intégré en fibre de carbone de la Yangwang U9 de BYD permet un allègement de 420 kilos par rapport aux structures traditionnelles en acier et aluminium, tout en offrant une résistance cinq à six fois supérieure à celle de l'acier. La SU7 de Xiaomi utilise son alliage propriétaire « Titan Alloy », atteignant une rigidité en torsion de 51 000 N·m/degré, soit le double de celle des véhicules thermiques classiques. La montée en gamme qualitative des véhicules chinois à énergies nouvelles ne représente pas seulement un dépassement des paramètres de fabrication, mais une élévation globale de la qualité de la marque.
Une transformation marquée par l'efficacité et une collaboration de haut niveau. En six ans, BYD a lancé la deuxième génération de sa batterie « Blade » ainsi qu'une technologie de charge ultra-rapide, réalisant ainsi plusieurs bonds technologiques touchant aux batteries, aux systèmes de propulsion électrique et aux unités de contrôle du véhicule. Les avancées technologiques de CATL redéfinissent continuellement les normes du secteur ; les obstacles qui entravaient autrefois les propriétaires de véhicules électriques, tels que l'autonomie, la vitesse de recharge et la consommation d'énergie en hiver, sont levés un à un, à un rythme dépassant toutes les attentes. Une division du travail plus poussée, une collaboration renforcée et des cycles d'itération accélérés : voilà le secret de l'efficacité du secteur chinois des véhicules à énergies nouvelles.
Nous assistons à une transformation des systèmes de propulsion et à une intégration intersectorielle. Le système « HyperOS » de Xiaomi, lancé initialement pour ses smartphones, sert de socle technique à son habitacle intelligent. Le « Lingxi Cockpit » de FAW Hongqi collabore avec Alibaba Cloud et Amap (Gaode) pour intégrer l'agent intelligent « Qwen », créant ainsi une architecture qui associe la prise de décision basée sur de grands modèles (LLM) dans le cloud à une exécution locale (en périphérie de réseau). Constructeurs automobiles traditionnels, entreprises technologiques, opérateurs de plateformes, éditeurs de logiciels et acteurs du secteur de l'énergie mettent à profit leurs atouts respectifs au sein d'un réseau d'innovation partagé. L'automobile est devenue le vecteur le plus dynamique pour l'application de ce que l'on appelle les « forces productives de nouvelle qualité ».
À proprement parler, au sein de l'industrie automobile, Huawei agit en tant que fournisseur, tout comme CATL, Horizon Robotics, iFLYTEK, Momenta ou Black Sesame Technologies. Toutefois, son rôle est multidimensionnel : dans le cadre de ses partenariats avec Seres, BAIC, Chery et JAC, son alliance « Harmony Intelligent Mobility Alliance » (HIMA) apporte une valeur ajoutée considérable grâce à des solutions intégrées couvrant l'ensemble de la chaîne, des puces électroniques et systèmes d'exploitation jusqu'aux technologies d'aide à la conduite.
En juin dernier, ByteDance a également fait son entrée dans l'industrie automobile en tant que fournisseur, en s'associant à Seres pour créer Saidou Technology et la marque AIVA. En dotant les habitacles intelligents de son grand modèle « Doubao », l'entreprise s'est lancée dans une nouvelle aventure intersectorielle. Ces acteurs émergents de la chaîne d'approvisionnement redéfinissent à la fois leur propre rôle et l'industrie automobile grâce à une innovation produit puissante et à un leadership technologique affirmé.
Il s'agit là d'un modèle de développement industriel inédit, complet, dynamique et en évolution rapide ; une véritable avancée systémique, une intégration intersectorielle ouverte et l'essor symbiotique d'un collectif.
C'est indéniablement la vitalité collective favorisée par ce nouveau modèle qui a permis aux marques automobiles chinoises de passer du statut de simples « suiveurs » à celui de véritables « prescripteurs » du secteur.
(Par Xu Lijing, Xie Rongbin, Du Haitao, Gui Junsong, Wang Zheng, Shen Qian, Ge Mengchao et Feng Yingjie)


